Fourvel Eugène Gilbert
Eugène Fourvel naît le 9 février 1906 à Vertaizon dans une famille de journaliers et de petits exploitants ruraux de tradition républicaine. A 12 ans, muni de son certificat d'études, il devient
aide-basculeur dans une sucrerie. En 1928, au retour du service militaire il s'installe comme fermier du domaine du Pileyre. Cette même année voit son entrée au Parti communiste et la fondation
de la cellule de Vertaizon. En 1936, il siège au comité fédéral du Puy-de-Dôme et en 1937, il se présente sans succès aux élections cantonales. Son militantisme s'exerce dans le syndicalisme
agricole où il défend les intérêts des métayers et des fermiers. Dans la même intention il préside la section du Puy-de-Dôme des preneurs de baux ruraux. Son action lui vaudra la médaille du
Mérite agricole.
Après la défaite de 1940, démobilisé, il revient à Vertaizon et assure, sous le pseudonyme de "Fernand", les fonctions de dirigeant clandestin du Parti communiste du département. A la Libération,
il préside le Comité de Libération de Vertaizon et est membre du comité départemental. Elu conseiller municipal de Vertaizon en 1945, il devient pendant deux ans permanent du parti et responsable
de la page agricole de la Voix du Peuple. Il échoue les 21 octobre 1945 et 2 juin 1946 aux élections pour les Assemblées nationales Constituantes car il n'occupe respectivement que la cinquième
puis la quatrième place sur la liste présentée par le Parti communiste dans le Puy-de-Dôme. A nouveau candidat aux élections législatives du 10 novembre 1946, toujours en quatrième position, il
tente également sans succès de devenir conseiller de la République aux élections de décembre 1946 sur la liste du Parti communiste. Il décide alors d'abandonner momentanément ses responsabilités
militantes pour reprendre son exploitation du Pileyre.
Aux élections législatives de 1951 la seconde place lui est réservée derrière le député sortant. La multiplication des listes en compétition, le succès du RPF et le recul de la SFIO permettent au
Parti communiste pourtant en recul (il passe de 22,1 % à 20,9 % des voix) d'obtenir un élu supplémentaire.
A l'Assemblée nationale, Eugène Fourvel est membre de la Commission de l'agriculture pendant toute la durée de la législature et siège en 1955 à la Commission de la reconstruction et des dommages
de guerre. Il s'intéresse essentiellement à la défense de sa région et des ruraux, demandant le versement d'urgence de secours aux sinistrés des calamités de 1951, une école régionale
d'agriculture à Marmillat et l'aménagement des zones marécageuses de la Limagne. L'épidémie de fièvre aphteuse lui fournit l'occasion de rappeler les difficultés des métayers en fin de bail,
tenus d'indemniser immédiatement leur bailleur pour le cheptel perdu. Il attire l'attention sur les contraintes et l'inefficacité du remembrement ainsi que sur la situation des femmes
d'exploitants agricoles défavorisées pour les prestations sociales par rapport aux femmes de salariés. En 1953, l'action des bouilleurs de cru protestant contre l'institution d'un droit de
licence est soutenue par le député du Puy-de-Dôme qui dénonce la répression gouvernementale
Avec son groupe, le député du puy-de-Dôme s'oppose aux lois Barangé et Marie, en faveur de l'enseignement privé (21 septembre 1951), vote contre la Communauté européenne du charbon et de l'acier
- CECA - (13 décembre 1951) et la Communauté européenne de défense - C.E.D. - (30 août 1954). Enfin à la suite du rejet de la C.E.D. il s'oppose aux Accords de Londres qui mettent fin à
l'occupation de l'Allemagne (12 octobre 1954) et à ceux de Paris qui autorisent le réarmement de la République fédérale. et son entrée dans l'OTAN (29 décembre 1954).
Eugène Fourvel se représente, toujours en seconde position sur la liste communiste, aux élections législatives du 2 janvier 1956. Avec 21,3 % des suffrages exprimés le Parti communiste conserve
ses deux élus. A l'Assemblée nationale le député du Puy-de-Dôme retrouve la Commission de l'agriculture et siège par ailleurs à celle de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement.
Il consacre toujours l'essentiel de son activité parlementaire à l'agriculture et à la défense des intérêts des fermiers et métayers. A ce titre, il dépose de nombreuses propositions de loi ou de
résolution et est fréquemment nommé rapporteur par la Commission de l'agriculture.
Avec son groupe, Eugène Fourvel vote l'investiture à Guy Mollet (31 janvier 1956) et accorde au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956). Il vote contre la ratification des
traités instituant la C.E.E. et l'E.U.R.A.T.O.M. (9 juillet 1958) et contre le projet de loi relatif aux institutions de l'Algérie présenté par Félix Gaillard (31 décembre 1957). Enfin il
s'oppose au retour du Général de Gaulle auquel il refuse la confiance (1er juin 1958) ainsi que les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin 1958). Sous la Vème République, aux
élections de novembre 1962, Eugène Fourvel est réélu député dans la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme.