Griotteray Alain

Publié le par Roger Cousin

Griotteray Alain Alain Griotteray (15 octobre 1922, Paris - 30 août 2008) est un résistant, journaliste et homme politique français. Il fut co-fondateur de l'UDF, député, maire de Charenton-le-Pont, chef d'entreprise et journaliste. Fils d'architecte, ancien élève de la faculté de droit et de lettres de Paris, sympathisant royaliste, il est engagé volontaire en 1940, à l'âge de 17 ans. Le 11 novembre 1940, il est l'un des instigateurs de la manifestation par laquelle les étudiants défient l'occupant allemand en commémorant l'armistice de la Première Guerre mondiale. Repéré à cette occasion par Henri d'Astier de la Vigerie, il rejoint le réseau de ce dernier et en prend le commandement en 1943, devenant ainsi le plus jeune chef de réseau de la Résistance. Le réseau prend le nom de réseau Orion.

Capitaine parachutiste jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est appelé par le ministre de la Défense, Pierre-Henri Teitgen, comme chargé de mission dans son cabinet, poste qu'il conserve auprès de son successeur, René Mayer. Il est ensuite, entre 1956 et 1957, attaché au cabinet du général commandant supérieur des troupes françaises au Maroc. En 1947, il adhère au RPF de Charles de Gaulle ; c'est un des cadets du gaullisme étudiés par François Audigier. Il milite activement pour le maintien de l'empire colonial, en particulier pour l'Algérie française. En mai 1958, il participe aux événements qui ramènent de Gaulle au pouvoir. Il rejoint l'UNR et est élu conseiller de Paris, mais il quitte ce parti en 1960 par fidélité à l'Algérie française. Il entre alors au Centre national des indépendants et paysans puis en 1965 aux Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing et participe à la création de la Fédération nationale des clubs Perspectives et Réalités.

Il devient en 1963, un des actionnaires fondateurs de l'hebdomadaire Minute. Il est élu député du Val-de-Marne en 1967 et réélu en 1968, avant d'être battu par le socialiste Joseph Franceschi (1973). Il devient maire de Charenton-le-Pont en 1973. Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, Alain Griotteray est chargé des investitures au Parti républicain. À ce titre, il participe à la fondation de l'UDF en 1978, et contribue à l'ascension d'une génération de nouveaux hommes politiques dont Alain Madelin, Charles Millon, Gérard Longuet et François Léotard. En 1978, avec Louis Pauwels, il fonde le Figaro Magazine dont il est directeur délégué et éditorialiste. Ses éditoriaux sont sans concessions envers la gauche, favorables au libéralisme économique, très conservateurs et très eurosceptiques. Il fut le premier journaliste étranger à s'entretenir avec Ronald Reagan. Il finit par entrer en conflit éditorial avec le nouveau directeur du journal, Patrick de Carolis. Il est licencié en 2001, en même temps que d'autres partisans du libéralisme à l'américaine comme Thierry Desjardins et Jean-Jacques Rosa.

Réélu pendant ces années à la mairie de Charenton-le-Pont, il retrouve son siège de député entre 1986 et 1997, mais candidat malheureux aux élections législatives de 1997 face au maire de Maisons-Alfort (Démocratie Libérale) Michel Herbillon, il démissionne de l'UDF en 1998. En 2001, il est candidat à sa réélection à la mairie de Charenton, mais son échec au premier tour des municipales face à son adjoint Jean-Marie Brétillon, l'amène à se retirer. De 2002 à sa mort, il est directeur d'un libre journal à Radio Courtoisie, fondée par son ami Jean Ferré, également cofondateur du Figaro Magazine. Il avait donné à Radio Courtoisie, lors de sa création en 1987, le matériel de la radio qu'il avait lui même créée en 1981, Radio Alpha, première radio d'opposition à la victoire de l'union de la gauche. Éditorialiste au Figaro Magazine, il publie également de nombreux ouvrages. Son dernier livre, La Mosquée de Marseille, devait paraître, à titre posthume, en janvier 2009. Alain Griotteray est membre du comité d'honneur du Mouvement initiative et liberté.

Retiré de la vie politique, il poursuit néanmoins ses prises de positions politiques. Il soutient au second tour des élections législatives de juin 2007, Marine Le Pen dans la quatorzième circonscription du Pas-de-Calais, au nom d'une conception commune de l’Europe des patries. Lors des élections municipales de 2008, il soutient Louis Aliot, tête de liste FN à Perpignan contre le maire sortant Jean-Paul Alduy qui se considère comme l’homme le plus à gauche du département et qui vante son passé trotskyste, ainsi que la candidature de Rachida Dati dans le 7e arrondissement de Paris, une jeune femme qui illustre, selon lui, le « génie assimilationniste » de la France. Atteint de la maladie de Charcot, il est hospitalisé en mai 2008, et meurt le 30 août 2008. La cérémonie funèbre se déroule en la basilique Saint-Louis des Invalides, à Paris, en présence, notamment, du ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, du ministre de la Justice, Rachida Dati, et de trois anciens candidats à l'élection présidentielle : Marie-France Garaud, Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers.

Homme de droite aux convictions tranchées, pourfendeur d'une gauche accusée de « donner une apparence savante à ses raisonnements absurdes », il est amateur engagé des débats d'idée, partisan déclaré d'ententes entre la droite et le Front national pour battre la gauche. En 30 ans, il transforme profondément Charenton, rénovant les quartiers et attirant de gros groupes industriels tel Natixis. Fondateur des aspirateurs Tornado, il est PDG de la société entre 1961 à 1976, et membre à partir de 1997 des conseils d'administration de Tornado et Electrolux.

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