Beugniez Louis Emile
Né dans une famille ouvrière, Louis Beugniez accomplit ses études primaires à l'école publique de Noyelles-Godault, puis entre à l'école primaire supérieure d'Hénin-Liétard, où il a pour
condisciple son compatriote Maurice Thorez. Il est employé aux mines de Dourges à partir de 1922 et jusqu'en 1935. Il se marie en 1928 et aura trois enfants. Dès 1927, il milite dans les rangs de
la Jeunesse ouvrière chrétienne. En 1929, il devient un de ses dirigeants dans le Pas-de-Calais. Syndicaliste chrétien, il devient, en 1935 secrétaire permanent du syndicat CFTC des employés des
houillères. La même année il est élu maire de Noyelles-Godault. Mobilisé en 1939, il est affecté au 8e génie, et devient chef du centre de transmissions à l'état major de la zone d'opérations
aériennes nord.
Démobilisé, il est démis de ses fonctions municipales par le régime de Vichy. En 1943, avec Jules Catoire, il fonde un réseau de résistance d'inspiration chrétienne. En novembre 1944, il devient
secrétaire général de la Fédération MRP du Pas-de-Calais. Devenu journaliste, il est rédacteur du journal Nord-Eclair de Lille. Réélu en avril 1947 maire de Noyelles-Godault, il est porté à la
vice-présidence de l'Association des maires du Pas-de-Calais.
Au scrutin du 21 octobre 1945, il figure en deuxième position sur la liste MRP, derrière Jules Catoire, dans la 2e circonscription du Pas-de-Calais. Pour huit sièges à pourvoir, il y a trois
listes en présence présentées par les trois grands partis de la Libération, le PCF, la SFIO et le MRP. Sur 420 819 inscrits et 361 413 suffrages exprimés, la SFIO arrive en tête avec 137 506 voix
et emporte trois sièges, les communistes, avec 120 540 voix, ont également trois sièges ; les deux derniers vont au MRP qui regroupe 103 367 voix. Une fois son élection validée, Louis Beugniez
est nommé membre de la Commission du travail et de la sécurité sociale et de la Commission de l'équipement national et de la production. Il est également désigné pour représenter la Commission du
travail à la Commission supérieure des comités d'entreprise. Représentatif de la génération démocrate-chrétienne de la Libération, il se consacre aux questions sociales, présentant notamment
plusieurs rapports au nom de la Commission du travail et de la sécurité sociale.
Pour les élections du 2 juin 1946, à la seconde Assemblée nationale Constituante, le MRP présente la même liste. Mais, aux partis du tripartisme viennent s'ajouter une liste de droite, de l'Union
des républicains du nord et du Pas-de-Calais, et une liste du Rassemblement des gauches républicaines. Elles ne changent toutefois pas réellement le rapport des forces. Sur 420 828 inscrits et
371 411 suffrages exprimés, le PCF arrive en tête avec 122 122 suffrages et trois élus, la SFIO, avec Guy Mollet, a 120 571 suffrages et trois élus, le MRP avec 93 401, fait réélire Jules Catoire
et Louis Beugniez. Ce dernier retrouve la Commission du travail et de la sécurité sociale. Les travaux sur les maladies professionnelles et les accidents du travail occupent entièrement son
activité parlementaire. Présentant une proposition de loi sur ces sujets, le 4 octobre 1946, il précise ses convictions en ces termes : " J'ai pris soin que le nouveau texte réalise vraiment une
révolution dans la loi. Il ne faut pas toujours dire qu'on est révolutionnaire, mais je pense que, quelquefois, il faut faire cette révolution dans nos textes ".
Aux élections législatives du 10 novembre 1946, dans la même deuxième circonscription du Pas-de-Calais, sur 425 735 inscrits et 369 892 suffrages exprimés, le MRP perd plus de 20 000 voix, en ne
rassemblant que 70 948 voix, alors que le PCF progresse avec 131 605 voix et que la SFIO décline mais obtient 105 619 voix. L'apparition d'une Union gaulliste, qui s'allie à l'Union des
républicains, et atteint 61 730 voix, explique l'affaiblissement du MRP. L'attribution d'un siège supplémentaire à pourvoir permet cependant au PCF et à la SFIO de conserver chacun trois sièges,
au MRP deux sièges et à l'Union gaulliste d'emporter le neuvième siège.
Dans la nouvelle Assemblée, Louis Beugniez sera membre de plusieurs commissions : celles du travail et de la sécurité sociale, mais aussi celle du règlement et du suffrage universel et celle de
la production industrielle. Le 29 janvier 1948, il est élu président de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Il la représente, en outre, au sein de la Commission supérieure des
comités d'entreprise. Le 24 février 1951, il est nommé membre de la Sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises industrielles nationalisées et des sociétés
d'économie mixte. Au cours de cette législature, il manifeste une importante activité législative ; il présente douze propositions de loi en matière sociale et plusieurs rapports au nom de la
Commission du travail et de la sécurité sociale. Ses interventions sont multiples et concernent tout particulièrement la situation sociale des mineurs, pour lesquels il demande, le 19 décembre
1950, une compensation interprofessionnelle en matière de prestations familiales : "Les enfants des mineurs comme ceux des cheminots, des agents d'Electricité et Gaz de France, des travailleurs
indépendants sont au même titre que les enfants des fonctionnaires et des assurés sociaux du commerce et de l'industrie, des petits Français, il n'y a pas deux sortes d'enfants".
Le 17 juin 1951, Louis Beugniez figure toujours en deuxième position sur la liste du MRP qui s'est apparentée avec la SFIO et l'UDSR. Mais, sur 434 566 inscrits et 380 284 suffrages exprimés, les
trois listes apparentées n'obtiennent que 41,2 % des voix. Sur les neuf sièges à pourvoir, le PCF en obtient quatre avec 138 376 suffrages, soit 36,4 % du total, la SFIO en a trois avec 97 021
suffrages, soit 25,5 % ; le Rassemblement du peuple français, un, avec 63 546 voix, soit 16,7 % et le MRP un également avec 48 139 voix, soit 12,7 % Louis Beugniez n'est donc pas réélu. Il
demeure maire de Noyelles-Godault. A nouveau deuxième de liste derrière Jules Catoire, il ne sera pas non plus réélu le 2 janvier 1956 pour les dernières élections législatives de la IVème
République.