Roussel Fabien

Publié le par Mémoires de Guerre

Fabien Roussel, né le 16 avril 1969 à Béthune, est un homme politique français. Membre du Parti communiste français (PCF), il est député dans la vingtième circonscription du Nord depuis 2017 et secrétaire national du PCF depuis 2018. Il est désigné candidat du parti pour l’élection présidentielle de 2022. 

Roussel Fabien

Situation personnelle

Origines et famille

Fabien Roussel est issu d'une famille de militants communistes. Son prénom a été choisi en hommage au « Colonel Fabien », figure de la résistance communiste. Son père, Daniel Roussel, est employé à la Sécurité sociale puis journaliste à L'Humanité et sa mère employée de banque. Sa grand mère maternelle, institutrice, joue un rôle important dans son éducation. Un de ses arrière grands-pères paternels est un réfugié espagnol mort après avoir été interné au camp du Vernet. Il est à la tête d'une famille recomposée de cinq enfants. Sa compagne, Dorothée, est fonctionnaire de catégorie C, attachée à la défense de la consommation des catégories modestes. 

Études et formation professionnelle

Après des études secondaires qu'il termine à Champigny-sur-Marne, en région parisienne, il obtient un diplôme du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ). Il commence sa carrière comme journaliste reporter d’image à France 3 Ardennes. 

Parcours politique

Débuts

Au lycée, Fabien Roussel s'engage dans le Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) pour dénoncer l’apartheid en Afrique du Sud et réclamer la libération de Nelson Mandela. Il participe également aux manifestations contre les lois Monory et Devaquet. À partir de 1997, il est conseiller chargé de la communication pour Michelle Demessine, alors secrétaire d'État au Tourisme. Il travaille ensuite pour Jean-Jacques Candelier et Alain Bocquet. 

Élu local

Fabien Roussel prend en 2000 la direction de la fédération PCF du Nord, où il est confronté à un Front national en expansion. L'historien du PCF Roger Martelli souligne que cette fédération, parmi les plus puissantes du parti, est marquée par l'histoire ouvrière du département et attachée à la défense de l'identité historique du PCF. Il est candidat à l’élection cantonale de 2004 dans le canton de Lille-Sud-Ouest. Son affiche de campagne reprend un dessin réalisé par Charb, qui lui a donné son accord pour cette initiative : dénonçant les licenciements et la désindustrialisation, l'œuvre représente un poing jaillissant d'une usine accompagné de la légende « Je vote communiste et je t'emmerde ». Roussel termine en cinquième position du premier tour, avec 5,2 % des suffrages exprimés. Lors des élections municipales de 2014, il est élu à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) sur la liste conduite par le communiste Alain Bocquet, devenant conseiller municipal chargé de la culture et des festivités.

Aux élections régionales de 2015 dans la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie (ensuite appelée Hauts-de-France), il conduit la liste soutenue par le PCF et Ensemble. Durant la campagne, il propose la création d'une banque publique pour financer les PME et les collectivités à un taux proche de zéro. Il demande également une intervention humanitaire de l'armée dans la jungle de Calais et déclare que la politique de Manuel Valls fait progresser électoralement le Front national. Avec 5,3 % des voix au niveau régional, la liste qu'il conduit ne peut se maintenir au second tour et ne fusionne avec aucune autre. En 2021, il envisage d’être à nouveau tête de liste aux élections régionales dans les Hauts-de-France, mais doit s'incliner devant la candidature de Karima Delli, notamment soutenue par Jean-Luc Mélenchon. Il n’est pas présent sur les listes conduites par celle-ci. 

Député du Nord

Candidat aux élections législatives de 2017 avec pour suppléant le député sortant Alain Bocquet, non-candidat à sa succession, Fabien Roussel est élu député dans la 20e circonscription du Nord avec 64 % des suffrages exprimés au second tour, face au candidat du Front national. Inscrit au groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), il fait partie de la commission des Finances, de l'Économie générale et du Contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale. Fin 2017-début 2018, il porte avec son groupe une proposition de loi créant une liste française des paradis fiscaux ; rapporteur du texte, il dénonce à la tribune de l’Assemblée l'évasion fiscale et affirme qu’en « en trois clics sur Internet » il lui a été proposé de constituer une entreprise offshore. Il s'oppose au projet de réformes des retraites présenté en 2020 par le gouvernement, aussi bien dans les mouvements sociaux qu'avec son groupe dans l'hémicycle, réclamant le retrait de la réforme ou a minima sa soumission à un référendum. Il justifie cette positon en dénonçant un projet qui aboutirait à une baisse des pensions, à une augmentation de l'âge départ via la présence d'un âge pivot et in fine à la fin de la retraite par répartition pour « vendre notre système de retraite aux fonds de pension américains » tel BlackRock. 

Secrétaire national du PCF

En octobre 2018, les militants du PCF votent pour le texte d'orientation de la stratégie du parti : c'est le « Manifeste pour un Parti communiste du XXIe siècle », présenté par André Chassaigne et Fabien Roussel, qui arrive en tête avec 42 % des voix, devant le texte « Le communisme est la question du XXIe siècle » défendu par le secrétaire national Pierre Laurent (38 %). À l’issue du XXXVIIIe congrès du parti, qui se tient du 23 au 25 novembre 2018, Fabien Roussel est élu secrétaire national du PCF, succédant à Pierre Laurent. Il est le premier secrétaire national du PCF n'étant pas issu de la région parisienne depuis Waldeck Rochet. Lors du congrès menant à sa désignation comme secrétaire national, il soutient publiquement le mouvement des Gilets jaunes, dont l'« acte II » vient d'avoir lieu, et fait voter une motion en ce sens. Il poursuit ce soutien dans les semaines suivantes ; interrogé sur les propos controversés tenus par certaines figures de la contestation, il déclare qu'il « faut prendre ce mouvement avec ses excès et ses contradictions, même si on ne partage pas tout ». En octobre 2019, Fabien Roussel assigne en justice Bernard Arnault pour non-publication des comptes de sa holding. Le PDG se soumet finalement à cette obligation deux mois plus tard, à la veille d'une audience entre les deux parties. Le 13 mars 2021, après l’avoir évoquée en novembre 2020, il annonce officiellement sa candidature à l'investiture du PCF pour l'élection présidentielle de 2022. En mai, lors d'une consultation interne, les militants du parti se prononcent pour une candidature autonome à l’élection présidentielle et désignent Fabien Roussel comme candidat. Sa campagne présidentielle suscite toutefois des divisions au sein du parti : selon Libération, « il incarne aux yeux de certains une forme de rupture idéologique avec le communisme historique, évoluant sur l'immigration ou la sécurité ». 

Roussel Fabien

Prises de position

Questions socio-économiques

Fabien Roussel se réclame de l'héritage du programme du Conseil national de la Résistance. Interrogé sur les critiques que suscitent l'abandon de la rupture avec le capitalisme par son parti, il soutient que « la rupture doit être démocratique » et appelle à « redonner le pouvoir aux salariés et aux élus locaux ». Pour augmenter les salaires, pensions, minimas sociaux et instaurer un revenu étudiant, il réclame un retour de l’impôt sur la fortune, une plus grande progressivité de l'impôt et la mise sous conditions des aides publiques aux entreprises. Il se prononce en faveur d'une réduction de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, dénonce la désindustrialisation, et défend l’énergie nucléaire, qu’il voit comme le seul moyen de lutter contre le réchauffement climatique et de fournir de l'électricité d’une façon pérenne. Il se prononce en faveur de renationalisations dans certains secteurs, mentionnant les autoroutes, l'énergie (EDF et Engie) ou une compagnie d'assurances comme Axa. Par ailleurs, il s’oppose à la proposition de La France insoumise pour une garantie d'emploi, qu'il considère comme une philosophie relevant de « l’époque soviétique », et à laquelle il préfère la vision d'une « sécurité sociale professionnelle ». 

Démocratie et institutions

Affirmant que « notre démocratie ne fonctionne plus », Fabien Roussel est favorable à une Sixième République. Il se prononce notamment pour la mise en place d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) qui pourrait porter sur tout sujet, appelant à ce « qu’on consulte les Français à chaque fois qu’ils le demandent ». 

Sécurité publique

À la tête du PCF, Fabien Roussel place la sécurité publique au rang de ses priorités, estimant qu'il s’agit d’un « droit fondamental » et il ne faut pas « laisser l'idée que la gauche serait laxiste sur ces questions là ». Pendant la campagne présidentielle de 2022, il fait des propositions qui le distinguent de la plupart des autres dirigeants de gauche et qui divisent le PCF. Il participe au rassemblement des syndicats policiers du 19 mai 2021 en expliquant qu'il ne faut pas laisser la thématique de la sécurité à l'extrême droite, ce qui conduit notamment la députée communiste Elsa Faucillon à dénoncer « une lourde erreur politique ». Dénonçant une insécurité « qui gangrène l’existence de tant de villes et quartiers populaires », il prône l’instauration d’« une police nationale de proximité », le recrutement de 30 000 fonctionnaires de police, une peine de trente ans d’emprisonnement pour l'assassinat de « tout détenteur d'une autorité », ainsi que des peines de prison fermes pour les auteurs de fraudes fiscales importantes. 

Sujets de société

Fabien Roussel ne soutient pas les réunions « non-mixtes » organisées par l'UNEF et déclare : « je pense que les réunions segmentées selon la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe, ça divise le combat ». 

Souveraineté et questions internationales

La présence dans les discours de Fabien Roussel de la thématique de la souveraineté nationale et d'un certain « patriotisme républicain » est relevée par Marianne, qui s'interroge sur un retour du « PC époque Marchais », faisant référence à la volonté affichée par Georges Marchais de construire un « socialisme aux couleurs de la France ». Roussel critique les traités européens sans pour autant proposer le retrait de la France de l'Union européenne. Considérant que « les États-Unis n'ont pas d'alliés et que leur objectif n'est que de servir leurs propres intérêts stratégiques à eux », il souhaite que la France quitte le commandement intégré de l'OTAN. Il propose également de sortir à terme de l'organisation et estime que cette voie serait un moyen de « montrer que la France a besoin de retrouver sa voix et son indépendance en matière de défense et de politique étrangère ».

Pour le centième anniversaire du Parti communiste chinois, en 2021, il accorde un entretien à l'agence de presse officielle Xinhua, dans lequel il se positionne en faveur du régime de Xi Jinping et qualifie notamment Zhou Enlai et Deng Xiaoping de « grands dirigeants ». Marianne relève cependant que ce communiqué, conçu par l'agence chinoise, présente des citations coupées et des phrases qui pourraient avoir été sélectionnées tandis que Challenges s'interroge sur une possible « naïveté » du PCF qui a laissé la rédaction du verbatim à l'agence de propagande après une prise de parole de Fabien Roussel dont son entourage assure qu'elle a été plus nuancée. Amené à revenir sur cet épisode, Fabien Roussel affirme que le compte rendu était biaisé et omettait notamment des passages où il aurait fait part de sa volonté de combattre les délocalisations et les privatisations comme celles d'aéroports ayant profité à des acheteurs chinois. 

Pandémie de Covid-19

Dans le cadre de la pandémie de Covid-19 en France, Fabien Roussel appelle à la gratuité des masques de protection via leur prise en charge par la branche maladie de la sécurité sociale, déposant une proposition de loi en ce sens. Affirmant avoir confiance dans « la médecine, les chercheurs, le progrès », il appelle à la vaccination obligatoire de la population « au nom de l'intérêt général ». Il s'oppose en revanche au passe sanitaire, qu'il juge « inapplicable », comme risquant de « fracturer un peu plus la France » et dont il condamne les dispositions vis-à-vis du monde du travail. Il souhaite lever les brevets sur les vaccins afin d'en faire des biens publics et de permettre leur production massive dans tous les pays. Il appelle par ailleurs à réquisitionner les outils de production nécessaires à l'approvisionnement médical de la France, ainsi qu'à réinvestir dans une recherche publique qu'il estime sous financée. 

Publication

  • Fabien Roussel, Ma France : heureuse, solidaire et digne, éditions du Cherche Midi, 2021, 240 p. (ISBN 978-2749169170).
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