Röder Franz-Josef

Publié le par Roger Cousin

Röder Franz-Josef Franz-Josef Röder, né le 22 juillet 1909 à Merzig et mort le 26 juin 1979 à Sarrebruck, était un homme politique allemand membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU). Élu député au Landtag de Sarre en 1955, il assure la représentation du Land lors de son adhésion à l'Allemagne de l'Ouest en 1957. Cette même année, il est nommé ministre régional de l'Éducation, puis se voit investi deux ans plus tard ministre-président de Sarre, à la tête d'une grande coalition, qui cède la place à une coalition noire-jaune dès 1960.

La CDU gouvernera ensuite seule de 1970 à 1977, avant le retour des libéraux au gouvernement. Tout au long de ses nombreuses années au pouvoir, il a assuré le début de la reconversion économique d'un Land majoritairement minier et industriel, notamment en mettant l'accent sur les infrastructures. Il a mené à l'abolition de l'école confessionnelle et mis en place une importante réforme administrative territoriale. En outre, il a joué un rôle de premier plan dans l'Ostpolitik menée par Willy Brandt au cours des années 1970.

Il décède au pouvoir, établissant le record de longévité à la présidence du gouvernement sarrois, et est remplacé par Werner Zeyer, député fédéral dont il avait fait son successeur à la veille de sa mort. Il a suivi des études supérieures de langues romanes et géographie à Fribourg-en-Brisgau, Innsbruck et Münster, et obtenu un doctorat dans ces matières avant d'entrer dans le corps enseignant. Il intègre la Fédération des professeurs nationaux-socialistes (NSLB) en 1934, et devient trois ans plus tard professeur à l'Office allemand d'échanges universitaire (DAAD). Après la Seconde Guerre mondiale, il travaille jusqu'en 1948 comme interprète pour une compagnie de chemins de fer puis retrouve un emploi d'enseignant. Il termine sa carrière en tant que directeur d'études d'un établissement d'enseignement secondaire de Dillingen. Il était marié à Magdalene Spieß, née en 1917 et décédée en 2005.

Il adhère au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) en 1933, puis rejoint, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU). En 1959, il est porté à la présidence de la CDU de Sarre et conservera ce poste pendant quatorze ans. Élu député au Landtag du protectorat de Sarre en 1955, il y siégera jusqu'à sa mort. En 1957, il fait brièvement partie du Bundestag en tant que délégué du Land de Sarre, qui vient de rejoindre la RFA. Il abandonne ce mandat dès la fin de la législature. Le 4 juin 1957, il est nommé ministre régional de l'Éducation, de l'Enseignement et de la Formation dans le gouvernement unissant la CDU, le SPD et le FDP/DPS dirigé par Egon Reinert. Il se voit reconduit le 26 février 1959 dans la nouvelle grande coalition de Reinert.

Franz-Josef Röder est investi ministre-président de Sarre le 30 avril 1959, une semaine après le décès de Reinert dans un accident de la circulation. Il termine alors son mandat à la tête de l'alliance avec les sociaux-démocrates, et remporte les élections de 1960 avec 36 % des voix et 19 députés sur 50. Il forme alors une coalition noire-jaune avec le Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS), disposant de 26 sièges. L'alliance, renforcée d'un siège grâce à la forte progression de la CDU, qui compense le mauvais score du FDP/DPS, se maintient après les élections de 1965. En 1970, les chrétiens-démocrates décrochent la majorité absolue au Landtag avec 27 sièges, tandis que les libéraux disparaissent de l'assemblée. De nouveau candidat en 1975, il obtient 25 élus, soit exactement la moitié des sièges à pourvoir. Il gouverne en minorité pendant deux ans avant de reformer une coalition noire-jaune dotée de 28 députés. C'est d'ailleurs au cours de cette législature que la Constitution régionale sera révisée, pour augmenter à 51 le nombre de parlementaires et ainsi éviter la répétition d'un tel scénario.

Au cours de ses vingt années de pouvoir, il a engagé la reconversion économique du Land, dépendant des houillères alors frappées par la crise du charbon. Cela s'est traduit par la fermeture ou la diversification des activités d'un bon nombre de mines. Sa politique économique faisait en outre une place de choix aux infrastructures, tel le canal de Sarre-Palatinat, et a assuré la modernisation de l'industrie lourde. Dans le domaine de la politique éducative et culturelle, son action, et celle de son successeur au ministère de l'Éducation, Werner Scherer, est marquée par l'abandon progressif du modèle de l'école confessionnelle. Son gouvernement a en outre mis en œuvre la plus importante réforme administrative territoriale au 1er janvier 1974, qui s'est traduite par la suppression de la centaine de municipalités existantes au profit de cinquante-deux nouvelles, répartis dans cinq nouveaux arrondissements, ainsi que par l'instauration de la communauté urbaine de Sarrebruck.

Bien qu'il ne soit que ministre-président, il a joué un rôle d'importance dans l'Ostpolitik de Willy Brandt en faisant basculer la majorité au Bundesrat en faveur de la ratification des « traités orientaux ». Il a également participé à la médiation entre Bonn et Varsovie. En sa qualité de chef de gouvernement régional, il a occupé par deux fois la présidence du Bundesrat, au cours de la période s'étendant du 1er novembre 1959 au 30 octobre 1960, étant le premier Sarrois à détenir cette charge, et celle s'étendant du 1er novembre 1969 au 30 octobre 1970. Le 25 juin 1979, il annonce qu'il ne se représentera pas pour un sixième mandat aux élections de 1980 et qu'il désigne le député fédéral Werner Zeyer comme candidat à sa succession. Son décès étant survenu le lendemain, cette annonce est apparue comme un héritage, et Zeyer a été investi ministre-président le 5 juillet.

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