Maurice Philippe

Publié le par Mémoires de Guerre

Philippe Maurice, né à Paris le 15 juin 1956, est un historien médiéviste français qui a suivi son cursus universitaire en prison après avoir été le dernier français condamné à mort.

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Simple étudiant en comptabilité, Philippe Maurice entame son parcours de hors-la-loi dès 1977 où les gendarmes de Saint-Genielt-d'Olt dans l'Aveyron le surprennent en train de forcer un barrage routier avec un véhicule volé. Il est inculpé et incarcéré à la maison d'arrêt de Rodez, en mars 1977, dans le cadre de plusieurs recels de vols de véhicules et de multiples escroqueries (usages de chèques volés, faux monnayage), délits pour lesquels le tribunal de Millau le condamne le 26 juin 1978 à cinq ans de prison dont un an avec sursis. Il obtient rapidement une première puis une seconde permission de sortie en avril 1979, où il ne regagne pas la maison d'arrêt et choisit la clandestinité avec un complice, Serge Attuil. Cette cavale emmène le duo de malfaiteurs dans une série de vols à main armée en région parisienne qui se termine dans un épilogue sanglant, d'une part avec le meurtre le 26 septembre 1979 de Mohamed Kaouche, veilleur de nuit qui le surprenait en flagrant délit de vol de véhicule sur un parking de la rue Lecourbe dans le 15e arrondissement de Paris ; et d'autre part avec les meurtres de deux gardiens de la paix de la préfecture de police, Jean-Yves Ruelle et Gérard Croux, qui tentaient de les intercepter dans la nuit du 7 décembre 1979, rue Monge dans le 5e arrondissement de Paris. Son complice était tué cette même nuit.

Il est condamné à mort par la cour d'assises de Paris le 28 octobre 1980 pour complicité de meurtre et meurtre sur agents de la force publique. À cette occasion, Le Nouvel Observateur titre « L’enfant condamné à mort » à cause de son jeune âge. Le 24 février 1981, pendant que son recours en grâce est à l’étude, il tente une évasion et blesse grièvement un gardien de prison, Jacques Bouvier, grâce à une arme que lui avait remise clandestinement son avocate, Brigitte Hemmerlin. Lors de la campagne de l’élection présidentielle, Valéry Giscard d’Estaing ne se prononce pas pour l’abolition de la peine de mort et repousse volontairement sa réponse pour la demande de grâce. Le 25 mai 1981, le président de la République française, François Mitterrand, quatre jours après son investiture, lui accorde sa grâce et commue sa condamnation à mort en une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. Le nouveau président respectait ainsi une promesse symbolique de sa campagne électorale.

Le 25 février 1982, il est condamné à 16 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris pour sa tentative d'évasion et de meurtre sur le gardien de prison. Le 28 juin 1982, il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris pour complicité dans le meurtre du veilleur de nuit quatre ans plus tôt à Paris. Il se remet aux études en prison alors qu’il est incarcéré à la prison de Saint-Maur, près de Châteauroux et passe sa licence d’histoire en 1987. Le 18 octobre 1989, il soutient sa maitrise d’histoire du Moyen Âge à Yzeures-sur-Creuse. C’est en décembre 1995, qu’il soutient une thèse de doctorat en histoire médiévale à l’université de Tours portant sur La famille au Gévaudan à la fin du Moyen Âge. Pour respecter la tradition médiévale de « franchise universitaire », les gendarmes qui l’avaient extrait de sa prison pour le conduire devant le jury universitaire restent à l’extérieur du bâtiment pendant sa soutenance de thèse. À l’automne 1999, il est placé en régime de semi-liberté. Puis le 8 mars 2000, il bénéficie d’une libération conditionnelle. Chargé de recherches, il travaille à l’EHESS dans les domaines de la famille, de la religion et du pouvoir au Moyen Âge.

Publié dans Banditisme, Historiens

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