Thierry de Martel

Publié le par Mémoires de Guerre

Le comte Thierry de Martel, né le 7 mars 1875 à Maxéville (Meurthe-et-Moselle) et mort le 14 juin 1940 dans le 16e arrondissement de Paris, est un médecin, chirurgien, pionnier de la neurochirurgie française.

Thierry de Martel
Thierry de Martel

Parcours

Fils du comte Roger de Martel de Janville et de son épouse, née Sibylle de Mirabeau, romancière connue sous le nom de Gyp, Thierry de Martel est élevé dans un milieu nationaliste, patriote et antidreyfusard. André Maurois, célèbre écrivain juif réfugié aux États-Unis, écrit cependant à l'annonce de sa mort : « Avec lui nous perdons un ami incomparable ». Sportif de haut niveau, il joue au rugby et devient avec son frère, A. Martel de Janville, champion de France en 1896 avec l'Olympique.

  • 1898 - 1903 : externe des hôpitaux de Paris.
  • 1903 - 1905 : interne des hôpitaux de Paris. Il s'oriente vers la neurologie. Élève de Achille Souques.
  • 1907 - 1911 : chef de clinique à la Salpêtrière.
  • En 1909, Babinski et Martel publièrent le premier cas français d'ablation d'une tumeur du cerveau réalisée avec succès.
  • 1911 : Chirurgien à l'institut neuro-chirurgical et à l'hôpital de la glacière.

Pendant la Première Guerre mondiale, il sert comme médecin militaire ; il est blessé et cité à plusieurs reprises. Il perd son fils, sans doute par suicide, celui-ci ayant été traumatisé par les combats. Martel fait le serment de ne plus jamais adresser la parole à un Allemand. Militant de l'Action française, il rejoint Le Faisceau de Georges Valois et en devient le président de la corporation des médecins, mais il s'en éloigne dès 1926. Il adhère au Parti social français et devient le premier président de sa filiale sociale, Travail et loisirs, dont il démissionne en juillet 1937 pour des raisons professionnelles, assurant le colonel François de La Rocque de son attachement mais faisant savoir au duc Joseph Pozzo di Borgo qu'il se faisait « l'effet d'un enfant de Marie attardé au milieu d'autres enfants de Marie, sans initiative ».

Le professeur de Martel développe la neurochirurgie en France avec son collègue Clovis Vincent (1879-1947). Chirurgien réputé à Paris durant les années 1920-1930, on lui doit de très nombreux travaux spécialisés qui ont contribué à faire de la neurochirurgie une branche autonome de la chirurgie. Il porte un grand intérêt à l'amélioration des techniques opératoires dans cette spécialité naissante et invente notamment un instrument permettant une trépanation sûre et à bords nets, le trépan à débrayage automatique de Martel. Entretenant de fructueuses relations avec ses collègues neurologues, il collabore notamment avec Joseph Babinski (1857-1932). Son ami l'ambassadeur américain William C. Bullitt lui confie la direction de l'Hôpital américain de Paris dont il était chirurgien en chef.

Décès

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent à Paris. Désespéré, Martel se suicide le jour même en absorbant de la strychnine. Bullit recevra le billet suivant : « Je vous ai promis de ne pas quitter Paris. Ne vous ai pas dit si j'y resterai mort ou vivant. ……. Adieu. Martel. » Ce geste ne fut pas isolé dans la capitale. Membre de la Société de chirurgie de Paris et de la Société de neurologie. Il repose auprès de sa mère au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine. 

Publié dans Scientifiques

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