Gaudin Jean-Claude

Publié le par Mémoires de Guerre

Jean-Claude Gaudin, né le 8 octobre 1939 à Marseille, est un homme politique français. Implanté dans les Bouches-du-Rhône, il est président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) de 1986 à 1998, maire de Marseille de 1995 à 2020 et président de la métropole d'Aix-Marseille-Provence entre 2015 et 2018. Il est député de 1978 à 1989, sénateur entre 1989 et 2017 et à plusieurs reprises vice-président du Sénat. De 1995 à 1997, il est ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration dans le second gouvernement Juppé. Sur le plan partisan, il appartient à plusieurs partis de centre droit, notamment l’UDF, dont il préside un temps le groupe à l'Assemblée nationale. Dans les années 1980, il conclut une alliance avec le Front national pour prendre la présidence de la région PACA. Par la suite, il est vice-président de l'UMP et président du groupe UMP au Sénat. 

Gaudin Jean-Claude

Origines familiales et vie privée

Jean-Claude Gaudin naît le 8 octobre 1939 à Marseille. Son père est un artisan-maçon, membre du MRP, parti d'inspiration démocrate-chrétienne créé en 1944 ; sa mère travaille dans les corderies. Jean-Claude Gaudin est resté célibataire et n'a pas d'enfant.

Carrière professionnelle

Après des études supérieures d'histoire-géographie, il enseigne ces disciplines pendant plus de 15 ans au collège et lycée Saint-Joseph-les-Maristes à Marseille. 

Parcours politique

Débuts

En 1965, il est élu du Centre national des indépendants et paysans sur la liste socialo-centriste menée par Gaston Defferre, contre la liste gaulliste UNR. Il est alors le benjamin du conseil municipal de Marseille. Réélu en 1971, Jean-Claude Gaudin est conseiller municipal délégué à la police administrative et à la protection civile et préside la commission extra-municipale de l'urbanisme. Jean-Claude Gaudin adhère, en 1973, aux Républicains indépendants et participe, l'année suivante, à la campagne présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing. Aux élections cantonales de 1982, il enlève au premier tour le 12e canton de Marseille, avec 72,8 % des suffrages exprimés. 

Député

Candidat UDF en 1978 dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, il bat le député sortant, le socialiste Charles-Émile Loo, avec 53,7 % des suffrages exprimés. Jean-Claude Gaudin est réélu député en 1981, 1986 et 1988. Il préside le groupe UDF à l'Assemblée nationale de 1981 à 1989, date de son élection comme sénateur. Au début de la première cohabitation en 1986, Jacques Chirac propose à Jean-Claude Gaudin de devenir ministre chargé des Relations avec le Parlement. Gaudin décline, faisant partie des responsables politiques de la nouvelle majorité ayant préféré conserver leur siège de député afin de demeurer en contact étroit avec leur circonscription, dans l'hypothèse, largement répandue alors, selon laquelle la cohabitation ne durerait pas. 

Président de la région PACA

En 1986, Jean-Claude Gaudin conduit dans les Bouches-du-Rhône les listes UDF aux législatives et aux régionales. À l’issue du scrutin régional, la droite obtient 47 sièges, la gauche 45 et le Front national 25 sièges. Le 21 mars 1986, avec l’appui du parti d’extrême droite, il devient président du premier conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur élu au suffrage universel direct. La gauche perd ainsi la tête du conseil régional, qu'elle détenait depuis sa création, en 1974. Jean-Claude Gaudin considérant que la priorité est de battre la gauche, il dirige le conseil régional avec le Front national, qui se voit attribuer trois vice-présidences et la présidence de quatre commissions. Au cours de son premier mandat à la tête du conseil régional, une dizaine de conseillers FN sont débauchés par la droite, ce qui renforce sa majorité. En 1986-1987, Jean-Claude Gaudin est proche de la rédaction de Minute, alors dirigée par Patrick Buisson. En 1988, après la dissolution de l'Assemblée nationale, Jean-Claude Gaudin passe dans les Bouches-du-Rhône des accords de désistement réciproques — négociés par Patrick Buisson — avec le Front national. En 1991, les partis de droite condamnent officiellement toute alliance avec le FN, qu’elle soit nationale ou locale. 

Considérant que sa décision de s’allier localement avec l’extrême droite en 1986 est responsable de son échec aux élections municipales de 1989 à Marseille, Jean-Claude Gaudin ira même jusqu'à soutenir, au second tour des élections législatives de 1993, le communiste Guy Hermier face au candidat du Front national. À la tête de la région, il conduit notamment une politique de construction et de réhabilitation des lycées de la région. Le renouvellement du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1992 provoque une élection particulièrement médiatisée : Jean-Claude Gaudin affronte Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen. Il est réélu président du conseil régional le 27 mars 1992 sans avoir besoin des suffrages du Front national. À l’issue des élections régionales de 1998, la droite obtient le même nombre d’élus que le Front national. Alors que plusieurs conseillers de droite menés par Christian Estrosi se montrent favorable à une nouvelle alliance entre la droite et le FN pour empêcher l'élection de Michel Vauzelle à la présidence du conseil régional, la tentative de rapprochement entre les deux camps échoue sous la pression d’élus comme François Léotard. Jean-Claude Gaudin se tient en retrait et quitte la tête de la région le 23 mars 1998. 

Sénateur

En septembre 1989, il est élu sénateur dans le département des Bouches-du-Rhône. En septembre 1995, les sénateurs Républicains et Indépendants l'élisent président de leur groupe au Sénat. Le 21 septembre 2008, il est réélu sénateur dans les Bouches-du-Rhône à la tête d'une liste renouvelée, rajeunie et féminisée qui conserve ses trois sièges. Le 7 octobre suivant, il est élu pour la 4e fois vice-président du Sénat, fonction à laquelle il renonce le 8 mars 2011, à la suite de son élection à la présidence du groupe UMP du Sénat, en remplacement de Gérard Longuet, devenu ministre. Il est reconduit dans cette fonction, le 27 septembre 2011, à l'issue du renouvellement triennal par moitié de la Haute-Assemblée qui voit la droite perdre la majorité au Sénat. 

Il vote contre la loi ouvrant le mariage aux homosexuels en 2013, mais soutient l’année suivante l'organisation de l'Europride à Marseille et critique les réactions homophobes qui ponctuent sa décision. En septembre 2014, il est réélu au Sénat. Le 7 octobre, il devient 1er vice-président de la Haute Assemblée. En septembre 2015, il décline la proposition du président du Sénat, Gérard Larcher, de siéger au Conseil constitutionnel, préférant continuer à se consacrer à Marseille et à la mise en place de la métropole d'Aix-Marseille-Provence. En raison de l'interdiction du cumul des mandats, il démissionne de son mandat de sénateur le 22 septembre 2017. Il est cité dans une affaire de détournement de fonds publics au sein du groupe UMP au Sénat. 

Ministre

Le 7 novembre 1995, Jean-Claude Gaudin devient ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration. Par la loi du 14 novembre 1996 relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville, il crée les zones urbaines sensibles (ZUS), formalisant juridiquement la notion de « quartiers en difficulté ». En juin 1997, avec la dissolution de l'Assemblée nationale, il cesse ses fonctions ministérielles. 

Cadre de l’UMP

Après avoir participé à la fondation de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP, rebaptisée « Union pour un mouvement populaire »), il en devient le vice-président lors du congrès qui a lieu la même année et est l'un des premiers dirigeants de la majorité à soutenir Nicolas Sarkozy dans la course à l'élection présidentielle de 2007, ce dès 2004. Du 16 juillet 2004 au 28 novembre 2004, Jean-Claude Gaudin préside l'UMP à la suite de la démission d'Alain Juppé, inculpé dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Tout en demeurant membre de l'équipe dirigeante de l'UMP, Jean-Claude Gaudin devient, le 24 janvier 2009, à la demande du président de la République, président du Comité de liaison de la majorité présidentielle. 

Ce comité regroupe l'ensemble des formations politiques qui concourent à la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. À l'occasion du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, il soutient la candidature de Jean-François Copé. En janvier 2013, dans le cadre de la direction « partagée » mise en place à la suite de l'accord entre Jean-François Copé et François Fillon, il devient à nouveau vice-président de l'UMP avec cinq autres personnalités du parti, en plus du vice-président délégué Luc Chatel. Il soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire française de la droite et du centre de 2016. Il parraine Laurent Wauquiez pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel est élu le président du parti. 

Gaudin Jean-Claude

Maire de Marseille

Aux élections municipales de 1983 à Marseille, il conduit la liste de l'opposition contre Gaston Defferre, alors ministre de l'Intérieur. Il est battu par Gaston Defferre, bien que celui-ci obtienne 2 497 voix de moins que lui. En tant que ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre venait de modifier le mode de scrutin dans les villes de Paris, Lyon et Marseille : l'élection se fait dans chaque arrondissement pour les deux premières villes, et Marseille bénéficiait d'un découpage en secteurs adapté au maire sortant. Ce découpage a été modifié après sa mort. Jean-Claude Gaudin se présente une nouvelle fois à la mairie de Marseille en 1989, mais il échoue face à Robert Vigouroux. En 1995, Jean-Claude Gaudin devient maire de Marseille après avoir conduit une liste d'union UDF-RPR. Le responsable départemental du RPR, Renaud Muselier, devient premier adjoint au maire. 

Jean-Claude Gaudin retrouve son poste de sénateur après les élections de 1998, après avoir quitté le gouvernement, et prend la charge de vice-président du Sénat, le 6 octobre. Il quitte alors l'UDF pour devenir vice-président de Démocratie libérale, le parti d'Alain Madelin. Le 15 septembre 2000, il devient président de la nouvelle communauté urbaine Marseille Provence Métropole, qui compte 18 communes et 980 000 habitants. En 2001, il est réélu maire de Marseille. Il préside l'Association des communautés urbaines de France de 2002 à 2003. La liste qu'il conduit l'emporte pour la troisième fois consécutive, en 2008, en arrivant, avec 50,42 % des voix au second tour, devant le socialiste Jean-Noël Guérini (47,75 %) et le Front national (1,83 %) ; la droite perd le premier secteur de la ville (où Patrick Mennucci bat Jean Roatta) et la majorité de Jean-Claude Gaudin se trouve ainsi réduite à 51 sièges au lieu de 61. Le 17 avril suivant, Renaud Muselier est battu par le socialiste Eugène Caselli lors de l'élection à la présidence de la Communauté urbaine ; étant le maire de la ville-centre, Jean-Claude Gaudin en devient vice-président à partir du 31 mai 2008.

En novembre 2013, Jean-Claude Gaudin annonce sa candidature aux élections municipales de 2014. Il fait valoir son bilan, soulignant que Marseille compte 13 % de chômeurs, contre 21 % en 1995, que 6 000 logements sont construits chaque année contre 1 500 en 1995, ou encore qu'il y a environ un million de croisiéristes, contre quelque 80 000 en 1995 ; il se félicite aussi de la construction du musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, inauguré la même année. Ses opposants lui reprochent toutefois d'avoir sous-estimé les violences des quartiers nord, des retards dans les projets de transport et de propreté, ainsi que d'avoir changé d'avis sur l'ouverture d'un casino à Marseille ou encore sur la privatisation du stade Vélodrome. Un temps données battues, les listes de Jean-Claude Gaudin l'emportent dans six des huit secteurs de Marseille, recueillant 43 % contre 29 % pour celles du socialiste Patrick Mennucci et 25 % pour le candidat FN Stéphane Ravier. Ce score lui permet d’être élu maire de Marseille pour un quatrième mandat. Il contribue à l’installation de la critiquée métropole d'Aix-Marseille-Provence, dont il devient président le 9 novembre 2015. 

Cette élection étant contestée devant les tribunaux par les opposants à la mise en place de l'intercommunalité, il démissionne pour être réélu président le 17 mars 2016. Il quitte la présidence de la métropole en septembre 2018, invoquant son âge et l’intention du gouvernement de fusionner les métropoles et départements. Il apporte son soutien à Martine Vassal, qui lui succède. En novembre 2018, l'effondrement de plusieurs immeubles vétustes rue d'Aubagne, qui provoque la mort de huit personnes, lui est reproché. Jean-Claude Gaudin s'insurge contre les critiques, ajoutant que plus d'un millier de personnes vivant dans des immeubles du même type ont été relogées dans les hôtels de la ville, à la suite de l'effondrement des immeubles de la rue d'Aubagne. Dès juin 2017, il annonce qu'il ne se représentera pas à la mairie de Marseille lors des élections municipales de 2020. Il tient son dernier conseil municipal — le 198e — le 27 janvier 2020 et soutient la candidature de Martine Vassal face à Bruno Gilles pour lui succéder. La candidate de gauche Michèle Rubirola est élue par le conseil municipal pour lui succéder le 4 juillet 2020. Après 25 années passées à la tête de la mairie et 55 ans au conseil municipal, Jean-Claude Gaudin, 80 ans, passe lui-même l’écharpe tricolore à la nouvelle maire. Peu après, il est nommé par cette dernière à la tête de l’association œcuménique Marseille Espérance.

Quelques mois après son départ, une enquête préliminaire au sujet d'emplois fictifs supposés à la mairie de Marseille, déclenchée après la révélation d'un système de faux pointage des employés du Samu social, conduit le parquet national financier (PNF) à le renvoyer, avec six de ses proches, devant le tribunal correctionnel. Les conclusions du PNF accablent sa gestion des ressources humaines en évoquant des heures supplémentaires indues « abracadabrantesques », et l'absentéisme injustifié au Samu social et dans les musées ou les bibliothèques de la ville. Au cours des auditions, le maire se justifie régulièrement en évoquant la recherche d'une « paix sociale » et la crainte des réactions syndicales. En parallèle de ces investigations menées par le parquet national financier, une information judiciaire est ouverte le 11 juin 2019 des chefs principaux de détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public et de recel de ce délit, et confiée à la juge d’instruction parisienne Cécile Meyer-Fabre. Dans ce cadre, les domiciles de Jean Claude Gaudin sont perquisitionnés le 16 février 2021. Il est placé le lendemain en garde à vue. 

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

  • 7 novembre 1995 – 2 juin 1997 : ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration dans le gouvernement Alain Juppé II.

À l’Assemblée nationale

  • 3 avril 1978 – 2 octobre 1989 : député français, élu dans la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône (député pour les seules Bouches-du-Rhône de 1986 à 1988).
  • 1981-1989 : président du groupe UDF de l'Assemblée nationale.

Au Sénat

  • 2 octobre 1989 – 7 décembre 1995 : sénateur français, élu dans le département des Bouches-du-Rhône.
  • 1er octobre 1998 – 22 septembre 2017 : sénateur français, élu dans le département des Bouches-du-Rhône.
  • 1995 : président du groupe de l'Union des républicains et des indépendants (RI) au Sénat.
  • 6 octobre 1998 – 28 mars 2011 : vice-président du Sénat.
  • 8 mars 2011 – 1er octobre 2014 : président du groupe UMP au Sénat.
  • 8 octobre 2014 – 22 septembre 2017 : premier vice-président du Sénat.

Au niveau local

  • 1965-1977 : conseiller municipal de Marseille.
  • 1982-1988 : conseiller général des Bouches-du-Rhône.
  • 1983-1989 : maire des VIe et VIIIe arrondissements de Marseille (4e secteur).
  • 1983-1995 : conseiller municipal de Marseille.
  • 1986-1998 : président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
  • 1995-2020 : maire de Marseille.
  • 1995-2008 : président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole.
  • 2002-2003 : président de l'Association des communautés urbaines de France.
  • 2008-2014 : vice-président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole.
  • 2015-2016 : président de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
  • 2016-2018 : président de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.

Au sein de partis politiques

  • 1995-1997 : vice-président national et président de la fédération Parti républicain des Bouches-du-Rhône.
  • 1997-2002 : vice-président national, membre du comité directeur et président de la fédération Démocratie libérale des Bouches-du-Rhône.
  • 2002-2004 : vice-président délégué de l'UMP.
  • 2004-2007 : vice-président de l'UMP.
  • Depuis mai 2003 : président de la fédération UMP des Bouches-du-Rhône.
  • octobre 2007 – janvier 2009 : vice-président du conseil national de l'UMP.
  • janvier 2002 – janvier 2013 : président de la commission nationale d'investiture de l'UMP.
  • juin 2009 – mai 2012 : président du Comité de liaison de la majorité présidentielle.
  • janvier 2013 – 15 juin 2014 : vice-président de l'UMP.
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