Vogué Melchior de

Publié le par rodney42

Melchior de Vogüé, né le 12 juillet 1893 à Paris VIIe et mort le 30 septembre 1965 à Vauban (Yonne), marquis de Vogüé est un ancien banquier, administrateur de la banque du Crédit lyonnais, qui quitta le monde pour entrer chez les bénédictins.

Issu de la famille de Vogüé, d'antique noblesse française, Melchior de Vogüé est le fils du marquis Louis de Vogüé (1868-1948), régent de la Banque de France et maire de Dijon et de la princesse Louise-Marie d'Arenberg (1872-1958). Il passe des séjours heureux avec ses huit frères et sœurs au château de la Verrerie (Cher), propriété achetée par son arrière-grand-père Léonce de Vogüé, ancien président du conseiller général du Cher. La propriété fut celle des Stuarts autrefois. Son père, fervent catholique, était imprégné des idées d'Albert de Mun et du marquis de La Tour du Pin, dans la ligne de la doctrine sociale de l'Église.

Il est jeune officier pendant la Guerre de 1914-1918 et décoré de la Croix de Guerre. Il épouse à Paris en 1920, Geneviève Brincard (1898-1974) fille du baron Brincard et petite-fille du fondateur du Crédit-Lyonnais, le richissime Henri Germain. De ce mariage sont issus cinq enfants, dont le marquis Pierre de Vogüé et le comte Antoine de Vogüé (1923-1998) futur résistant pendant l'occupation allemande et vice-président du conseil général du Cher.

Melchior de Vogüé devient administrateur de la banque de sa belle-famille en 1935, jusqu'en 1955 à une époque où la banque du Crédit-Lyonnais est en plein essor. Il est oblat bénédictin depuis plusieurs années et décide cette année-là de quitter le monde pour entrer à l'abbaye de la Pierre-Qui-Vire en Bourgogne.

Son épouse en plein accord devient elle-aussi bénédictine, à l'abbaye de Limon[1]. Les deux époux obtiennent la permission du Saint-Siège pour vivre chacun de leur côté dans les Ordres. Ils choisissent la même famille spirituelle. Ce départ fait grand bruit dans la presse de l'époque et suscite des débats. Melchior de Vogüé est ordonné prêtre en 1961 avec dispense et meurt quatre ans plus tard.

Le destin de ce couple inhabituel a fait l'objet de nombre de notices biographiques. Ils sont enterrés tous les deux à la Pierre-Qui-Vire.

Publié dans Banques et Banquiers

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