Capitant René

Publié le par Mémoires de Guerre

René Marie Alphonse Charles Capitant, né le 19 août 1901 à La Tronche (Isère) et mort le 23 mai 1970 à Suresnes (Hauts-de-Seine), fils d'Henri Capitant, est un juriste et un homme politique français. 

Capitant René

Formation

Fils du juriste Henri Capitant (1865-1937), il est élève au lycée Henri-IV puis à la faculté de droit de Paris, où il obtient un doctorat et réussit l'agrégation de droit public. Il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. Dans les années 1930, il milite au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Seconde Guerre mondiale

À la suite de l'appel du 18 Juin, il contribue à la création du mouvement de résistance Combat à Clermont-Ferrand. Il devient professeur de droit à l'université d'Alger en 1941, où il remplace le professeur Robert-Édouard Charlier, « relevé de ses fonctions » par le gouvernement de Vichy en raison de son engagement à gauche. Par ailleurs membre du réseau de résistance Alliance, il incarne à Alger le soutien à de Gaulle face à Giraud. il est nommé commissaire à l'Instruction publique du Comité français de Libération nationale, puis ministre de l'Éducation nationale du gouvernement provisoire. 

De la Libération au départ du Général de Gaulle

À la Libération il est élu député de 1945 à 1951. Gaulliste de gauche, il fonde le 20 janvier 1946 avec Louis Vallon et Pierre Clostermann l’Union gaulliste - Rassemblement des gauches démocratiques, puis devient l'un des principaux animateurs du RPF. Il est professeur à la Faculté de droit de Paris en 1951. En 1957, pendant la Guerre d'Algérie, il apprend la mort au cours d'un interrogatoire par l'armée, de son ancien élève Ali Boumendjel. Il écrit au ministre de l'éducation nationale : « Tant que de telles pratiques - auxquelles, même en pleine guerre, nous n'avons jamais soumis les prisonniers allemands - seront prescrites ou tolérées contre les Algériens par le gouvernement de mon pays, je ne me sentirai pas capable d'enseigner dans une faculté de droit française. J'interromprai donc mon cours. Révoquez-moi, si vous le voulez, si vous le pouvez. J'accueillerai avec satisfaction tout ce qui contribuera à rendre publique ma protestation contre des faits susceptibles de déshonorer la France, si elle restait passive devant eux. » — « M. René Capitant décide de suspendre son cours à la faculté de droit », Le Monde, 26 mars 1957

Il est nommé directeur de la Maison franco-japonaise à Tokyo entre 1957 et 1960. Il est élu député de Paris de 1962 à 1968, battant Jean-Marie Le Pen, est élu conseiller municipal de Paris en 1965 et occupe pendant ces deux législatures la présidence de la Commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République. Il manifeste au cours des années 1960 une opposition croissante à Georges Pompidou, auquel il reproche sa progressive récupération du mouvement gaulliste à des fins conservatrices, attribuant les évènements de Mai 68 à l'immobilisme social du Premier ministre. Lui reprochant de droitiser le mouvement, il affirme dans les instances de l'Union démocratique du travail : « Le vrai gaullisme est à gauche ! ».

À partir du 31 mai 1968, il est Garde des Sceaux dans les gouvernements Georges Pompidou IV et Maurice Couve de Murville, ce dernier mettant en avant la participation au sein de son action politique, marquée par l'ascendant pris par les gaullistes de gauche durant la dernière année de la présidence du Général de Gaulle. De santé fragile, il est victime d'un infarctus du myocarde à l'automne 1968, propose sa démission au chef de l'État qui la refuse et lui demande de reprendre son ministère après. Cet élan est néanmoins brisé par l'échec du référendum du 27 avril 1969 dont il est l'un des promoteurs. Refusant de soutenir Georges Pompidou à l'élection présidentielle suivante, il envisage un temps de se présenter avant d'y renoncer pour raisons de santé, et se retire de la vie politique. Il succombe moins d'un an plus tard à un second malaise cardiaque. Son épouse, née Marie Thérèse Colas, est décédée le 3 juin 2002 à 95 ans. Les papiers personnels de René Capitant sont conservés aux Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, sous la cote 645AP : Inventaire du fonds.

Fonctions politiques

Fonctions gouvernementales

  • 9 novembre 1943 – 4 septembre 1944 : Commissaire à l’Éducation nationale du CFLN
  • 4 septembre 1944 – 21 novembre 1945 : Ministre de l’Éducation du gouvernement provisoire
  • mai-août 1962 : Conseiller juridique et technique auprès de l'exécutif provisoire algérien
  • 31 mai 1968 - 27 avril 1969 : Garde des Sceaux

Mandats électifs

Conseiller municipal/général (Paris)

  • 1965 - 1970 : Conseiller de Paris

Député

  • 21 octobre 1945 - 10 juin 1946 : député du Bas-Rhin - Résistance démocratique et socialiste
  • 10 novembre 1946 - 17 avril 1951 : député de la Seine -Union démocratique et socialiste de la Résistance
  • 25 novembre 1962 - 21 mai 1968 : député de Paris - Union démocratique pour la Ve République
  • 30 juin 1968 - 12 août 1968 : député de Paris - Union des démocrates pour la République
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