Faye Léon

Publié le par Roger Cousin

Léon Faye, né le 10 juin 1899 à Vergt et mort le 30 janvier 1945 à Sonnenburg, est un officier français du XXe siècle, qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, fut l’un des fondateurs et dirigeants du réseau de renseignements Alliance. Il en fut le chef militaire de mai 1942 à septembre 1943. Son principal pseudo était « Aigle ». 1899. Naissance le 10 juin à Vergt, en Dordogne. Son père est gendarme. Il a un frère et cinq sœurs. Enfance. Inscrit aux Enfants de Troupe, il se prépare à la carrière des armes à l’école de Billom. 1916. Le jour de ses dix-sept ans, il s’engage comme canonnier de seconde classe.

1918. À la veille de la victoire, âgé de 19 ans et demi, il est sous-lieutenant, titulaire de 31 mois de combat. 1922. En octobre, il est promu lieutenant. Il passe une année au Corps d’occupation français de Constantinople. 1923. Le 21 octobre, il est affecté aux troupes d’occupation du Maroc, où il reste jusqu'en septembre 1933. 1925. Il est détaché dans l'aviation, le 28 février. Brevet d’observateur d’artillerie en mars. 1926. Chevalier de la légion d’honneur, à Noël. 1930-1934. Il commande les 3e et 6e escadrilles du 37e régiment d’aviation. 1937. Il est admis à l’École supérieure de guerre aérienne. 1939. Il est promu commandant le 21 janvier. Il sort major de sa promotion et breveté d’état-major, en juillet. 1940. Il commande le groupe de reconnaissance GR I/52, à partir de mi mars, jusqu'à l’armistice de juin. Durant cette période, il réchappe à l’incendie de son Bloch 174, le 7 mai. En septembre, il est affecté à l’état-major du commandement de l’Air en Algérie.

1941. Le 22 mai, alors qu’il participe à une réunion clandestine à Alger avec six autres comploteurs, la police de Vichy intervient et les arrête tous. Le 15 octobre, il est jugé à Clermont-Ferrand pour "atteinte à la sûreté de l’état en temps de guerre". Les témoignages favorables du général Vuillemin et du colonel Carayon lui permettent d’obtenir les circonstances atténuantes, et il est finalement condamné à cinq mois de prison. Il est donc libéré le 18 octobre. Mais placé d’office en congé définitif du personnel navigant, il rejoint le réseau de renseignements dont Marie-Madeleine Méric a pris la direction depuis l’arrestation de Georges Loustaunau-Lacau (qui a été condamné à deux ans). Il en devient le chef militaire et lui trouve le nom d’Alliance.

1942. Première mission à Londres (Lysander : 23/24 août ; 25/26 septembre)1. Il organise et fait exécuter le transfert du général Giraud vers Gibraltar, par sous-marin britannique, au large du Lavandou, dans la nuit du 5 au 6 novembre. Il est arrêté par le service de radiogoniométrie allemand, à Marseille, le 7 novembre. Il s’évade de Vals-les-Bains le 23 novembre. 1943. Deuxième mission à Londres (Lysander : 14/15 janvier ; 20/21 mars) : il y règle avec l’Intelligence Service les détails de l’administration du réseau ; il se rend à Alger, où il est reçu par le général Giraud, à qui il demande la militarisation du réseau ; il est reçu par le général de Gaulle, qui l’encourage : « Faye, vous êtes un grand Français ». Il est arrêté par la police de Vichy, à Lyon, le 18 mai. Évadé le même jour, il est condamné à dix ans de travaux forcés par contumace. Troisième mission à Londres (Lysander : 15/16 août ; 15/16 septembre). 1943 . Le 16 septembre, de retour de sa troisième mission à Londres, accompagné de Ferdinand Rodriguez, il est déposé par Lysander à 45 km de Paris.

Dans le premier train du matin qu’il prend avec ses camarades à Nanteuil-le-Haudouin pour rejoindre Paris, les agents du SD allemand interviennent brusquement en gare d’ Aulnay-sous-Bois et arrêtent tout le monde. Quelques jours plus tard, une lettre du général Giraud (du 21 septembre) parvient à Londres, notifiant la militarisation complète du réseau Alliance, sous la direction du commandant Faye. Détenus 84, avenue Foch, Léon Faye et deux codétenus du SOE (John Starr « Bob » et Noor Inayat Khan « Madeleine ») entreprennent une évasion dans la nuit du 24 au 25 novembre, mais ils échouent. Léon Faye et Noor Inayat Khan refusent de signer un engagement à ne pas chercher à s’évader à nouveau. Léon Faye est déporté en Allemagne. Il est d’abord maintenu dans une cellule-caveau pendant huit mois, à Bruchsal.

1944. Son procès a lieu du 26 au 28 juin ; il est jugé par le tribunal militaire de Fribourg-en-Brisgau, transporté à la forteresse de Bruchsal, qui le condamne à mort le 28 juin. En utilisant du papier et un crayon qu’on lui a remis pour qu’il prépare sa défense, il relate ses souvenirs et ses témoignages, qu’on retrouvera après la guerre, notamment une lettre ouverte à « Ses amis de l’Alliance », dans laquelle il mentionne en langage codé que son véritable testament est caché derrière la grille du radiateur de sa cellule. Sur ordre de Himmler, il est gardé comme otage de choix, en vue d’une compensation possible en cas de défaite. Il est transféré à Schwäbisch Hall le 6 septembre. 1945. Il est transféré à Sonnenburg le 3 janvier. Il y est l’une des victimes du massacre perpétré par les Allemands le 30 janvier, à l’approche des troupes soviétiques.


Publié dans Résistants

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