Chanal Pierre

Publié le par Mémoires de Guerre

Pierre Chanal est un militaire et assassin né le 18 novembre 1946 à Saint-Étienne. Accusé de huit assassinats et viols de jeunes hommes, il est mort le 15 octobre 2003 à Reims. 

Chanal Pierre
Chanal Pierre

Liens avec Marc-Édouard Nabe

En novembre 1979, Marc-Édouard Nabe effectue son service militaire à la caserne semi-disciplinaire Dumerbion à Mézières (Ardennes). Il est choisi parmi la dizaine de « fortes têtes » pour aller faire un « stage-commando » à Mourmelon (Marne) sous les ordres d’un adjudant, Pierre Chanal. Le seconde classe Zannini restera donc à Mourmelon une semaine. Il s’en souviendra lorsque l’affaire Chanal éclatera en 1988 où il sera révélé que le militaire s’adonnait à des kidnappings et à des meurtres sur des appelés de son contingent. Dans son Journal intime, Kamikaze, Nabe fera le rapprochement. Puis, en 2003, alors que Chanal s’est suicidé à la veille de son procès, Nabe racontera dans son mensuel La Vérité son lien militaire avec l’adjudant-serial killer Chanal dans un texte intitulé « Je ne faisais pas bander Chanal ». 

Chanal sur Nabe

« — Vous tremblez, Zanini ?

— Oui, mon adjudant, j’ai froid.
— Je croyais que vous aviez peur...
— De quoi aurais-je peur, mon adjudant ?
— De moi ! » (novembre 1979, dialogué rapporté dans « Je ne faisais pas bander Chanal », La Vérité n°1, novembre 2003, texte non repris en volume)

Nabe sur Chanal

« Du nouveau sur l’affaire des disparus de Mourmelon, ces bidasses qui sont partis en permission pour toujours... L’adjudant-chef Chanal a été surpris en train d’enculer un jeune Hongrois dans le coffre de sa voiture. Cette charmante rampouille — si bien notée par ses chefs “qui ne comprennent pas” — avait dans son contingent 4 des 6 disparus et quand il a quitté le camp, les volatilisations ont cessé... Dire que j’aurais pu y passer aussi ! Parce que je me souviens bien de ce militaire anguleux qui nous faisait défiler tous les matins à Mourmelon quand j’y étais en novembre 1979, je l’ai connu (sic !) il avait même un berger allemand à ses côtés !... » (Kamikaze, 2000, p. 2821)

L’adjudant-chef était déjà célèbre, au moins à Mourmelon, puisque c‘est lui plutôt qu’un autre qui avait été chargé de nous faire souffrir. Les militaires connaissaient bien sa rigidité et sa virilité caricaturale. De sa bouche sortait de la fumée à cause du froid, mais comment imaginer qu’il s‘agissait plutôt du soufre du Diable qui le possédait certainement déjà ? Nous étions une quinzaine dans son groupe et il s’occupa bien de nous... Je n’ai pas remarqué qu’il était pédé, ce qui m’a vexé plus tard quand l’affaire des « disparus de Mourmelon » a éclaté et que je l’ai reconnu à la télévision. Je peux dire qu’aucun de nous ne semblait plaire à notre adjudant, pas même Blounard, le blondinet de Toulouse. L’adjudant n’était pas un homme facile. Plus il faisait froid le matin, plus il était dévêtu pour la gym quotidienne ! Les cuisses de Chanal... La chair de pouille ! Pendant la semaine de stage, Chanal me fit l’effet d‘un abruti de plus. 

Son insignifiance était évidente. Il jouait trop les types droits et fortiches pour m’impressionner. Son chien avait l’air de bien le connaître, de savoir son secret... Nous, nous étions sous son commandement en permanence et chaque ordre débile que l’adjudant nous donnait me faisait l’effet d’un aveu d’impuissance. En tous cas, ce n’est pas moi qui ai pu lui donner envie de devenir le monstre qu’il était au fond de lui. L’adjudant-chef Chanal fut l’un des rares hommes dans ma vie à ne pas m’avoir du tout trouvé sexy, et je m’en félicite ! Chanal avait une façon de prononcer mon nom de jeune fille, « Zanini », qui montrait que je n‘étais pas son genre. Je crois qu’il aurait voulu que je le craigne, mais déjà, à l’époque, je ne craignais personne, à part moi-même peut-être... » (« Je ne faisais pas bander Chanal », La Vérité n°1, novembre 2003)

Publié dans Banditisme

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