Belgique Joséphine de

Publié le par Roger Cousin

Belgique Joséphine deJoséphine, Caroline, Marie, Charlotte, Antoinette de Saxe-Cobourg-Gotha, Princesse de Belgique, Princesse de Saxe-Cobourg-Gotha et Duchesse de Saxe est née le 18 octobre 1872 au Palais de la Régence (Rue de la Régence N°2, Bruxelles) et est morte le 6 janvier 1958 au Couvent Saint-Albert à Namur. Elle est la fille de Philippe, Comte de Flandre (le frère du Roi Léopold II) et de la Comtesse de Flandre, Marie de Hohenzollern-Sigmaringen. La Princesse Joséphine épousa, le 28 mai 1894, S.A.S. Charles-Antoine, Prince de Hohenzollern, fils d'Antonia du Portugal et du Prince Léopold de Hohenzollern (frère du Roi Charles Ier de Roumanie, dont la soeur, Marie de Hohenzollern-Sigmaringen, est la mère de la mariée). Il est donc le cousin de la mariée.

A la Chambre des représentants le Comte de Mérode-Westerloo, ministre des affaires étrangères, après avoir donné, au nom du gouvernement, connaissance de l'heureux événement, dit aux députés : « Je suis certain d'être votre interprète, Messieurs, en adressant ici nos félicitations et nos voeux à Leurs Majestés et à Leurs Altesses Royales Monseigneur le Comte et Madame la Comtesse de Flandre et tout spécialement à la gracieuse fiancée. » Le Sénat, par la voix de son président, le Baron t'Kint de Roodenbeke, fit parvenir à Leurs Altesses Royales le Comte et la Comtesse de Flandre les félicitations et les vœux de la haute assemblée : « Je suis certain d'avoir exprimé vos sentiments (Ndlr: sentiments des sénateurs) en disant que nous nous associons de tout cœur aux joies de la Famille Royale, dont chaque membre réunit à un si haut degré toutes les sympathies et toutes les affections du peuple belge. »

Ici, la retranscription de la lettre du Comte de Flandre, adressée en réponse aux félicitations du Sénat : « La Comtesse et moi nous vous prions d'exprimer au Sénat combien nous sommes touchés et reconnaissants de la part si sympathique qu'il veut bien prendre aux fiançailles de notre fille bien aimée. Cet heureux événement de famille, qui assure le bonheur de notre fille, lui fait cependant éprouver du regret de devoir quitter sa chère patrie; à laquelle son cœur est profondément attaché; aussi gardera-t-elle cette affection vive et dévouée que nous portons tous à notre chère Belgique. Veuillez agréer, Monsieur le président, l'assurance de la haute considération de votre affectionné, PHILIPPE, Comte de Flandre.»

Le mariage aura lieu le 28 mai 1894 au Palais de Bruxelles. Les invités furent reçus dans le salon bleu, l'un des plus somptueux du Palais. Outre les dignitaires de la Cour de Belgique et le monde officiel belge, assistèrent à la cérémonie, le feld-maréchal Baron de Loë (aide de camp de l'Empereur Guillaume II et commandant du 8ème corps d'armée allemand à Coblenz), le général Gartner (aide de camp du Prince de Galles, envoyé extraordinaire de la Reine Victoria), le général Vladesco (aide de camp du Roi de Roumanie), le Baron Watzdorf (grand-maître de la Maison de Sa Majesté le Roi de Saxe), le Baron d'Arnhim (grand-maréchal de la Cour du Prince Léopold de Hohenzollern), et nombre d'officiers d'ordonnance, de dames d'honneurs des Cours de Prusse, de Roumanie, de Saxe et de Sigmaringen, et deux diplomates, Leurs Excellences le Comte d'Alvensleben (ministre d'Allemagne) et M. Bengesco (ministre de Roumanie à Bruxelles).

Les témoins des mariés étaient :

  • Pour le Prince : Son Excellence le Comte d'Alvensleben et le lieutenant-colonel von Schulenberg (commandant le 1er Uhlans de la garde, le régiment du Prince Charles-Antoine);
  • Pour la Princesse : M. Begerem (ministre de la Justice), M. de Burlet (ministre de l'Intérieur et chef du Cabinet), le Baron t'Kint de Roodenbeke (ministre d'État et président du Sénat), M. De Lantsheere (président de la Chambre des représentants).


A 10 heures précises Sa Majesté le Roi Léopold II fit son entrée dans le salon bleu, au bras de la Reine Caroline de Saxe. Il porte l'uniforme de commandant en chef de l'armée belge et le grand cordon de l'Aigle noir de Prusse. Le Roi est suivi du Comte de Flandre, en grande tenue de lieutenant-général, et de la Comtesse de Flandre dans une magnifique toilette. Ensuite, le Prince Charles de Hohenzollern qui est en uniforme des Uhlans de la garde, tunique bleu de roi à parements rouges à plastron blanc, épaulettes, écharpe et broderies d'argent, pantalon bleu à bandes rouges, bottes à l'écuyère en cuir verni. Il porte pour la première fois le grand cordon de l'Ordre de Léopold et le collier de Hohenzollern et à l'une des boutonnières de son plastron blanc est attachée une brindille de myrte.

La Princesse Joséphine, elle, émue et frêle, dans un nuage de gaze et de dentelles sur satin blanc, alla se placer aux côtés de son fiancé. M. Buls, bourgmestre de Bruxelles, maria les deux fiancés et prononça la formule consacrée. Les époux princiers ayant signé l'acte de mariage, puis, après eux, les Princes et témoins, le cortège se rendit à la chapelle (une des salles du Palais adaptée à la circonstance et fleurie de lys et d'orchidées), où les attendait Son Excellence le cardinal-archevêque de Malines, Monseigneur Goossens.

Le prélat, après avoir adressé aux jeunes Princes les vœux formés par l'Église, procéda à la bénédiction nuptiale. A midi et quart, la cérémonie était terminée et le cortège regagnait le Palais de la rue de la Régence. À peines rentrés, les jeunes mariés vinrent au balcon saluer la foule. À 3 heures, le jeune couple, s'embarquait à la gare de Luxembourg pour la Suisse.

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