Azzam Abdullah

Publié le par Roger Cousin

Azzam AbdullahAbdullah Yussuf Azzam, né en 1941 est mort le 24 novembre 1989 dans un village de Palestine, rejoignit les Frères Musulmans dès l'âge de 18 ans, et fit un doctorat à l'université Al-Azhar, au Caire, au début des années 70. C'est en Égypte qu'il se liera avec le cheikh Omar Abdel Rahman, qui deviendra le leader spirituel du mouvement islamiste radical, gamaa al-Islamiya (Egypte). En 1978, il partit enseigner à l'université de Djedda, en Arabie Saoudite, puis, au début des années 80, à l'Université islamique internationale d'Islamabad, au Pakistan, construite avec des fonds saoudiens.

En 1984, il atterrit à Peshawar pour créer le Maktab al-Khadamat (MAK), organisme, financé par les saoudiens, chargé de recruter et d'organiser, les volontaires musulmans venant du monde entier pour combattre les soviétiques en Afghanistan. Pour Milton Bearden, chef de l'antenne locale de la CIA, au Pakistan, entre 1986 et 1989, il y eut environ 25 000 volontaires musulmans étrangers qui vinrent pour le djihad afghan, dont la moitié ont combattu.

Selon Barett Rubin, directeur de recherche à l'university Colombia, Azzam a été engagé par la C.I.A pour unifier les factions rebelles en Afghanistan. Fréquemment, il se rendait aux États-Unis pour prêcher, en particulier à New York (mosquée Al Farooq) et Jerzey city (Mosquée Al-Salam), souvent en compagnie d'El Sayyid-Nosair (conspirateur dans l'attentat du World Trade Center de 1993).

Pour Azzam, le djihad était une obligation morale, pour tous les musulmans, le sixième pilier de l'islam. Dans son livre le plus connu, Défendre la terre des musulmans est le plus important devoir de chacun, il affirmait que le djihad afghan n'était qu'un début  :  "Ce devoir ne prendra pas fin avec la victoire de l'Afghanistan; le djihad restera une obligation individuelle jusqu'à ce que toutes les autres terres jadis musulmanes nous reviennent afin que l'islam règne de nouveau : nous attendent ainsi la Palestine, Boukhara, le Liban, le Tchad, l'Érythrée, la Somalie, les Philippines, la Birmanie, le Sud-Yémen, Tachkent et l'Andalousie".

Azzam sortait donc du cadre purement afghan, pour internationaliser le djihad et sera donc le père spirituel de Ben Laden et de l'organisation Al-Qaida. En plus du recrutement, Azzam s'efforçait aussi d'inculquer aux volontaires le goût du martyre, mettant en avant les récompenses promises et citant le seul hadith dans lequel le Prophète garantit au chahid, l'absolution de tous ses péchés, soixante et douze vierges et la permission d'emmener au Paradis soixante-dix membres de sa famille5. Ses livres, comme " Les Amants des Pucelles du Paradis" étaient énormément lus dans le monde musulman et narraient la geste des moudjahidin contre les soviétiques.

Un autre prédicateur musulman radical, le docteur Ayman Al-Zawahiri, chef du Jihad islamique égyptien, fait des prêches enflammés à Peshawar. Il rencontre Azzam et Ben Laden sur place, mais un lourd contentieux l'opposera au premier. C'est peut-être ce contentieux entre les deux hommes qui vaudra à Abdullah Azzam d'être tué dans un attentat à la voiture piégée, en novembre 1989, à Peshawar. On attribue souvent la responsabilité de cet assassinat à Ben Laden. Mais aucune preuve de sa responsabilité n'a pu être apportée.


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