Froment Edouard Alphonse

Publié le par Rodney42

Dès la fin de l'année 1940, Edouard Froment est l'un des organisateurs du Parti socialiste clandestin et participe aux mouvements de Résistance "Libération" et "La France au combat" dans divers départements de la zone sud. Le 30 mars 1941, il est l'un des neuf militants qui constituent le Comité d'action socialiste à Nîmes. Désigné par le Parti socialiste pour le représenter auprès du général de Gaulle à Londres, il quitte la France en 1943 sur un avion clandestin, en même temps que le général de Lattre de Tassigny et Eugène Claudius-Petit.

Délégué à l'Assemblée consultative provisoire d'Alger, ses pouvoirs sont validés le 9 novembre. Il est nommé membre des Commissions de la défense nationale, de la réforme de l'Etat et de la législation, et de l'intérieur. En août 1944, il participe au débarquement sur les côtes de Provence et prend place au comité directeur du Parti socialiste. Membre du Comité départemental de libération de l'Ardèche, il siège à l'Assemblée consultative jusqu'en août 1945. Elu par le canton de Thueyts au Conseil général, il conserve son mandat jusqu'en 1958 et préside, à deux reprises, l'Assemblée départementale.

Le 21 octobre 1945, Edouard Froment est élu à la première Constituante. La liste SFIO qu'il conduit obtient 24 975 suffrages sur 135 011 exprimés et emporte l'un des quatre sièges à pourvoir dans l'Ardèche. Membre de la Commission de la défense nationale, il vote pour la nationalisation du crédit (2 décembre 1945), du gaz et de l'électricité et des assurance (mars-avril 1946), pour le projet de loi relatif à la dévolution des biens des entreprises de presse (16 avril) et se prononce en faveur du premier projet de Constitution (19 avril).

A la suite de son rejet par référendum le 5 mai 1946, une seconde Assemblée nationale Constituante doit être élue. Reconduit au Palais Bourbon le 2 juin 1946, à la tête de la liste SFIO qui obtient 22 376 voix sur 139 266 suffrages exprimés, Edouard Froment est nommé membre de la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de guerre. Favorable à l'élection de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire et à la confiance à son cabinet (19 et 26 juin), il vote pour le second projet de Constitution (28 septembre).

Les élections législatives du 10 novembre suivant voient sa réélection, la liste SFIO, qu'il conduit, réunissant 23 187 suffrages sur 134 257 exprimés. Il est nommé membre de la Commission des pensions (1946), de la Commission de la défense nationale (1946-1951), et juré à la Haute Cour de justice (1947-1948). Durant la législature, Edouard Froment se tient éloigné de la tribune. Il vote la confiance aux cabinets Blum (17 décembre 1946) et Ramadier (4 mai 1947), se prononce pour la nationalisation des écoles des Houillères (14 mai 1948) et la ratification du Plan Marshall (7 juillet). Il approuve le statut du Conseil de l'Europe et la ratification du Pacte Atlantique (9 et 26 juillet 1949). Il vote pour le projet de réforme électorale introduisant le scrutin de liste départemental avec apparentements (7 mai 1951).

Candidat malheureux au Conseil de la République en novembre 1948, Edouard Froment décide de ne pas se représenter aux élections du 17 juin 1951, où la liste SFIO n'obtient plus que 11 533 suffrages et perd le siège qu'elle détenait. Il se retire alors de la vie politique. Il était Chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de la Médaille militaire (1914-1918), de la médaille de la Résistance et de la Croix de guerre 1939-1945.

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