Roudzoutak Ian

Publié le par rodney42

Ian Ernestovitch Roudzoutak (3 août 1887-19 juillet 1938) fut un révolutionnaire bolchevique et un homme politique soviétique. Né en Lettonie dans une famille paysanne, Roudzoutak, ouvrier métallurgiste, rejoint les bolcheviks en 1905. Arrêté l'année suivante, il reste au bagne jusqu'à la révolution de Février. D'abord dirigeant syndical, il rejoint ensuite l'appareil du Parti.

Président du Bureau d'Asie Centrale de 1921 à 1924, ce fidèle soutien de Staline entre au Politburo en 1927. Commissaire du Peuple au travail puis aux Transports, Roudzoutak est arrêté en 1937 sans doute à cause de son opposition déclarée à la répression qui commence. Jugé à huis-clos, il est exécuté aussitôt. Il est réhabilité en 1956.

Roudzoutak a été cité par Khrouchtchev dans son célèbre rapport en 1956. Devant les congressistes médusés, il présenta la déclaration faite par l'accusé vingt ans plus tôt :

« La seule demande [que Roudzoutak] ait faite au tribunal est que le Comité central du parti communiste (bolchevik) de l'Union soviétique soit informé qu'il existe au NKVD un centre, non encore liquidé, qui fabrique artificieusement des procès, qui oblige des personnes innocentes à passer des aveux; il n'y a aucun moyen de prouver sa non-participation à des crimes attestés par les aveux de diverses personnes. Les méthodes d'instruction sont telles qu'elles obligent les gens à mentir et à calomnier entièrement des personnes innocentes en plus de celles qui sont déjà accusées. Il demande à la cour d'être autorisé à mettre le Comité central du parti communiste (bolchevik) de l'URSS au courant de ces faits par écrit. Il assure le tribunal qu'il n'a personnellement jamais eu de mauvais desseins à l'égard de la politique de notre Parti car il avait toujours été d'accord avec la politique du Parti dans tous les domaines de l'activité économique et culturelle. »

Khrouchtchev indiqua alors qu'il n'avait pas été tenu compte de cette déclaration alors même que les responsabilités de l'accusé, avant son arrestation, pouvaient donner quelque crédibilité à ses propos. Pire encore, non seulement Staline lui refusa de lui parler, mais la sentence, prononcée en vingt minutes, fut immédiatement suivie de son exécution.
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