Wiesel Eliezer

Publié le par Mémoires de Guerre

Eliezer Wiesel, dit Elie Wiesel, né le 30 septembre 1928 à Sighetu Marmației (Roumanie) et mort le 2 juillet 2016 à New York, États-Unis, est un écrivain et un philosophe américain issu d'une famille juive orthodoxe et hassidique hongroise et de langues française, hébraïque, yiddish et anglaise. Il consacre une partie de son œuvre à l'étude de la Shoah dont il est rescapé.

Wiesel EliezerWiesel Eliezer

Eliezer Wiesel a une enfance pauvre mais heureuse à Sighet, dans la région de Marmatie (Roumanie) d'abord épargnée par la guerre. Mais à 15 ans, il est déporté avec sa famille par les nazis à Auschwitz-Birkenau, puis Buchenwald. Il y perdra ses parents et sa sœur. Libéré par les Américains, il passe une dizaine d'années en France, durant lesquelles il fait des études de philosophie à la Sorbonne. Il devient journaliste dans le quotidien israélien Yediot Aharonot, ce qui lui permet de parcourir le monde et de rencontrer d'importantes personnalités, des artistes, des philosophes, et des chefs d'États ; il se lie d'amitié avec François Mauriac (qui l'aidera à publier sa toute première œuvre, La Nuit) et Golda Meir. À trente ans, il commence à décrire son expérience concentrationnaire, à témoigner pour les victimes de la Shoah. Ainsi commence une longue œuvre littéraire. Outre une quinzaine de romans, Élie Wiesel est l'auteur de trois pièces de théâtre, de nombreux essais traitant de sujets d'actualité, de judaïsme (avec notamment la série des Célébrations : hassidique, biblique, talmudique, prophétique, en attendant un prochain volume « mystique »), le lien entre tous ces ouvrages se situant dans la défense de la Mémoire.

Plus qu'un romancier, un dramaturge ou un essayiste, Élie Wiesel se définit avant tout comme un « conteur ». Sighet - La maison natale, aujourd'hui maison commémorative d'Elie Wiesel. Devenu citoyen américain en 1963, il obtient une chaire en sciences humaines à l'université de Boston. Il a entre autres soutenu la cause des juifs d'Union soviétique. Il se marie à l'âge de 41 ans et est père d'un enfant, Elisha. Il fonde en 1980 le conseil de l'Holocauste américain. Décoré en 1984 en France de la Légion d'honneur, ayant reçu la Médaille du Congrès américain, fait docteur honoris causa par plus de cent universités, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1986. Peu après avoir reçu le prix Nobel, il fonde avec son épouse la Fondation Élie Wiesel pour l'humanité. Durant plus de deux décennies, cette Fondation lutte pour la mémoire de l'Holocauste et contre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice, en particulier en organisant des actions de dialogue international et de sensibilisation de la jeunesse. Mais en décembre 2008, la Fondation annonce que la quasi-totalité de ses fonds propres (équivalant à 15,2 millions de dollars) se sont évaporés dans l'escroquerie montée par Bernard Madoff.

Il préside, depuis sa création en 1993, l'Académie universelle des Cultures. Ses œuvres ont également reçu plusieurs prix littéraires. Le 12 mars 2003, il écrit dans le San Francisco Chronicle : « Bien que je sois opposé à la guerre, je suis favorable à une intervention quand aucune autre option n'est possible, et telle est la situation présente, en raison des louvoiements de Saddam Hussein et de sa constante procrastination ». Élie Wiesel affirme croire Colin Powell, « un grand soldat et un homme qui n'aime pas la guerre », quand il affirme que l'armée irakienne possède des armes de destruction massives. Il a depuis regretté cette prise de position. En octobre 2006, le Premier ministre israélien Ehud Olmert lui a proposé le poste de Président de l'État d'Israël, en remplacement de Moshe Katsav. Élie Wiesel a refusé l'offre en expliquant qu'il n'est « qu'un écrivain ». En septembre 2008 sort son quatorzième roman, Le cas Sonderberg.

Selon l'écrivain Michaël de Saint-Cheron, Elie Wiesel est critiqué par des « personnes inqualifiables qui cherchent non pas à salir mais à démolir la statue morale » qu'il incarne, et dont certaines remettent en cause la réalité de sa déportation. Il mentionne « les amis de Simon Wiesenthal », l'Américaine Carolyn Yeager et le juif hongrois Miklos Grüner. Ce dernier, rescapé d'Auschwitz, accuse Wiesel d'avoir « usurpé le numéro matricule A-7713 d'un certain Lazar Wiesel et [de s'être] approprié le récit de ce dernier sur son passage à Auschwitz ». Cette thèse se trouve soutenue par des négationnistes et par l'éditeur et journaliste Jean Robin, qui se dit « anti-antisémite » et qui a reçu des archives du Musée national Auschwitz-Birkenau un courriel selon lequel le déporté immatriculé A-7713 était nommé Lazar Wiesel et avait pour année de naissance 1913 (alors qu'Elie Wiesel est né en 1928). Michaël de Saint-Cheron met en question la fiabilité de ces archives, affirme que Wiesel a progressivement changé l'orthographe de son prénom (Lazar étant le diminutif yiddish d’Eliezer), et signale avoir vu par lui-même son tatouage.

Dans son ouvrage L'Industrie de l'Holocauste, Norman G. Finkelstein reproche à Elie Wiesel d'instrumentaliser l'Holocauste nazi pour défendre, notamment, la politique israélienne. De son côté, Alain Gresh qualifie Wiesel d'« imposteur moral qui mériterait un traitement différent dans les médias » : il lui reproche ses positions sur le conflit israélo-palestinien et sur la question du statut de Jérusalem, son appel à la torture du financier Bernard Madoff chez qui il avait placé une partie de sa fortune, et son discours « adressé le 25 octobre 2009 à 6 000 chrétiens sionistes adeptes du pasteur John Hagee, un homme qui tient des propos homophobes, mais aussi négationistes et antisémites », et ce pour des raisons financières.

Publications

Œuvres publiées en yiddish

  • Un di Velt Hot Geshvign (littéralement : Et le monde se taisait), témoignage en yiddish vernaculaire, traduit/condensé en français sous le titre La Nuit - 1956.

Œuvres publiées en français

  • La Nuit, témoignage, Les Éditions de Minuit - 1958 ; réédition en 2007 avec une nouvelle préface d'Elie Wiesel.
  • L'Aube, roman, éditions du Seuil - 1960 (adapté au cinéma à deux reprises).
  • Le Jour, roman, éditions du Seuil - 1961.
  • La Ville de la chance, roman, éditions du Seuil - 1962, Prix Rivarol 1964.
  • Les Portes de la forêt, roman, éditions du Seuil - 1964.
  • Le Chant des morts, nouvelles et textes, éditions du Seuil - 1966.
  • Les Juifs du silence, témoignage, éditions du Seuil - 1966.
  • Le Mendiant de Jérusalem, roman, éditions du Seuil - 1968, Prix Médicis 1968.
  • Zalmen ou la folie de Dieu, théâtre, éditions du Seuil - 1968.
  • Entre deux soleils, essais et récits + une pièce de théâtre (Il était une fois, qui a été rédigée en 1968), éditions du Seuil - 1970.
  • Célébration hassidique, portraits et légendes, éditions du Seuil - 1972.
  • Le Serment de Kolvillàg, roman, éditions du Seuil - 1973.
  • Ani Maamin : Un chant perdu et retrouvé (cantate, édition bilingue Random House - 1973), repris dans Un juif aujourd'hui (Voir la Cantate Ani Maamin sur une musique de Darius Milhaud pour chœur, orchestre, 4 comédiens : le récitant, Abraham, Isaac et Jacob. ed. Eschig).
  • Célébration biblique, portraits et légendes, éditions du Seuil - 1975.
  • Un Juif aujourd'hui, récits, essais, dialogues, éditions du Seuil - 1977.
  • Le procès de Shamgorod tel qu'il se déroula le 25 février 1649, théâtre, éditions du Seuil - 1979.
  • Le Testament d'un poète juif assassiné, roman, éditions du Seuil - 1980, Prix du Livre Inter 1980, Prix des Bibliothécaires 1981.
  • Contre la mélancolie (Célébration hassidique II), éditions du Seuil - 1981.
  • Paroles d'étranger, textes, contes, dialogues, éditions du Seuil - 1982.
  • Le Golem, illustré par Mark Podwal, récit, éditions du Rocher - 1983, publié en français en 1998.
  • Le cinquième fils, roman, éditions Grasset - 1983, Grand prix du roman de la Ville de Paris 1983.
  • Signes d'exode, essais, histoires, dialogues, éditions Grasset - 1985.
  • Job ou Dieu dans la tempête, avec Josy Eisenberg, essai, éditions Fayard-Verdier - 1986.
  • Discours d'Oslo, éditions Grasset - 1987.
  • Le crépuscule, au loin, roman, éditions Grasset - 1987.
  • Silences et mémoire d'hommes, essais, histoires, dialogues, éditions du Seuil, 1989.
  • L'oublié, roman, éditions du Seuil - 1989.
  • Célébration talmudique, portraits et légendes, éditions du Seuil - 1991.
  • Célébrations, édition reliée, éditions du Seuil - 1994.
  • Tous les fleuves vont à la mer (Mémoires I), éditions du Seuil - 1994.
  • Mémoire à deux voix, avec François Mitterrand, dialogues, éditions Odile Jacob - 1995.
  • Se taire est impossible, avec Jorge Semprún, dialogue, éditions Arte / Mille et Une Nuits - 1995.
  • … Et la mer n'est pas remplie (Mémoires II), éditions du Seuil - 1996.
  • La Haggadah de Pâque, illustré par Mark Podwal, commentaires, éditions Le Livre de poche - 1997.
  • Célébration prophétique, portraits et légendes, éditions du Seuil - 1998.
  • Les juges, roman, éditions du Seuil - 1999.
  • Le mal et l'exil : 10 ans après, avec Michaël de Saint-Cheron, dialogues, éditions Nouvelle Cité - 1999.
  • Le roi Salomon et sa bague magique, illustré par Mark Podwal, récit, éditions Le Rocher-Bibliophane - 1999.
  • D'où viens-tu ?, textes, essais, dialogues, éditions du Seuil - 2001.
  • Le chant qui habite le chant, commentaires des Songes, énigmes et paraboles de Rabbi Nahman de Bratslav, essai, éditions Daniel Radford -Bibliophane - 2002.
  • Le temps des déracinés, roman, éditions du Seuil - 2003.
  • Et où vas-tu ?, textes, essais, dialogues, éditions du Seuil - 2004.
  • Un désir fou de danser, roman, éditions du Seuil - 2006.
  • Le Cas Sonderberg, roman, éditions Grasset - 2008.
  • Rashi, Ébauche d'un portrait, essai/biographie, éditions Grasset - 2010.
  • Otage, roman, éditions Grasset - 2010.
  • Cœur ouvert, récit, éditions Flammarion - 2011.
  • Espérer envers et contre tout : Un juif et un chrétien après Auschwitz, avec Johann Baptist Metz, entretiens réalisés en 1993, éditions Salvator - 2012.

En avril 2013, la pièce inédite Le choix est montée à Paris : il n'y a pas encore à ce jour de date éventuelle de publication du texte. Elie Wiesel a aussi participé non pas à la rédaction de livres mais à leur enrichissement en accordant à l'auteur un long entretien 

  • Monsieur Chouchani, L'énigme d'un maître du XXe siècle (Salomon Malka, éditions Jean-Claude Lattès - 1994).
  • Le Roi David : une biographie mystique (Laurent Cohen, éditions du Seuil - 2000).

Enfin, certains essais sur Elie Wiesel contiennent des entretiens et/ou des textes inédits d'Elie Wiesel :

  • Elie Wiesel. Qui êtes-vous ? (Brigitte-Fanny Cohen, éditions La manufacture - 1987).
  • Elie Wiesel : Variations sur le silence (Myriam B. Cohen, éditions Rumeur des Âges - 1988).
  • Présence d'Elie Wiesel (David Banon, éditions Labor & Fides - 1991).
  • Une parole pour l'avenir (sous la direction de Michaël de Saint-Cheron, éditions Odile Jacob - 1996).
  • Elie Wiesel en hommage (mélanges réunis par Ariane Kalfa et Michaël de Saint-Cheron, éditions Cerf - 1998).
  • Entretiens avec Elie Wiesel suivi de Wiesel, ce méconnu par Michaël de Saint-Cheron (Parole et Silence - 2008)

Œuvres publiées en anglais

Avec exact équivalent en français

  • Night (témoignage - 1960).
  • Dawn (roman - 1961).
  • The Accident (roman - 1962).
  • The Town Beyond the Wall (roman - 1964).
  • The Gates of the Forest (roman - 1966).
  • The Jews of Silence (témoignage - 1966).
  • A Beggar in Jerusalem (roman - 1970).
  • The Oath (roman - 1973).
  • Zalmen, or The Madness of God (théâtre - 1975).
  • A Jew Today (essais - 1978).
  • The Trial of God (théâtre - 1979).
  • The Testament (roman - 1980).
  • The Golem (récit - 1983).
  • The Fifth Son (roman - 1985).
  • The Nobel Speech (discours - 1987).
  • Twilight (roman - 1988).
  • The Forgotten (roman - 1992).
  • A Passover Haggadah (1993).
  • All Rivers Run to the Sea (Mémoires - 1995).
  • Memoir in Two Voices (dialogues avec François Mitterrand - 1996).
  • King Solomon and His Magic Ring (récit - 1999).
  • And The Sea Is Never Full (Mémoires II - 1999).
  • Hope Against Hope (entretiens de Johann Baptist Metz et d'Elie Wiesel avec Ekkehard Schuster & Reinhold Boschert-Kimming - 1999).
  • The Judges (roman - 2002).
  • The Time of the Uprooted (roman - 2005).
  • A Mad Desire to Dance (roman - 2009).
  • Rashi (essai/biographie - 2009)16.
  • The Sonderberg Case (roman - 2010).
  • Hostage (roman - 2012).
  • Open Heart (récit - 2012).

Sans équivalent en français

  • Dimensions of the Holocaust (essai, avec Lucy Dawidowicz, Dorothy Rabinowitz et Robert McAfee Brown - 1977).
  • A Journey of Faith (dialogues avec le Cardinal C. O'Connor - 1990).
  • Conversations with Elie Wiesel (dialogues avec H.J. Cargas - 1976 et 1992).
  • Conversations with Elie Wiesel (dialogues avec Richard D. Heffner - 2001).
  • After the Darkness (essais - 2002).
  • Confronting Anti-semitism (essai, corédigé avec Kofi Annan - 2006).

Avec plus ou moins d'équivalent en français

  • Legends of Our Time (essais - 1968).
  • One Generation After (essais - 1971).
  • Souls on Fire (essais - 1972).
  • Ani Maamin, (cantate - 1973).
  • Messengers of God: Biblical Portraits & Legends (essais - 1976).
  • Four Hasidic Masters (essais - 1978).
  • Images from the Bible (essais - 1980).
  • Five Biblical Portraits (essais - 1981).
  • Somewhere a Master (essais - 1982).
  • Against Silence: The Voice & Vision of Elie Wiesel (essais - 1985).
  • The Six Days of Destruction (essais - 1988).
  • From the Kingdom of Memory (essais - 1990).
  • Sages and Dreamers: Portraits & Legends (essais - 1991).
  • Evil and exile with Michaël de Saint-Cheron (conversations - 2000).
  • Wise Men and Their Tales (essais - 2003).

De plus, comme pour les œuvres publiées en français, il y a des essais sur Elie Wiesel contenant des textes de lui ou des entretiens inédits :

  • Telling the Tale: A Tribute to Elie Wiesel (sous la direction de Harry James Cargas - 1993).
  • Elie Wiesel: Conversations (Robert Franciosi, editor - 2002).

 

Publié dans Ecrivains

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