Lawrence David Herbert

Publié le par Roger Cousin

Lawrence David HerbertDavid Herbert Lawrence, plus connu comme D. H. Lawrence, (né le 11 septembre 1885 à Eastwood au Royaume-Uni - mort le 2 mars 1930 à Vence en France) est un écrivain britannique, auteur de nouvelles, romans, poèmes, pièces de théâtre, essais, livres de voyage, traductions et lettres. Son roman Amants et Fils raconte l'enfance troublée de Paul Morel, entre un père mineur alcoolique et une mère mal mariée, avide de voir ses fils se promouvoir socialement, ainsi que ses difficultés sentimentales au cours de ses premières amours résultant de son attachement affectif extrême à cette mère.

Ses œuvres sont une réflexion sur les effets déshumanisants de la modernité et de l'industrialisation, ce à quoi il se réfère en parlant de « monde mécanique » par opposition à un monde « organique » ou « phallique » où la « tendresse », c'est-à-dire une sexualité dépourvue de culpabilité, peut apporter un remède. Lawrence confronte des considérations relatives à la force des émotions et à la force vitale, à la spontanéité, à la sexualité et aux comportements instinctifs faisant de lui une icône dans une période influencée par Freud et Nietzsche.

Ayant passé plusieurs années au Mexique et au Nouveau-Mexique, Lawrence a aussi été très impressionné par les religions ancestrales des Indiens, et a ainsi cherché à explorer les possibilités de régénération de l'homme blanc par un retour au « sacré primitif ». Il se fait ainsi l'un des représentants modernistes fortement influencés par l'œuvre ethnographique de James George Frazer. Les opinions de Lawrence sur la démocratie, la sexualité, les femmes, la virilité, les races, etc., lui attirèrent beaucoup d'ennemis déjà de son vivant, une persécution officielle, la censure et une mauvaise perception de son œuvre créative durant la seconde partie de sa vie, qu'il passa volontairement en exil se décrivant lui-même comme un « pèlerin sauvage ». L'influent T. S. Eliot participa dans une grande mesure à répandre l'idée que Lawrence était un écrivain « sans moralité » (dans After Strange Gods). À sa mort, sa réputation de pornographe a masqué son véritable talent. À la suite d'Aldous Huxley, Edward Morgan Forster, dans une nécrologie, a contesté cette perception, le décrivant comme « le plus imaginatif des romanciers de notre génération ». La réhabilitation de l'écrivain a débuté dans les années 1950, notamment grâce au critique influent de Cambridge F. R. Leavis, qui a mis en avant son intégrité artistique et son sérieux moral, situant la plupart des œuvres de fiction de Lawrence dans la « grande tradition » du roman anglais.

Ayant senti le lien profond existant entre esthétique, sexualité et idéologie, D. H. Lawrence est aujourd'hui considéré comme un penseur visionnaire et un représentant significatif du modernisme britannique, bien que quelques féministes aient mis en cause certains propos sur les femmes et la sexualité que recèlent ses œuvres (Kate Millett, Sexual Politics, Virago, 1970). L'un de leurs principaux arguments repose sur le « phallocentrisme » de Lawrence qui, pour être réel, n'en est pas moins incompris et mésinterprété[non neutre]. En prônant un respect mystique à l'égard de ce qu'il nomme le « phallus », Lawrence se rapporte davantage aux cultes dionysiaques phalliques des Grecs Antiques ou au lingam de l'hindouisme qu'à un phallocratisme idéologique tel qu'on pouvait le comprendre après le discours féministe des années 1970.

Juste après la guerre, en 1919, Lawrence a quitté l'Angleterre et commença son exil. Il alla en Australie, en Italie, à Ceylan, aux États-Unis, au Mexique et dans le Sud de la France, où il mourut de la tuberculose. La premiere étape de son voyage fut l'Italie, avec d'abord, la région des Abruzzes, suivie de Capri et Taormina en Sicile. De la Sicile, il fit des excursions en Sardaigne, à Malte, dans le nord de l'Italie, en Autriche et dans le sud de l'Allemagne. Lawrence écriras de tous ces endroits. Pendant cette période il écrivit Femmes amoureuses, La Fille Perdue, La Verge d'Aaron, Mr Noon, La Poupée du capitaine, La Coccinelle, et Le Renard. Lawrence est reconnu comme un des meilleurs auteurs de récits de voyage. En 1921, il a écrit Sardaigne et Méditerranée, un récit du mode de vie des Méditerranéens.

Selon les éditions Sillage :

  • en 1922, « répondant à l’invitation de Mabel Dodge, riche américaine qui a pris connaissance des œuvres de Lawrence et souhaite le voir écrire sur le Nouveau-Mexique, le couple s’embarque pour les États-Unis, en passant par le Pacifique. Ils font escale à Ceylan, en Australie – d’où Lawrence tirera la matière de ses romans Kangaroo (Kangourou, 1923) et The Boy in the Bush (« Jack dans la brousse », 1924) – ainsi qu’en Nouvelle-Zélande et à Tahiti. En septembre, ils débarquent sur le continent américain, où ils demeureront jusqu’en 1925.
  • 1923 : En mai, le couple quitte la demeure de Mabel Dodge et part s’installer au Mexique, près de Guadalajara, où l’auteur entame la rédaction de The Plumed Serpent (« Le Serpent à plumes ») et s’intéresse à la civilisation indienne. À l’automne, Lawrence et Frieda, qui ont regagné l’Europe, visitent Paris et Baden-Baden.
  • 1924 : Les Lawrence repartent pour New York début mars en compagnie d’une jeune anglaise, Dorothy Brett.
  • 1925 : St Mawr (« L’Étalon »). Lawrence, apprenant qu’il est condamné par la tuberculose, regagne l’Europe à l’automne. Le couple mène dès lors une vie errante, en Angleterre, Allemagne, France, Espagne, Suisse et surtout Italie.
  • 1926 : The Plumed Serpent. Dernier séjour en Angleterre. À Florence, les Lawrence se lient d’amitié avec Aldous Huxley et son épouse.
  • 1927 : Malgré son état de santé, Lawrence entame la rédaction de Lady Chatterley’s Lover (« L’Amant de Lady Chatterley »), qu’il publiera l’année suivante à Florence. Le livre fait scandale et est saisi par les autorités britanniques et américaines – il faudra attendre 1960 pour que paraisse dans ces pays une version non expurgée du texte.
  • 1929 : Parution – et confiscation – de son recueil de poèmes Pansies (« Pensées »). Une exposition de ses peintures provoque un scandale à Londres, et ses tableaux sont saisis par la police.
  • 1930 : A Propos of Lady Chatterley’s Lover (« Défense de Lady Chatterley »). Lawrence s’éteint le 2 mars, à Vence, où il séjournait en compagnie de son épouse et des Huxley »


Publié dans Ecrivains

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