Oberhauser Josef

Publié le par Mémoires de Guerre

Josef („Sepp“) Kaspar Oberhauser (21 janvier 1915 à Münich ; 22 novembre 1979, ibidem) était membre de la Schutzstaffel (SS) et a pris part à l' Aktion T4 et l'Aktion Reinhardt. Il fut la seule personne condamnée pour crimes de guerre commis dans le camp d'extermination de Belzec.
Oberhauser Josef
Oberhauser Josef

Josef Oberhauser est né le 21 janvier 1915 à Münich, fils de Melchior Oberhauser. Il grandit chez ses parents, et après la fin de sa formation scolaire, trouve un emploi chez son oncle, dans une exploitation agricole dans la commune de Markt Schwaben (Bavière). En 1934, il s'engage pour 18 mois dans l'armée (Reichswehr) et est versé au 19ème régiment d'infanterie à Münich. Il s'engage dans la SS en novembre 1935 dans la section "SS-Wachverband III „Sachsen" (carte de membre n° 288.121). En avril 1937, il rentre dans la nouvelle organisation SS-Totenkopfverbände (SS-TV) "Brandenburg" et est stationné au camp de concentration de Orianenburg-Sachsenhausen. Il adhère au NSDAP en 1936 avec le grade de "SS-Rottenführer", rapidement promu au titre de "SS-Unterscharführer" deux ans plus tard. Josef Oberhauser prend part à l'invasion de la Pologne (qui débute la Seconde Guerre mondiale) dans la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler avec le grade de "SS-Oberscharführer".

À la fin de l'invasion de la Pologne, il ne rentre pas dans la section SS-Totenkopfverbände "Brandenburg" mais est nommé en novembre 1939 dans la „Reichsarbeitsgemeinschaft für Heil- und Pflegeanstalten“ qui aura en charge de mener les actions d'élimination d'environ 100 000 aliénés et handicapés, dit Aktion T4. A Grafeneck, Brandenburg et Bernburg, où eurent lieu des exécutions par gaz (monoxyde de carbone), il participe à l'élimination des cadavres par incinération, étant responsable des fours crématoires des dites installations.

De novembre 1941 au 1er août 1942, Oberhauser est nommé au camp d'extermination de Belzec. Il y est officier d'ordonnance, sous les ordres du commandant du camp, Christian Wirth et est responsable de l'aménagement du camp. Grâce à ses bons offices dans la conduction de l'Aktion Reinhard, Oberhauser est promu de "SS-Hauptscharführer" à "SS-Untersturmführer" avec prise d'effet au 20 avril 1943, devenant ainsi officier de la SS. Avant cela, le Reichsführer-SS Heinrich Himmler était venu lui rendre personnellement visite le 12 février 1943 à Belzec pour voir "l'exceptionnelle productivité des hommes participants" et se déclare favorable à la promotion.

Oberhauser est ensuite nommé, ainsi que Globocnik (le 13 septembre 1943 à Trieste) et Wirth (ancien commandant du camp d'extermination de Belzec), en Italie, au "Sonderabteilung Einsatz R". Le "Sonderabteilung Einsatz R" (avec le "R" pour Reinhard) sert à la lutte contre les partisans („Partisanenbekämpfung“) ainsi qu'à la déportation et l'élimination des Juifs („Judendeportation und -vernichtung“). Il y est promu au grade de "SS-Obersturmführer" le 30 janvier 1945. Oberhauser est commandant du camp de concentration de Risiera di San Sabba jusqu'à sa fermeture fin avril 1945 (de 3000 à 5000 personnes y moururent). Il se déplace ensuite en Autriche avec son unité, pour être arrêté en mai 1945 à Bad Gastein par les autorités anglaises.

Après sa libération, Oberhauser est employé dans une scierie à Bevensen. Le 13 avril 1948, il est arrêté à l'occasion d'un séjour dans la zone Est. Le 24 septembre 1948, il est condamné pour avoir enfreint la "Control Council Law No. 10" (qui servira aussi de base aux procès de Nüremberg) du 20 décembre 1945 par son appartenance à une organisation criminelle (en l'occurrence, la SS) et par sa participation à la mise à mort des victimes par pseudo euthanasie dans les centres de Grafeneck, Brandenburg et Bernburg à 15 ans de prison et 10 ans de privation de droits civiques. Il bénéficie des effets d'une loi d'amnistie et est donc libéré le 28 avril 1956, après seulement 8 ans. Il retourne alors dans sa ville natale de Münich, où il travaille en tant qu'homme à tout faire ou serveur. Du 18 au 21 janvier 1965 se tient à Münich le "procès Belzec". Huit hommes sont poursuivis :

  • Werner Dubois (qui reconnaît pourtant lors du procès avoir exécuté de sa main 6 Juifs handicapés).
  • Erich Fuchs (qui installa les chambres à gaz).
  • Hans Girtzig
  • Heinrich Gley (travaillait sur la rampe d'arrivage, et menait les Juifs aux chambres de déshabillage avant les chambres à gaz).
  • Robert Juhrs (gardien, travaillait sur la rampe).
  • Karl Schluch (gardien sur la rampe et accompagnait les Juifs dénudés des chambres de déshabillage aux chambres à gaz)
  • Heinrich Unverhau (responsable des salles de déshabillage et de l'acheminement des vêtements ainsi récupérés jusqu'aux salles de tri et stockage, avant envoi en Allemagne).
  • Ernst Zierke (responsable des salles de déshabillage, responsable de la forge du camp, prit part à l'exécution des derniers Juifs lors de la fermeture du camp de Belzec).
  • Josef Oberhauser, mais seul ce dernier est jugé coupable et le 21 janvier 1965, il est condamné à quatre ans et demi de prison pour sa collaboration à 300 000 meurtres collectifs dans le camp de concentration, ainsi que pour cinq autres chefs d'accusation dans 150 autres meurtres collectifs (références du procès : Az.: 110 Ks 3/64, s. Weblink).

Il est libéré après n'avoir fait que la moitié de sa peine, et retourne à son travail de serveur à Munich. Dans le film Shoah de Claude Lanzmann, une séquence le montre servant de la bière à Munich et où Lanzman lui tend une photo montrant Christian Wirth en uniforme tout en demandant s'il connait cet homme puis lui parle des fosses communes de Belzec. Oberhauser visiblement gêné ne prononcera aucune parole. Il est condamné par contumace en avril 1976 pour ses crimes en Italie à la prison à vie. La demande d'extradition italienne échouant, Joseph Oberhauser meurt le 20 novembre 1979 à Munich. 

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