La Dépêche du Midi

Publié le par Roger Cousin

La Dépêche du Midi est un quotidien régional français diffusé dans la région Midi-Pyrénées (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne), ainsi que dans les départements de l'Aude et de Lot-et-Garonne à environ 191 000 exemplaires en 2009, pour 17 éditions quotidiennes différentes. 

Évelyne-Jean Baylet, au centre, lors de l'élection d'Alain Savary à la présidence du Conseil Régional Midi-Pyrénées, le 7 janvier 1974

Évelyne-Jean Baylet, au centre, lors de l'élection d'Alain Savary à la présidence du Conseil Régional Midi-Pyrénées, le 7 janvier 1974

Il est historiquement lié au radicalisme en Midi-Pyrénées. Jean-Baptiste Chaumeil, député radical-socialiste du Tarn-et-Garonne de 1906 à 1910 et maire de Valence-d'Agen de 1904 à 1930, acheta des actions de la société La Dépêche et Le Petit Toulousain en 1925. Son neveu Jean Baylet, né en 1904, y entra la même année et en fut directeur administratif en 1927, puis rédacteur en chef, et la dirigea du 22 novembre 1947 (créant entre-temps le quotidien La Démocratie le 8 octobre 1945) au 29 mai 1959, puis se fut son épouse Evelyne(-Jean-)Baylet, née Evelyne Isaac, (Jean-Claude Malet directeur des sablières Malet, était également son petit-fils) jusqu'en 1995, Jean-Michel Baylet (également propriétaire de l'hebdomadaire Le Républicain) son fils lui succédant jusqu'à aujourd'hui. Marie-France Marchand-Baylet, épouse de Jean-Michel, est l'actuelle présidente du comité financier du groupe et directrice du pôle magazines. Jean-Nicolas Baylet est l'actuel directeur général délégué du groupe La Dépêche.

Le quotidien appartient ainsi au groupe La Dépêche, dont le PDG est Jean-Michel Baylet en 2011. Il emploie environ 1 000 personnes dont 200 journalistes professionnels et quelque 2 000 correspondants locaux. Le premier numéro de La Dépêche de Toulouse paraît le 2 octobre 1870, à l'initiative d'ouvriers de l'imprimerie Sirven à Toulouse. Sa vocation au départ était de publier des dépêches de guerre pour donner des nouvelles du front aux femmes de soldats. Après la guerre, le titre survit et se développe en élargissant son domaine d'information. Il atteint 15 000 exemplaires 9 ans plus tard. Deux cousins ariégeois le rachètent en 1882 et ont l'idée de lancer une édition pour chaque département de la région.

Suite à une tentative d'acquisition par Maurice de Rothschild, Jean-Baptiste Chaumeil, entrepreneur en travaux publics et maire radical de Valence-d'Agen, entre dans le capital du groupe. Son neveu, Jean Baylet, lui succèdera à la tête du titre. L'ancien siège de la Dépêche, rue Alsace-Lorraine, architecte Léon Jaussely, 1925. La période de l'entre-deux guerres sera pour La Dépêche un "âge d'or", tant pour sa diffusion que pour le prestige et la qualité de sa rédaction qui lui confèrent une influence nationale. En 1887, Jean Jaurès, déjà engagé politiquement, y fait ses premières armes de journaliste. Le titre de presse accueillera également un autre journaliste politicien : Georges Clemenceau, avant qu'il ne rejoigne L’Aurore. Un moment antidreyfusard, le journal finit par se rallier à la cause en faveur de la révision du procès.

De par ses origines et ses plumes, La Dépêche ne cache pas son engagement dans une gauche radical socialiste. Aussi au début du XXe siècle, des évêques considéreront comme un "péché grave" la lecture de ce titre. Maurice Sarraut, sénateur radical de l'Aude (1869-1943), prend les rênes du journal, en devenant son directeur administratif (1909) puis le propriétaire (1932). Elle connut ses heures noires pendant l'occupation. Le quotidien serait passé sous le contrôle de collaborationnistes, selon certaine thèse. Maurice Sarraut, qui a perdu toute influence sur le journal, est assassiné par la Milice en décembre 1943. Son frère, Albert Sarraut est déporté peu après. Le journal continue à paraître, pour éviter aux employés de partir au STO.

Interdit de publication à la libération (1944), le titre ressort en 1947 sous le nom de La Dépêche du Midi. Dans sa lignée radicale, il soutient naturellement le cabinet de Pierre Mendès France, s'oppose au référendum constitutionnel de 1958, soutient François Mitterrand à la présidentielle de 1965. Entre 1959 et 1971, l'ancien chef de la police de Vichy René Bousquet, responsable notamment de la rafle du Vel'd'Hiv', fait partie du conseil d'administration du journal. Il animera même la rédaction aux côtés de la veuve de Jean Baylet.

Publié dans Journaux et Médias

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