Kolinka Ginette

Publié le par Mémoires de Guerre

Ginette Kolinka, née Cherkasky, le 4 février 1925 à Paris, est une survivante du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau et passeuse de mémoire de la Shoah.

Kolinka Ginette

Seconde Guerre mondiale

Juive athée avec des origines ukrainienne et roumaine, Ginette Kolinka passe son enfance à Aubervilliers avec ses parents, ses six sœurs et son frère. La Seconde Guerre mondiale bouleverse sa famille quand son oncle et son beau-frère sont arrêtés en 1941. En juillet 1942, la famille de Ginette Kolinka fuit son domicile en raison de son arrestation imminente. Ils rejoignent alors la zone libre, non occupée par les Allemands, et trouvent refuge à Avignon (Vaucluse). Le 13 mars 1944, à 19 ans, Ginette Kolinka est arrêtée avec son père, Léon Cherkasky, son petit-frère de 12 ans, Gilbert Cherkasky et son neveu, par la Gestapo à la suite d'une dénonciation. D'abord incarcérée à la prison d'Avignon puis à celle des Baumettes, la famille est ensuite internée au camp de Drancy. Un mois plus tard, la famille est déportée par le convoi no 71 en direction du camp d'Auschwitz-Birkenau

C'est le même convoi que Simone Veil. Dès l'arrivée du train, son père ainsi que son frère sont gazés. Ginette Kolinka, quant à elle, est sélectionnée pour le travail et rejoint le camp des femmes. D'octobre 1944 à avril 1945, Ginette Kolinka connaît un parcours marqué par son passage dans les camps de Bergen-Belsen et de Theresienstadt. Au camp de Bergen-Belsen, elle travaille dans une usine de pièces d'aviation. Elle contracte le typhus durant cette période. En mai 1945, elle change de camp mais, à son arrivée, le camp est libéré, et elle est donc accueillie par les Alliés et rapatriée à Lyon avant de rejoindre Paris le 6 juin 1945 pour retrouver les membres de sa famille qui ont survécu. Pendant quarante ans, elle tient un étal de bonneterie sur un marché d’Aubervilliers avec son mari. 

Transmission de la mémoire

Longtemps, elle ne souhaite pas transmettre son histoire et l'horreur de la Shoah en disant qu'elle ne veut pas « ennuyer les gens ». Mais peu à peu l'envie de parler lui vient. Au début des années 2000, veuve, elle pousse la porte d’une association d’anciens déportés. Ginette Kolinka devient une ambassadrice de la mémoire qui sillonne la France pour raconter son vécu aux jeunes générations. Elle va d’établissement en établissement scolaire pour parler de la Shoah et sensibiliser les jeunes à cela.

Vie privée

Elle est la mère de Richard Kolinka, batteur du groupe de musique Téléphone — dont les premières répétitions du 2 au 11 novembre 1976 se dérouleront dans sa cave — et la grand-mère de l'acteur Roman Kolinka. Le 8 mai 2020, Christophe Hondelatte l'invite à raconter son histoire dans l'émission Hondelatte raconte. 

Distinctions

Le 2 avril 2010, elle est nommée chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « ancienne commerçante, membre du conseil d'administration d'une association ; 63 ans d'activités professionnelles et associatives » puis promue officier du même ordre le 31 décembre 2018 au titre de « ancienne déportée œuvrant au devoir de mémoire ». Ginette Kolinka est élevée au grade de commandeur de l'ordre des Palmes académiques par la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem le 27 janvier 2016. 

Publié dans Résistants

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