Baissette Gaston

Publié le par Roger Cousin

Gaston Baissette, de son nom complet Raymond Gaston Marie Baissette, était médecin et écrivain. Il est né à Albi le 14 mai 1901 et mort à Quissac (Gard) le 5 novembre 1977. 

Baissette Gaston

Son père, Marius Louis Antoine Baissette était originaire de Fabrègues et sa mère, Eugénie Marguerite Ribeyrolle était originaire de Mauguio. Gaston Baissette aimait passer ses vacances à Maugio dont il fréquentait assidûment les "cabanes" sur l'étang. La famille possédait aussi une maison et des terres à Montaud (Herault). Il est inhumé au cimetière Saint-Jacques de Mauguio.

La thèse de médecine de Gaston Baissette annonce un engagement dans la médecine hygiéniste. Elle fut présidée par Léon Bernard, l'un des fondateurs de l'Organisation sanitaire de la Société des Nations, organisme précurseur de l'OMS (Organisation mondiale de la santé). La carrière médicale de Gaston Baissette est celle d'un médecin hygiéniste spécialisé dans la lutte contre la tuberculose. D'abord phtisiologue dans le département de l'Eure puis médecin-chef d'un préventorium, il est nommé en 1937 inspecteur des services d'hygiène du département de l'Eure. À ce titre, il s'occupe des infirmières-visiteuses qui contribuent principalement à la lutte contre la tuberculose. 

On sait qu'il fit augmenter l’indemnité annuelle de déplacement attribuée à ces infirmières "afin que ces dernières puissent acquérir une automobile". Au début des années 1940, il est inspecteur des services d'hygiène des Alpes-Maritimes. Après la guerre, il sera médecin-chef de l’Office Public d’Hygiène Sociale de la Seine. En 1950, il fonde la Revue du B.C.G. qu'il dirige jusq'en 1955. Au début des années 1950, il intervient en soutenant le DrFernand Lamaze dans son combat pour l'introduction de l'accouchement sans douleur en France.

Le goût de Gaston Baissette pour l'histoire transparaît dès sa thèse de médecine sur Hippocrate. Publiée chez Grasset en 1931, celle-ci eut un grand retentissement et fut traduite en allemand. Gaston Baissette fut ensuite invité à écrire le chapitre sur La médecine grecque jusqu’à la mort d’Hippocrate dans l'Histoire générale de la médecine, de la pharmacie et de l’art vétérinaire dirigée par Maxime Laignel-Lavastine, il écrivit aussi des articles sur Avicenne9 et sur Paracelse. Plus tard, il écrivit Ce pays de Montpellier (1970), une fresque très documentée sur l'histoire de Montpellier depuis sa fondation, qui a obtenu le Grand Prix des Jeux Floraux de Toulouse.

Gaston Baissette fut un écrivain prolixe. Il commence par collaborer à la revue de poésie Cahiers de Feuilles au vent. Puis il écrit régulièrement dans La Pensée, Europe, Les Lettres françaises, des revues littéraires proches du parti communiste. À 25 ans, il écrit un premier petit roman onirique : Svea Morgen illustré de son portrait par Marc Saint-Saens. La clef des sources écrit pendant la guerre et dédié à la mémoire de son ami Georges Politzer, est un conte philosophique et poétique. 

La plupart de ses autres romans et nouvelles évoquent le Languedoc de son enfance. Plusieurs ont été primés : L'étang de l'or d'abord publié en feuilleton dans la revue Europe fut couronné par un prix International de la Guilde du Livre 1945 et traduit en allemand, Le soleil de Maguelonne (1964) traduit en allemand, a obtenu le Prix Olivier de Serres et Le vin de feu (1974) a obtenu le Prix Littré en 1975. Ces Grappes de ma vigne (1956) a été adapté au cinéma en 1975 par Alain Quercy. Gaston Baissette eut de nombreux amis parmi ses contemporains intellectuels souvent proches du parti communiste, tels que André de Richaud, Georges Politzer, Bernard Clavel, Marguerite Yourcenar, Marc Saint-Saëns et Paul Éluard. En 1952, il composa pour Paul et Dominique Eluard Les Aventures de Percemont, un conte de fées et de chevalerie dont il leur offrit le manuscrit autographe sur papier vergé du XVIIIe siècle et orné de dessins originaux à la plume de Marc Saint-Saëns. Ce manuscrit est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque d'Étude et du Patrimoine, à Toulouse.

Gaston Baissette était proche du parti communiste français. Pendant la 2e Guerre Mondiale, de 1941 à 1944, il est le rédacteur en chef du Médecin français, une publication clandestine du Comité national des médecins français du réseau de résistance Front national. Comme agent de liaison de la résistance, il aide aussi Louis Aragon et Elsa Triolet pendant leur séjour à Nice en 1941. Toujours pendant la guerre, il rencontre Paul Eluard à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole où ce dernier était caché clandestinement avec d'autres proscrits. En 1948, il prend position en faveur des thèses de Lyssenko prétendant que la réfutation de l'hérédité des caractères acquis par des généticiens tels que Weismann et ses disciples était une prise de position doctrinaire. En 1950, Gaston Baissette participe aux "Batailles du Livre de Marseille" (vente et rencontre itinérante des écrivains "progressistes" avec le public).

Un prix de poésie Gaston Baissette a été créé et attribué chaque année de 1994 à 2008. Son nom a été donné à plusieurs écoles (à Restinclières et à Montaud) ainsi qu'à une médiathèque à Mauguio. Il existe plusieurs rues Gaston Baissette dans l'Hérault : à Beaulieu, à Castelnau-le-Lez, à Castries, à Jacou, à Lunel, à Mauguio, à Montaud et à Montpellier.

Publications

  • Gaston Baissette, Svea Morgen (1930) Les Cahiers du Sud.
  • Gaston Baissette, Hippocrate (1931) Grasset.
  • Gaston Baissette, La médecine grecque jusqu’à la mort d’Hippocrate in Histoire générale de la médecine, de la pharmacie et de l’art vétérinaire (1936) sous la direction de Laignel-Lavastine M., tome 1, pp. 129–279, Paris, Albin Michel.
  • Gaston Baissette, La Clef des Sources (1945) Grasset.
  • Gaston Baissette, L'étang de l'or (1946) Nouvelles Presses du Languedoc.
  • Gaston Baissette, Les Merveilles de la Médecine (1950) Editeurs Français Réunis.
  • Gaston Baissette, Les poètes et les Cosmogonies (1953) Seghers.
  • Gaston Baissette, Ces grappes de ma vigne (1956) Nouvelles Presses du Languedoc.
  • Gaston Baissette, Le soleil de Maguelonne (1964) Julliard.
  • Gaston Baissette, Isabelle de la Garrigue (1968) Nouvelles Presses du Languedoc.
  • Gaston Baissette, Ce pays de Montpellier (1970) Causse Eds.
  • Gaston Baissette, Le vin de feu (1974) Julliard.
  • Gaston Baissette, Aux confins de la Médecine Préface de Bernard Clavel (1977) Julliard.

Publié dans Scientifiques

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