Hamsun Kurt

Publié le par Roger Cousin

Hamsun KurtKnud Pedersen, plus connu sous son nom de plume Knut Hamsun (né le 4 août 1859 à Vågå, en Norvège - mort le 19 février 1952 à Nørholm, près de Grimstad) est un écrivain norvégien, prix Nobel de littérature en 1920. Après quelques tentatives romanesques décevantes (Bjorger, L'Homme secret), Hamsun choisit l'exil aux États-Unis. À son retour, il fait publier quelques chapitres de son roman Sult (Faim), qui est intégralement publié en 1890. Ce travail semi-autobiographique décrit les mois sombres de son narrateur, errant dans les rues de Christiania, avant qu'il n'embarque sur un bateau et ne quitte la capitale norvégienne.

La critique a bien longtemps interprété ce roman comme appartenant à la veine naturaliste. Or le héros du roman n'est en aucune manière un miséreux qui ne parvient pas à gagner suffisamment d'argent pour se nourrir. Cette « faim », il la provoque et la chérit, elle est sa compagne d'écriture, sa muse. L'argent qu'il parvient à recevoir des journaux à qui il propose ses articles est fort rapidement dilapidé par le narrateur, souvent de manière altruiste. Par bien des points, ce roman annonce les écrits de Franz Kafka et de bien d'autres écrivains du XXe siècle qui écriront à propos de la folie et de la condition de l'homme contemporain. Ce livre est devenu l'un des plus importants de la littérature du XXe siècle.

La même année, il manifeste son intérêt pour la psychologie et la folie dans un texte critique, intitulé De la vie inconsciente de l'âme, qui est publié dans le Samtiden. Suivront les romans Mystères et Pan, qui vont asseoir la réputation de l'écrivain. À la croisée des XIXe et XXe siècles, Hamsun diversifie sa production et publie tour à tour des recueils de nouvelles, un récit de son voyage à travers la Russie (Au pays des contes), quelques pièces de théâtre et un recueil de poèmes (Le Chœur sauvage).

Le 27 avril 1907, une conférence qu'il donne, et dans laquelle il se place déjà à contre-courant de l'idéologie bien-pensante de son temps, déclenche une vive polémique. Publiée en 1912 dans le Politiken, la conférence Honneur aux jeunes affirme en effet que la jeunesse ne doit aucun respect aux parents ou aux personnes âgées, opinion qui lui sera vivement reprochée par la suite, puisque vite rapprochée des idées nazies. Avec le diptyque composé de Benoni et de Rosa débute la seconde veine d'inspiration du Norvégien, la socio-politique. Elle lui vaudra le Prix Nobel de littérature, reçu en 1920 pour Markens grode (L'éveil de la glèbe).

Dans le même temps, Hamsun publie ses deux grandes trilogies du vagabond, l'une mettant en lumière le personnage de Knut Pedersen (Sous l'étoile d'automne, Un vagabond joue en sourdine, La dernière joie), l'autre centrée sur le personnage d'August, le marin affabulateur (Vagabonds, August le marin, Mais la vie continue). Avant de mettre fin à ses activités littéraires, il publie un dernier roman, Ringen Sluttet (Le cercle s'est refermé) qui narre les aventures d'Abel Brodersen l'indifférent.

Son soutien au parti pro-nazi de Vidkun Quisling, le Nasjonal Samling, durant la Seconde Guerre mondiale, ternit durablement la réputation de cet écrivain auparavant adulé dans son pays. En 1943, Hamsun est reçu par Adolf Hitler : il en profite par ailleurs pour réclamer le limogeage de Josef Terboven, administrateur militaire allemand de la Norvège, provoquant le mécontentement du Führer. Il offre ensuite sa médaille du prix Nobel à Joseph Goebbels. Le 7 mai 1945, une semaine après la mort d'Adolf Hitler, il publie dans le journal Aftenposten un bref texte rendant hommage au chef du régime nazi, qu'il qualifie de « guerrier pour l'humanité ».

À la fin de la guerre, il est interné et son procès est continuellement repoussé. Afin de ne pas être obligées de le juger pour tous ses actes, les institutions norvégiennes décident de le considérer comme « personnalité aux facultés mentales affaiblies de façon permanente », ce que la publication de sa dernière œuvre, Sur les sentiers où l'herbe repousse, où il relate ses aventures après la guerre, lorsqu'il est ballotté d'hospice en hospice, contredit indiscutablement. Il fut néanmoins condamné en 1948 à verser une amende de 325 000 couronnes norvégiennes en raison de sa collaboration avec le régime nazi. À l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, la Banque centrale de Norvège a fait éditer une pièce de monnaie commémorative. Henry Miller a écrit que certains passages de ces écrits le faisaient rire aux larmes.

Publié dans Ecrivains

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