Daniélou Madeleine

Publié le par Roger Cousin

Daniélou Madeleine Madeleine Daniélou (née Madeleine Clamorgan) le 16 novembre 1880 à Mayenne, morte le 13 octobre 1956 à Neuilly-sur-Seine est la fondatrice d'un groupe d'écoles privées pour les jeunes filles : les collèges Sainte-Marie et les écoles Charles-Péguy. Tout en étant elle-même laïque, elle a également fondé une société de vie apostolique féminine : la communauté Saint-François-Xavier. Reçue première à l'agrégation de lettres en 1903, elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur la philosophie de l'éducation. Elle est inhumée au nouveau cimetière de Neuilly-sur-Seine dans le caveau de la communauté Saint-François-Xavier. Elle nait le 16 novembre 1880, à Mayenne. Elle est la descendante d'une très vieille famille de la noblesse normande.

De 1892 à 1894, elle séjourne au Tonkin où son père, le colonel Clamorgan est en poste et où, devenu général, il mourra en 1904. De 1895 à 1898, elle suit des études à Brest. À partir de 1898, elle effectue au collège Sévigné une préparation au Certificat d'aptitude à l'enseignement secondaire qu'elle obtient en 1902, puis préparation à l'agrégation, section littéraire, où elle est reçue première en 1903. Elle épouse à Paris le 27 juillet 1904, Charles Daniélou (1878-1953), poète et homme politique, dont elle a six enfants :

  • Jean Daniélou, théologien et cardinal (1905-1974) ;
  • Alain Daniélou, indianiste et musicologue (1907-1980) ;
  • Catherine Daniélou (1909-1992), épouse de l'avocat Georges Izard et mère du producteur de télévision Christophe Izard ;
  • François Daniélou (1912-1957), père de la photographe Sophie Bassouls et de Caroline Daniélou-Thierry ;
  • Louis Daniélou (1912-1942), Français libre durant la Seconde Guerre mondiale, tué au-dessus de Gibraltar au cours d'une mission confiée par le général de Gaulle ;
  • Marie Daniélou épouse Hainglaise (1917-1975), membre de l'équipe de France de ski à l'époque d’Émile Allais.


Elle enseigna au collège Sévigné de 1904 à 1905. Fervente catholique, conseillée par le père jésuite Léonce de Grandmaison, elle fonde en 1911 une communauté apostolique de femmes consacrées, la communauté Saint-François-Xavier, dont la spiritualité est d'inspiration ignatienne, communauté qui « assure la continuité et la cohérence de l'œuvre entreprise: continuité dans le temps, à travers la diversité des personnes qui se succèdent dans les tâches d'éducation; cohérence dans les objectifs et les fins visés, à travers les adaptations nécessaires et les novations fécondes de toute œuvre vivante »2. En 1913 naît, à l'instigation de Madeleine Daniélou, le « collège Sainte-Marie de Neuilly » qui est le premier lycée de France où les jeunes filles passent un baccalauréat classique.

« Il faudrait fonder des collèges où les valeurs chrétiennes et les valeurs intellectuelles fussent unies », disait Madeleine Daniélou. Dès 1907, était créée à Paris une école normale libre à laquelle s'adjoignit très vite le collège Sainte-Marie de Neuilly, ouvert en 1913. Ensuite, plusieurs collèges « Sainte-Marie » s'ouvrent à Paris, puis dans toute la France et en Afrique et aussi les écoles Charles-Péguy : en 1936 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et en 1941 à Paris XIe, le collège agricole de Boissay à Fougères-sur-Bièvre (Loir-et-Cher) en 1946, l’école Charles-Péguy de Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 1949, Sainte-Marie de Blois en 1953, Sainte-Marie de Passy en 1938, transféré en 1970 à Rueil-Malmaison sous le nom de Centre Madeleine-Daniélou, Sainte-Marie des Invalides (1952-1980), le lycée Sainte-Marie des Cocody à Abidjan (Côte d’Ivoire) en 1962, l’école Charles-Péguy de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) en 1968, le collège Mô Fant à Dapaong, Togo en 1970.

Dès le début, les collèges Sainte-Marie accueillent les enfants à la fois en primaire et secondaire. Sainte-Marie de Neuilly-sur-Seine fut même mixte en primaire dès son ouverture. Le programme d’enseignement de ce premier collège s’inspira du programme des lycées de garçons alors différent de celui des lycées de filles. « Discerner la ligne de l’élan créateur dans un être et la suivre... Discerner aussi la conduite de Dieu sur lui et la seconder, telle est, » disait Madeleine Daniélou, « la mission de l’éducateur. »

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