Traité de l'Élysée
Le traité d'amitié franco-allemand, dit traité de l'Élysée, est
un traité bilatéral entre la République fédérale d'Allemagne et la République française signé au palais de l'Élysée le 22 janvier 1963 par le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Le traité de l'Élysée fixe les objectifs d'une coopération accrue entre l'Allemagne et la France
dans les domaines des relations internationales, de la défense et de l’éducation. Sur le plan politique, il établit un programme pour l'organisation de sommets militaires ou
inter-gouvernementaux, afin de soutenir une coopération dans de nombreux domaines, au nombre desquels les Affaires Étrangères et la Défense.
Ce traité entérine la relation de confiance et d'amitié qui s'est instaurée entre les anciens « ennemis héréditaires », à peine dix ans après le début de la réconciliation, amorcée par la
déclaration Schuman de 1950 et jalonnée par la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (1951) et de la Communauté économique européenne (1957). Elle enterre ainsi
définitivement une période sombre qui aura coûté la vie à beaucoup de soldats français et allemands (guerre franco-allemande de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale). Ce
traité reprend les principales dispositions du Plan Fouchet de 1961 qui avait échoué mais en les limitant à deux pays.
Un point particulier repose sur le rapprochement des peuples des deux pays. Il était important pour les deux signataires que ce ne soit pas un traité décidé par les chefs d'États, mais que les
citoyens se rapprochent les uns des autres. Les jeunesses allemande et française sont particulièrement visées sur le long terme, l'accent étant mis sur l'apprentissage des langues ainsi que sur
l'équivalence des diplômes. La fondation de l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ, ou Deutsch-Französisches Jugendwerk (DFJW) en allemand), de lycées franco-allemands, les échanges
internationaux entre les deux pays sont des conséquences directes du traité. Depuis, beaucoup de villes, d'écoles, de régions françaises et allemandes se sont jumelées.
Le lien personnel entre les deux hommes d'État a joué un rôle décisif dans la formation de l'amitié franco-allemande. La première rencontre s'est faite au domicile privé de Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne) en septembre 1958. Depuis, les bonnes relations
entretenues par le Chancelier fédéral allemand Adenauer et le président de la République française de Gaulle
ont été le moteur d'une coopération bilatérale. Plus tard, le rapprochement des deux pays est devenu un exemple pour la création d'une Europe unie. À l'occasion des célébrations des quarante ans
de la signature du traité, en janvier 2003, des formes nouvelles de coordination bilatérale entre la France et l'Allemagne ont été créées (par exemple le Conseil des ministres franco-allemands se
réunissant à un rythme bi-annuel, remplaçant les sommets franco-allemands qui avaient été institués par le traité).
Pour le cinquantième anniversaire du traité, plusieurs rencontres entre les institutions françaises et allemandes ont lieu. Un conseil des ministres binational présidé par François Hollande,
président de la République française, et Angela Merkel, chancelière de la République fédérale d’Allemagne, se tient au Bundestag le 22 janvier 2013, suite auquel s'est tenue une déclaration
fixant un certain nombre de grands axes politiques de leur action commune. À cette occasion, une conférence de presse conjointe des deux dirigeants a lieu, et une déclaration, dite « déclaration
de Berlin », est présentée.