Ekateríni Sakellaropoúlou, née le 30 mai 1956 à Thessalonique, est une juge et femme d'État grecque. D'abord présidente du Conseil d'État entre 2018 à 2020, elle est élue présidente de la République hellénique en 2020 et devient alors la première femme à occuper cette fonction.
Ekateríni Sakellaropoúlou est née à Thessalonique en 1956. Sa famille est originaire de Stavroúpoli, actuel dème de Pávlos Melás. Son père, Nikólaos Sakellaropoúlou, a été notamment vice-président de la Cour de cassation.
Elle étudie le droit constitutionnel à l'université nationale et capodistrienne d'Athènes et complète ses études supérieures en droit de l'environnement à l'université Panthéon-Assas, en France. Au milieu des années 1980, elle est admise au Conseil d'État grec et est promue au poste de conseillère en 2000. En octobre 2015, elle est nommée vice-présidente du Conseil d'État, puis, en octobre 2018, présidente de l'institution.
Elle acquiert une notoriété supplémentaire en devenant la première femme à accéder à la tête de la plus haute cour du pays. Sa sensibilité aux questions de liberté civile, d'écologie et des droits des minorités et des réfugiés, incite le gouvernement SYRIZA d'Aléxis Tsípras à soutenir sa candidature pour cette fonction. Sa nomination à la présidence du Conseil d'État grec est considérée par certains comme une volonté, de la part de ce gouvernement, de démontrer du respect pour cette institution. Elle publie régulièrement dans des revues académiques. Elle a également contribué à l'ouvrage Crise financière et protection de l'environnement dans la jurisprudence du Conseil d'État.
Alors que le mandat du président sortant Prokópis Pavlópoulos touche à sa fin, le Premier ministre conservateur Kyriákos Mitsotákis propose le nom d'Ekateríni Sakellaropoúlou pour sa succession. L'annonce est faite lors d'une allocution, quelques jours avant le scrutin présidentiel. Considérée comme une personnalité progressiste quoique indépendante, Ekateríni Sakellaropoúlou obtient rapidement l'appui de la Nouvelle Démocratie, dirigée par le Premier ministre, ainsi que de SYRIZA et du Mouvement pour le changement (KINAL). D'après le chef de l'opposition parlementaire Aléxis Tsípras, « [elle] a toujours vigoureusement servi la justice, la protection des droits individuels et la neutralité religieuse de l’État ». Selon lui, son élection « récompensera les valeurs progressistes qu’elle a défendues en tant que juge ». Seule candidate, elle obtient 261 suffrages lors du vote et devient alors la première femme élue à la présidence de la République. Sa victoire est considérée comme un événement majeur, alors que la société grecque demeure patriarcale et discriminante envers les femmes.
Elle prête serment le 13 mars 2020 devant le Parlement grec. Compte tenu des restrictions sanitaires imposées pour lutter contre la Covid-19, seules quelques personnalités assistent à sa cérémonie d'investiture. Après la mort de Constantin II, dernier roi des Hellènes, en janvier 2023, elle refuse d'assister aux funérailles de celui-ci.
Compagne de l'avocat Pávlos Kotsónis, elle est mère d'une fille née d'un précédent mariage.