Freedman Benjamin Harrison
Benjamin Harrison Freedman, est né en 1890 à New York et mort en 1984. C'était un homme d'affaires américain de confession juive ashkénaze qui se convertit au christianisme et devint par la suite
un virulent orateur, conférencier et pamphlétaire antisioniste et critique du judaïsme.
Freedman fut l'assistant de Bernard Baruch à la campagne présidentielle de 1912. Il assurait la liaison entre Rolla Wells, futur gouverneur de la Réserve Fédérale à St-Louis et Henry Morgenthau
senior. Il assistait régulièrement à des réunions avec le futur président des États-Unis Woodrow Wilson au sein du Comité Démocratique National où il croisa également Samuel Untermyer. Il aurait
été présent parmi la délégation envoyés par les milieux sionistes (une groupe de 117 personnes menées par Bernard Baruch) lors de la conférence de Versailles qui devait aboutir au traité afin de
veiller aux suites de la Déclaration Balfour de 1917. Parmi ses relations, on peut citer: Franklin Roosevelt, Joseph Kennedy et son fils John F. Kennedy ainsi que d'autres personnes influentes
telles que Haroldson Lafayette Hunt, Jr. et son fils Nelson Bunker Hunt.
Dans les années 1920 il collabora à la gestion d'un institut dermatologique et fut le principal actionnaire de la Compagnie des Savons Woodbury. Il disposait d'une conséquente fortune
personnelle. En 1946, il fonda la "Ligue pour la Paix et la Justice en Palestine". Freedman apporte une analyse controversée sur les relations entre le sionisme, le judaïsme et les puissances
occidentales de son époque.
Ainsi son témoignage historique relève un lobbying concerté des milieux sionistes internationaux durant la Première Guerre mondiale en vue de la création d'un futur état juif en Palestine par le
moyen d'une manipulation des alliances et des oppositions diplomatiques entre pays. Des sionistes seraient venus trouver le gouvernement de Grande-Bretagne en 1916, à un moment où l'Allemagne
triomphait sur tous les fronts et où les britanniques envisageaient de signer l'armistice que leur proposa le Kaiser, en leur proposant de promettre la Palestine (alors sous domination ottomane
et où la Grande-Bretagne n'avait aucun droit) comme un foyer de peuplement juif en échange d'une entrée en guerre des États-Unis aux côtés de la Triple-Entente.
Selon lui encore [cf. Discours de Benjamin Freedman en 1961 sur le sionisme], les États-Unis à cette époque étaient pro-allemands mais les relais sionistes dans la presse américaine firent leur
possible pour retourner l'opinion publique et la pousser à la guerre.}} Après l'entrée en guerre des États-Unis contre l'Allemagne, des opérations militaires réussies par la Grande-Bretagne en
Palestine contre l'armée ottomane permirent que la promesse britannique prenne forme dans la Déclaration Balfour de 1917. Vu d'un point de vue allemand, ces affirmations renforceraient la théorie
du "coup de poignard dans le dos" en l'éclairant d'un jour nouveau. Son témoignage rejoint celui d'Henry Ford sur la volonté des milieux sionistes d'instrumentaliser le conflit à leur bénéfice.
Il fit part de ses théories et témoignages en particulier dans la revue "Common Sense" puis dès 1946 dans ses propres publications.
Freedman prétendit que les juifs ashkénazes descendaient des anciens Khazars, royaume caucasien de l'époque du Moyen Âge, convertis en masse au judaïsme à la suite de leur roi, en l'an 838. Après
la destruction du royaume khazar, les nombreux « Juifs » de Russie, et de toute l’Europe orientale, n’étaient plus connus comme « des Khazars », mais comme « les populations yiddish/ashkénaze »
de tous ces pays. Les implications de ce postulat sont audacieuses: la communauté ashkénaze représentant la majorité de la communauté juive actuelle, elle infirmerait les mythes fondateurs du
sionisme du "retour à Sion" étant donné qu'il n'y aurait pas de lien du sang avec les anciens hébreux et donc dénierait tout droit ou prétention à l'établissement de ceux-ci en Palestine et
discréditerait et décrédibiliserait l'état d'Israël actuel. L'utilisation du terme "sémite" ne pourrait donc pas s'appliquer à la communauté juive dans son ensemble mais uniquement aux
sépharades, tout comme son corollaire "antisémite", de plus cette théorie vide de signification tout un pan de l'idéologie antisémite raciste en général et du national-socialisme en
particulier.
Cette prise de position intervient après la publication en 1941 du professeur Abraham N. Poliak, titulaire de la chaire d’histoire à l’université de Tel-Aviv, intitulée La conversion des Khazars
au judaïsme, qui fut accueillie avec beaucoup d’hostilité par la communauté ashkénaze. Son essai démolissant la "tradition sacrée" faisant remonter tous les juifs modernes aux 12 tribus bibliques
d’Israël. 30 ans plus tard, son nom fut supprimé de l’Encyclopedia Judaïca pour l'édition 1971-1972, preuve de l'étendue de la polémique à ce sujet. Freedman développa sa thèse dans une lettre
ouverte adressée au Dr. David Goldstein en 1954 qu'il fit amplement circuler. Pour Freedman, plus de 90% des juifs actuels descendent des Khazars, en tenant compte des mariages entre les
communautés ashkénazes et sépharades. Ses thèses seront reprises plus tard par Arthur Koestler.
Ce postulat, ainsi que ses vues critiques sur le Talmud, que l'on pouvait lire en langue anglaise dès 1935 suite à une traduction intégrale officielle (agrée par le rabbinat) et annotée, jouèrent
un rôle décisif dans sa conversion au christianisme. Freedman interpréta aussi négativement certaines traditions juives comme le Kol Nidre, durant la célébration de Yom Kippour, qui, selon son
interprétation, absout les juifs pratiquants de tous leurs serments faits durant l'année écoulée, comme une porte ouverte à la déloyauté. Cette nouvelle religion lui donna une sensibilité
exacerbée des attaques contre le christianisme qu'il trouva dans le Talmud ou qu'il considéra comme tel et qu'il répertorie et cite dans ses pamphlets.