Ben Laden Oussama

Publié le par Roger Cousin

Oussama Ben Laden, originaire du Yémen, né le 10 mars 1957 à Riyad est le chef et fondateur du réseau terroriste Al-Qaida. Il était depuis 2001, la personne la plus recherchée au monde. Il fut tué le 1er mai 2011 au Pakistan.

Oussama Ben LadenOussama Ben Laden

Oussama Ben Laden

Ben Laden est issu d'une riche famille d'Arabie saoudite, originaire du Yémen. Son père Mohammed était propriétaire d'une importante entreprise de bâtiments - travaux publics détentrice de nombreux contrats d'exclusivité avec le gouvernement saoudien. La proximité avec la famille royale participe à la fortune de l'entreprise. Peu à peu, l'entreprise se diversifie et devient un groupe aux nombreuses ramifications.

Oussama a 55 demi-frères et demi-sœurs (de plusieurs mères). Lui-même a eu une vingtaine d'enfants. Le jeune homme fait des études commerciales et techniques, dans le but de travailler dans l'entreprise familiale. Il entre dans le groupe au milieu des années 1970. Parallèlement, il se montre très pieux. Il étudie les textes principaux du wahhabisme. En 1979, il est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secret de l'Arabie Saoudite. À l'époque, l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS vient de commencer. Le recrutement de militants islamistes internationaux débute. Ce mouvement est soutenu notamment par l'Arabie Saoudite qui y voit une diffusion du wahhabisme, le Pakistan qui se verrait à terme à la tête d'une future internationale islamique et les États-Unis qui y voient un moyen de prêter main forte aux moudjahiddins d'Afghanistan en lutte contre l'envahisseur soviétique.

Le prince Turki lui demande d'organiser le départ des volontaires pour l'Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. Le jeune homme est enthousiaste. En effet, la cause est en accord avec sa vision de la foi ; d'autre part, ce combat contre les soviétiques est extrêmement populaire dans le monde entier, jusqu'en Occident. Enfin, il obéit ainsi aux désirs de la famille royale. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L'amateurisme règne. Ben Laden coordonne l'arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée Bureau des services. Il met en place une véritable organisation. Il assure la formation militaire et idéologique des combattants (camps d'entraînement, mosquées, écoles,...) ainsi que l'approvisionnement en armes avec l'aide des États-Unis (via la CIA) et du Pakistan. Peu à peu, il prend en charge les familles. Il s'occupe des veuves et de l'éducation religieuse des enfants. L'organisation devient alors une véritable fraternité et une nouvelle force politique dans un Afghanistan déjà morcelé.

C'est ainsi que le jeune homme timide prend de l'autorité. Il participe lui-même à quelques combats. Bientôt, son prestige devient immense parmi ses hommes. En 1989 son mentor et ami, le palestinien Abdallah Youcef Azzam, est assassiné. Ben Laden se retrouve alors à la tête de l'organisation. Elle est la base (al quaida) logistique du djihadisme international. Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki. Ses voyages en Arabie Saoudite sont nombreux. Cependant, la situation de l'organisation est complexe. Beaucoup de moudjahiddins se méfient de cette organisation d'étrangers fondamentalistes. Le commandant Massoud, notamment, refuse toute alliance. Ben Laden se rapproche alors de Gulbuddin Hekmatyar, un chef fondamentaliste local. Ce dernier est à la tête d'une force politique et le Pakistan voudrait le voir à la tête du pays après le départ des soviétiques.

En février 1989 les soviétiques annoncent leur retrait d'Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu'à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif et l'Arabie Saoudite stoppent le financement et le soutien logistique massif. Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est un héros. Il organise des conférences dans les mosquées, dans les écoles, à l'université sur son djihad contre l'armée soviétique. La rupture intervient avec la guerre du Golfe. Ben Laden propose au roi Fahd d'utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l'armée des États-Unis d'Amérique. Pour Ben Laden, le sol sacré de l'Arabie saoudite est souillé par les Infidèles.

Il se fait alors de plus en plus critique vis à vis de la famille royale. Il va jusqu'à accuser les princes de corruption. Pressé de quitter le pays, il se rend alors au Soudan. Avec le soutien des islamistes locaux, il s'installe dans le pays, y investit et fait quelques affaires. Il reste cependant en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il garde des relations avec la CIA. Lorsqu'il travallait avec la CIA, son nom de code aurait été "Tim Osman". Dès 1993 son groupe est responsable d'un attentat au Yémen contre les soldats américains en route pour l'opération Restore Hope en Somalie. La même année, un attentat touche le World Trade Center. Il fait 6 morts. Un groupe lié à Ben Laden est soupçonné. Cependant, l'enquête du FBI est freinée par la CIA.

Ben Laden profite en effet de la politique d'une partie de l'administration Clinton, soutenue par le lobby pétrolier. Celle-ci a plusieurs objectifs : le soutien à des régimes stables en Asie Centrale afin de permettre l'acheminement du pétrole, la lutte contre l'influence russe dans la région et une politique résolument engagée contre l'Iran chiite. Pour cela, il faut soutenir l'islamisme sunnite issu notamment du Pakistan et de l'Arabie Saoudite. C'est pourquoi Ben Laden n'est pas perçu uniquement comme une menace. Cependant, cette stratégie sera infléchie dans les derniers temps de la mandature de Bill Clinton. Mais il sera déjà trop tard.

En février 1996, Ben Laden lance un appel à s'attaquer aux intérêts américains partout dans le monde. Il devient dès lors un ennemi officiel des États-Unis. Les américains obtiennent son expulsion du Soudan. Celui-ci se réfugie alors en Afghanistan, passé sous contrôle des talibans depuis 1992. Les États-Unis épaulés par le Pakistan négocient avec le régime, mais les talibans soufflent le chaud et le froid. L'attentat du 11 septembre 2001 stoppera brutalement cette négociation.

Les États-Unis le tiennent pour responsable des attentats à la bombe dirigés contre les ambassades américaines de Nairobi (213 morts dont huit Américains) au Kenya et de Dar es Salaam (onze morts, tous Tanzaniens) en Tanzanie le 7 août 1998. Le gouvernement américain offre 25 millions de dollars pour toute information conduisant directement à sa capture, et une prime additionnelle de deux millions de dollars est offerte conjointement par la Airline Pilots Association et la Air Transport Association. À chaque agression, Ben Laden se réjouit des attentats, mais ne les revendique pas. À partir de ce moment, les États-Unis veulent officiellement Ben Laden mort ou vif.

En août 2001, le prince Turki est limogé par le régime saoudien. Il est considéré comme le principal commanditaire des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. La chaîne qatarie Al-Jazira a publié le 12 novembre 2002 un message sonore reconnu par les autorités des États-Unis comme provenant d'Oussama Ben Laden.

Celui-ci mettait en garde et menaçait plusieurs pays occidentaux de nouveaux attentats s'ils continuaient à soutenir « le gang des bouchers de la Maison blanche ». Après les attentats du 11 septembre 2001, le président des États-Unis George W. Bush déclenche une guerre en Afghanistan dans le but déclaré d'anéantir Al-Qaida. À ce jour, Ben Laden n'a toujours pas été retrouvé. Il semble cependant qu'il soit toujours vivant, si l'on en croit les enregistrements récents authentifiés par la CIA comme provenant de Ben Laden. Mais selon l'Institut Dalle Molle d'intelligence artificielle perceptive (IDIAP) de Lausanne au moins un des messages de Ben Laden authentifiés par la CIA (celui du 12 novembre 2002) serait un faux.

Il aurait des reins en mauvais état nécessitant des traitements et serait sous dialyse. D'après Éric Denece, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, les commandos français en Afghanistan ont eu, pendant la première quinzaine de septembre 2004, Oussama Ben Laden de visu dans leurs jumelles longue distance. Cependant, prévenues, les forces américaines leur auraient demandé de ne pas intervenir.

Une vidéo diffusée par la chaîne d'information en arabe Al-Jezira quatre jours avant les élections présidentielles aux États-Unis tendrait à montrer qu'Oussama Ben Laden est toujours en vie malgré les rumeurs persistantes de décès dans les montagnes à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan. Ce dernier renvoie dos à dos les deux candidats, et annonce de futurs attentats. Il affirme que contrairement à la thèse de dirigeants américains, son but n'est pas de lutter contre la liberté, auquel cas il se serait attaqué à des états nordiques. Il estime que les attaques contre le World Trade Center sont une mesure de rétorsion contre les « tueries » organisées par les militaires américains.

Le 27 décembre 2004, la chaîne de télévision Al-Jezira a diffusé un enregistrement audio, attribué à Oussama Ben Laden, désignant le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui comme son adjoint en Irak et appelant à un boycott des élections prévues le 30 janvier 2005.

Le 19 janvier 2006, après un an de silence, Al-Jezira diffuse un nouvel enregistrement audio où Oussama Ben Laden annonce la préparation de nouvelles opérations terroristes et propose une « trêve » en échange d'un retrait des troupes américaines en Irak et Afghanistan : « Nous n'avons pas d'objection à vous offrir une trêve (« hudna ») de longue durée dans des conditions justes que nous respecterons, parce que nous sommes une nation à laquelle Dieu interdit la traîtrise et le mensonge ». Une trêve aussitôt refusée par la Maison Blanche. L'absence d'images alimente de nouvelles spéculations selon lesquelles Oussama Ben Laden serait malade ou blessé et peut-être même mort.

Pour arriver à ses fins, Ben Laden a besoin de se trouver des personnes influençables prêtes à se sacrifier. Il utilise notamment pour cela le ressort religieux. Par ailleurs le choix de cibles particulièrement spectaculaires montre tant un sens de la préparation tactique que de l'utilisation des médias. Parmi les positions politiques de Ben Laden se retrouve la lutte contre ce qu'il considère comme l'impérialisme américain. Ce fut l'une des raisons principales de son rejet par la famille royale d'Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré :

« Le peuple comprend maintenant les discours des oulémas dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie américaine. Il agit avec détermination pour chasser les Américains d’Arabie Saoudite. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. »

L'importance de la liberté pour Ben Laden
Ben Laden, Novembre 2004, vidéo diffusée sur Al-Jazeerah

Introduction :

« Avant de commencer, je vous dis que la sécurité est un pilier indispensable de la vie humaine, et que les hommes libres ne compromettent pas leur sécurité, contrairement à la falsification de Georges Bush, qui dit que nous détestons la liberté. Si c'était le cas, qu'il explique pourquoi nous ne frappons pas, par exemple, la Suède?»

Le refus de l'oppression

« Non, nous combattons parce que nous sommes des hommes libres, qui ne peuvent dormir sous l'oppression. Nous voulons restaurer la liberté de notre nation »

Les raisons du 11 septembre selon Ben Laden

La Palestine et le Liban

« Je vous le dis, Allah sait que ça ne nous étaient pas venu à l'esprit de frapper les tours. Mais après qu'il fut devenu insupportable de voir l'oppression et la tyranie de la coalition americano-israëlienne contre notre peuple de Palestine et du Liban, j'ai alors eu cette idée. Les évènements qui m'ont affectés de manière directe ont commencé en 1982, lorsque l'Amérique a permis aux israéliens d'envahir le Liban et que la sixième division aérienne américaine les a aidés. Ce bombardement a commencé et a fait de nombreux morts et blessés, ainsi que des personnes terrorisées et réfugiées. Je ne pourrais pas oublier ces scènes, le sang, les membres déchiquetés, des femmes et des enfants gisant partout. Les maisons détruites ainsi que leurs occupants, des amoncellements de gravats sur leurs corps, des bombes qui pleuvaient sur nos maisons sans pitié. »

« Cette situation était comme un crocodile rencontrant un enfant sans défense. Est-ce que le crocodile peut comprendre une conversation qui n'incluerait pas une arme ? Et le monde entier a vu, et entendu, mais il n'a pas répondu. »

Le rejet de la tyrannie et l'oppression

« Dans ces moments difficiles, de nombreuses idées difficiles à décrire me sont venues à l'esprit, mais à la fin, elles me procuraient une sensation intense de rejet de la tyrannie, et faisait naître en moi la résolution de punir les oppresseurs. »

Le 11 septembre

« Avec ces images en têtes, les évènements du 11 Septembre sont venues comme une réponses à ces terribles erreurs. Comment un homme pourrait-il être blamé pour défendre sa maison ? Se défendre, et punir l'agresseur est-il du terrorisme ? »

La déformation de son message (selon Ben Laden)

« Même si nous somme dans la quatrième année aprés les évènements du 11 septembre, Bush continue la déformation, et vous cache les causes réelles [des évènements du 11 septembre] »

« C'était le message que je cherchais à vous faire comprendre en fait et gests, de façon répétée, et ce, bien avant le 11 septembre. Et vous pouvez lire tout cela, si vous le souhaitez, dans mon interview avec Scott, dans le Time Magazine, en 1996, ou avec Peter Arnett, sur CNN, en 1997, ou lors de ma rencontre avec John Weiner, en 1998. [...] Et vous pouvez lire mon interview avec Abdul Bari Atwan, et encore mes interviews avec Robert Fisk. »

Le 1er Mai 2011 Oussama Ben Laden est tué lors d'une opération militaire non loin de Islamabad, Pakistan. Une opération militaire au sol a été ordonnée par le président Barack Obama. Le corps de Ben Laden a été récupéré par les forces spéciales. Le président Barack Obama a commenté la mort du terroriste lors d'une allocution le soir même de la mort d'Oussama Ben Laden. L'annonce a provoqué plusieurs manifestations patriotiques spontanés à travers les États-Unis, notamment un à Lafayette Park au coeur de Washington.

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