Libération de Saint-Malo

Publié le par Roger Cousin

La libération de Saint-Malo est la libération en août 1944 par les troupes américaines de la ville et des environs de Saint-Malo, transformés alors par les Allemands en l'une des forteresses portuaires du mur de l'Atlantique. 
 

Libération de Saint-Malo
Libération de Saint-Malo

Cette libération se traduisit par la destruction de la majeure partie de la cité historique. La réussite de l'opération Cobra et la percée d'Avranches qui s'ensuivit marqua la fin de longues semaines de piétinement allié sur le front normand. Les troupes américaines s'engouffrèrent alors en quelques jours en Bretagne. Les troupes allemandes présentes dans la péninsule se replièrent alors dans les principaux ports transformés en festung (forteresse), zones ayant les défenses les plus abouties du mur de l'Atlantique en Bretagne (Saint-Malo, Brest, Lorient, Saint-Nazaire). La Troisième Armée (Third US Army) commandée par le général Patton, avait pour mission de s'emparer des ports bretons pour faciliter l'acheminement sur le front européen de troupes et de matériel directement en provenance des États-Unis (le port de Cherbourg, alors seul port en eaux profondes tenu par les Alliés, n'étant pas pleinement opérationnel).

Le général Patton n'avait pas l'impression que la ville soit fortement défendue et avait demandé à ses troupes de ne regarder que vers Brest. Cependant, les troupes allemandes qui refluaient de Normandie vers la Bretagne, battant en retraite devant l'avance des alliés avait renforcés la forteresse malouine. On estime à environ 12 000 hommes les forces allemandes avec en grande partie des soldats de la 77.Infanterie-division et des divers Kampfgruppen (groupes de combat) envoyés à Saint-Malo par d'autres divisions pour y renforcer les troupes, ainsi que des soldats isolés de leurs divisions en Normandie. Cependant le général Troy Middleton, commandant du 8e Corps d'armée (VIII US Army Corps) pensait qu'il était risqué de laisser la forteresse de Saint-Malo et de continuer à travers la Bretagne. En effet, celui-ci estimait très probable l'envoi sur le continent de la 319.Infanterie-Division allemande stationnée sur les îles Anglo-Normandes.

Le 2 août 1944, Le CCB (Combat Command B) de la 6th Armored Division (6ème Division Blindée) arrive dans le secteur de Saint-Malo, elle ignore cependant la ville, en passant très au sud suivant la départementale D 10, l'objectif de la division est Brest. Le 3 août 1944, la Task Force A (composé pour l'essentiel du 15th Cavalry Group et du 705th Tank Destroyer Battalion) arrive à son tour sur zone, après un combat à l'Est de la ville de Dol-de-Bretagne, la Task Force, contourne cette ville et progresse sur le même itinéraire que le CCB de la 6th Armored Division le jour précédent, à Lanhélin, il partent en direction de Miniac Morvan où à lieu un escarmouche, le lendemain, l'unité progresse en direction de Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine, considéré comme le verrou de la première ligne de défense de Saint-Malo. Entretemps dans la journée, la 83rd Infantry Division arrive dans la région, sa mission est de prendre la forteresse Saint-Malo/Dinard, c'est avec le concours d'un des régiment (le 329th Infantry Regiment) que Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine tombe. Le colonel Von Aulock, commandant des troupes allemandes, ordonne l'évacuation de la population.

Le lendemain, quelques escarmouches de la Résistance ont lieu. Le dimanche 6, les premiers obus américains tombent sur la vieille ville. Si les abords de Saint-Malo, la pointe de la Varde les villes de Paraméou de Saint-Servan (aujourd'hui rattachées à Saint-Malo) sont assez rapidement prises par les troupes américaines, sans trop de dégâts et pertes humaines, les Allemands repliés dans la vieille ville, la forteresse dAleth et sur l'île de Cézembre vont opposer une farouche résistance. Le dimanche 14 aout, la ville, le château, le Grand-Bé et Cézembre subissent un bombardement aérien par 150 bombardiers lourds Liberator. Le lieutenant Franz Küster demandera la reddition le lendemain lundi 14 aout, après un siège destructeur de près de 10 jours. La cité d'Aleth, à Saint-Servan de l'autre coté du port, abritant un réseau de blockhaus et où se trouve le commandement allemand ne se rendra que le jeudi 17 août. Une petite garnison retranchée dans l'île fortifiée de Cézembre, en face de Saint-Malo. continuera le combat, ne se rendant que le 2 septembre, après une série de nouveaux et intenses bombardements aériens et navals massifs avec une utilisation de bombes au napalm et au phosphore. Au lendemain de cette libération, la majeure partie de Saint-Malo intra-muros, la partie historique de la ville est totalement détruite.

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