Le Silence de la mer

Publié le par Jean-Pierre Melville

Le Silence de la mer est un film de Jean-Pierre Melville, adapté de la nouvelle de Vercors, tourné en 1947 et sorti en 1949. Œuvre d'adaptation mais œuvre cinématographique à part entière, le film de Jean-Pierre Melville se révèle être un des fondements de la Nouvelle Vague. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en plein coeur de la France occupée. Un vieil homme et sa nièce vivent à l'écart du conflit dans leur maison de campagne, jusqu'au jour où Werner Von Ebrennac, un officier allemand, vient s'installer chez eux. Amoureux de la culture française, ce conquérant paisible et mélomane s'efforce chaque soir de faire partager sa passion à ses «hôtes». Ceux-ci préfèrent garder le silence, manifestant ainsi à leur manière l'aversion que leur inspire l'occupant allemand, aussi charmeur et volubile qu'il puisse être. Lors d'une visite à Paris, Werner découvre les véritables intentions de ses compatriotes. Il en revient écoeuré et honteux...

Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville
Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville

Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville

Fiche technique

  • Réalisation : Jean-Pierre Melville
  • Scénario : d'après la nouvelle de Vercors
  • Adaptation et dialogues : Jean-Pierre Melville
  • Assistants réalisateur : Jacques Guymont, Michel Drach
  • Directeurs de la photographie : Luc Mirot, André Villard puis Henri Decaë
  • Montage : Jean-Pierre Melville, Henri Decaë
  • Costumes : Tranouez
  • Musique : Edgar Bischoff avec le grand orchestre des concerts Colonne sous la direction de Paul Bonneau
  • Son : Carrère
  • Production : O.G.C, Jean-Pierre Melville
  • Producteur délégué : Marcel Cartier
  • Directeur de production : Edmond Vaxelaire
  • Distribution : Panthéon
  • Date de sortie : 22/04/1949
  • Durée : 86 minutes

Distribution

  • Howard Vernon : Werner von Ebrennac
  • Nicole Stephane : la nièce
  • Jean-Marie Robain : l'oncle
  • Ami Aaroë : la fiancée de Werner
  • Georges Patrix : l'ordonnance de Von Ebrennac
  • Denis Sadié : l'ami S.S de Werner
  • Ruedelle : un officier allemand. Il ne s'agit pas de Roger Rudel, mais de Tony Ruedelle, spécialiste avec Jo Dest, des rôles d'officiers allemands grassouillets.
  • Max Fromm (crédité Fromm) : l'officier allemand à la Kommandantur
  • Claude Vernier (crédité Vernier) : un officier allemand
  • Max Hermann : un officier allemand
  • Fritz Schmiedel (crédité Schimiedel) : un officier allemand
  • H. Cavalier
  • D. Kandler

Critique lors de la sortie en salle le 09/08/2014 Par Jacques Siclier

Genre : poème visuel

Pendant l'Occupation, un vieil homme et sa nièce sont contraints de loger un officier allemand. C'est un intellectuel, féru de culture française, qui croit à un rapprochement des deux nations, au nom des affinités esthétiques et spirituelles. Chaque soir, il vient parler à ses hôtes forcés, qui ne répondent jamais.

Paru en 1941, le livre de Vercors était un appel à la dignité. A l'occupant qui n'était pas un SS, la France meurtrie opposait symboliquement un silence obstiné. L'officier finissait par découvrir les vrais buts des nazis. De ce récit, Jean-Pierre Melville, ancien combattant des Forces françaises libres, a fait un magnifique poème visuel, où l'hiver n'en finit pas de la présence allemande, une tragédie en vase clos où, dans le silence, le coeur obsédant d'une horloge bat comme un signe du destin. La voix bourdonnante de l'officier allemand se perd, tandis que les phrases lentes du commentateur tiennent lieu de choeur antique. — Jacques Siclier

Publié dans Films

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