Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED)

Publié le par Mémoires de Guerre

Le Parti socialiste unifié d’Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) était un parti politique de la République démocratique allemande (RDA) d'obédience communiste. Il était le membre-dirigeant du Front national de la République démocratique allemande, coalition des partis autorisés par le régime est-allemand. En tant que seul grand parti autorisé, il joua en Allemagne de l'Est le rôle d'un parti unique, possédant le monopole de l'action politique au sein de ce pays. 

Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED)

En avril 1946, les Soviétiques obligent les membres du Parti social-démocrate (SPD) et du Parti communiste (KPD) en activité dans leur zone d'occupation à fusionner au sein d'un seul et unique parti marxiste-léniniste (dans les zones occidentales d'occupation, les instances de ces mêmes partis en activité n'étaient donc pas concernées par cette fusion) : le SED est alors fondé, son organisation étant calquée sur celle du Parti communiste de l'Union soviétique, la propagande montre cette fusion comme une fusion volontaire. Le communiste Wilhelm Pieck et le social-démocrate Otto Grotewohl en furent conjointement les premiers dirigeants.

Malgré une épuration assez poussée, notamment dans l'administration, l'historien Jan Foitzik affirme qu'en 1954, le parti aurait compté 27 % d'anciens militants du Parti nazi. Cela peut s'expliquer par le fait qu'ils soient tous deux des partis de masse (8,5 millions d'adhérents au NSDAP en 1945 ; 2,3 millions pour le SED en 1989). Par ailleurs, les anciens adhérents du Parti nazi qui n'avaient pas été impliqués dans la politique de répression du régime, se sont plutôt retrouvés dans la petite formation nationale-démocratique du Parti national-démocrate d'Allemagne (NDPD). De 1963 à 1976, le SED intègre dans ses statuts les Dix commandements de la morale socialiste, rédigés par Walter Ulbricht.

Le SED forme également la principale organisation du Front national de la République démocratique allemande (anciennement Bloc antifasciste puis Front national de l'Allemagne démocratique), entité regroupant tous les partis politiques et organisations de masse du pays. Le SED perd progressivement le pouvoir en RDA entre la chute du mur de Berlin en novembre 1989 et les élections législatives de mars 1990 qui donnent la victoire à la CDU. La prédominance du SED sur les autres partis, inscrite dans la Constitution de 1968, est caduque à partir du 1er décembre 1989 (le 3 décembre suivant, l’ensemble du Comité central démissionne).

Après la disparition de la RDA, le SED est renommé Parti du socialisme démocratique (PDS) en 1990, et entame une nouvelle ère sous l'impulsion de l'avocat Gregor Gysi, poursuivant ses activités après la réunification allemande en se positionnant à gauche du SPD. Les communistes « orthodoxes » refusant cette évolution réformatrice reconstituent pour leur part un nouveau KPD, auquel adhère notamment l'ancien dirigeant de la RDA, Erich Honecker : cette formation n'obtient que 0,1 % des voix lors des premières et dernières élections libres est-allemandes, et demeure ensuite groupusculaire. Lors des élections fédérales allemandes de 2005, le PDS forme une alliance avec l’Alternative électorale travail et justice sociale (WASG) d'Oskar Lafontaine, originaire d’Allemagne de l'Ouest, et prend alors le nom Linkspartei (« le Parti de la gauche »). Il fusionne avec la WASG en 2007 pour former le nouveau parti Die Linke (« La Gauche »). 

Dirigeants

Le premier secrétaire (1953-1976) ou secrétaire général (1950-1953 et 1976-1989) du comité central du SED était le véritable détenteur du pouvoir en RDA :

  • 21 avril 1946 : premier congrès du SED. Wilhelm Pieck et Otto Grotewohl assurent en commun la présidence du parti.
  • 24 juillet 1950 : Walter Ulbricht prend la tête du SED. À la mort de Wilhelm Pieck, la présidence de la République que ce dernier occupait jusqu'ici est transformée en un organe collégial, le Conseil d’État, dont Ulbricht devient le premier président.
  • 3 mai 1971 : Erich Honecker remplace Ulbricht à la tête du parti.
  • 18 octobre 1989 : Honecker est démis de ses fonctions par le Comité central du parti, il est remplacé par Egon Krenz.
  • 3 décembre 1989 : Egon Krenz perd son poste, le parti est dissous.
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