Bétolaud Robert Georges
Robert Bétolaud est né dans une famille d'avocats parisiens. Il accomplit ses études à l'Ecole Fénelon, puis à la faculté de droit de Paris. Licencié en droit, il devient avocat à la Cour d'appel
jusqu'à la guerre de 1939. Il se marie avec Antoinette de Cagny, dont il aura deux enfants. Mobilisé en septembre 1939 comme officier, il commande une batterie au 71ème régiment d'artillerie et
fait la campagne de Belgique et de Dunkerque. Il aura la Croix de guerre de 1939-1945. Démobilisé, il reprend sa profession, et il est notamment le défenseur de Paul Reynaud. Entré dans la
Résistance, il est, en 1944, chef du 1er Bureau de l'Etat-major FFI de la région parisienne, avant de devenir membre du comité parisien de Libération. A ce titre, il est médaillé de la
Résistance.
Robert Bétolaud devient, en mai 1945, conseiller municipal de Paris. Syndic de cette assemblée en juin 1946, il conserve cette fonction jusqu'en octobre 1947. Aux élections à la seconde Assemblée
nationale Constituante, le Parti républicain de la liberté, animé par Michel Clémenceau, le présente en deuxième position sur sa liste, derrière l'avocat Joseph Denais, dans le deuxième secteur
de la Seine. Pour dix sièges à pourvoir, sept listes s'opposent. Avec 119 350 suffrages, le Parti républicain arrive en tête et emporte trois sièges, suivi dans l'ordre, par le MRP, avec 107 796
suffrages, le PCF, avec 98 866 suffrages, et la SFIO, avec 75 139 suffrages, qui ont chacun deux élus, le dernier siège allant au Rassemblement des gauches républicaines avec 43 568
suffrages.
Secrétaire du groupe parlementaire PRL à l'Assemblée constituante, et membre de la Commission de la Constitution, il s'affirme comme un des principaux porte-parole du PRL dans le débat
constitutionnel de l'été 1946. Le 18 juillet, il dépose une proposition de loi qui résume les positions de son parti, critiques à l'égard du tripartisme. Le 20 août, il intervient pour demander
le renforcement des pouvoirs du Sénat, et du rôle du président de la République, un droit de dissolution renforcé, l'institution du référendum et la restriction de l'initiative parlementaire en
matière de dépenses. Les travaux de la Commission de la Constitution, souligne-t-il, ont été "dominés par deux sortes de préoccupations, d'abord sauvegarder la coalition gouvernementale, ce qui
est une erreur, car toute coalition gouvernementale est éphémère et je voudrais que la Constitution de la République durât plus longtemps que le tripartisme. Puis, il y a eu un sentiment de
crainte de résurrection du Sénat (...), crainte aussi, il faut bien le dire, de donner au président de la République des pouvoirs dont il pourrait user". Le 18 septembre, il défend, contre Pierre
Cot, l'œuvre française dans les colonies, le 24 septembre, il condamne, au nom de son groupe, le projet constitutionnel et critique la "capitulation du MRP".
Aux élections législatives du 10 novembre 1946, le PRL subit un recul dans la deuxième circonscription de la Seine, avec 94 741 suffrages sur 459 292 votants, il n'a que deux élus, Joseph Denais
et Robert Bétolaud. Le MRP, avec 109 407 suffrages, le PCF avec 105 120 suffrages, ont respectivement trois élus. La SFIO, avec 49 956 suffrages, et le Rassemblement des gauches républicaines,
avec 52 496 suffrages, emportant les deux derniers sièges.
Une fois son élection validée, le 29 novembre, Robert Bétolaud déploie une extrême activité parlementaire. Il sera membre de plusieurs commissions, des territoires d'outremer, des finances, des
affaires étrangères, de la réforme administrative, et du suffrage universel, du règlement et des pétitions. Il dépose 14 propositions de loi et de résolution ayant trait principalement aux
questions économiques et financières. Dans ses interventions, il défend avec intransigeance les positions du PRL. Sa position critique vis-à-vis des institutions de la IVe République ne varie pas
et le 23 juillet 1947, il dépose une proposition de loi destinée à faire approuver la loi électorale par voie de référendum. La même année, il sera envoyé à la conférence de la Havane comme
délégué de la France.
Le 12 septembre 1948, le Président du Conseil, Henri Queuille, confie à Robert Bétolaud le ministère des anciens combattants et des victimes de guerre. II conservera ce portefeuille jusqu'au 13
octobre 1949. Redevenu député, ses préoccupations le portent de plus en plus vers les questions d'outremer. Ainsi, le 22 novembre 1950, il condamne la politique conduite en Indochine et demande
les pleins pouvoirs pour le gouvernement comme en temps de guerre. En avril 1951, il est rapporteur de la Commission du suffrage universel sur le projet de loi électoral relatif au renouvellement
de l'Assemblée nationale.
Aux élections législatives du 17 juin 1951, dans la deuxième circonscription de la Seine, la présence d'une liste du Rassemblement du peuple français, qui, sur 425 224 votants, regroupe 100 985
voix et a trois élus, entraîne un affaiblissement de la tendance de Robert Bétolaud. La liste d'Union des indépendants, des paysans et républicains nationaux sur laquelle il se présente n'obtient
que 41 913 voix et un seul élu, Joseph Denais. Robert Bétolaud reprend sa profession d'avocat. Président de la Croix Rouge du 8e arrondissement de Paris, il sera fait commandeur de la Légion
d'honneur.