Filippetti Aurélie

Publié le par Mémoires de Guerre

Aurélie Filippetti, née le 17 juin 1973 à Villerupt en Meurthe-et-Moselle, est une femme politique et romancière française. Membre des Verts, du Parti socialiste puis brièvement de Génération.s, le mouvement, elle est élue députée de Moselle en 2007, puis réélue en 2012. Elle fut ministre de la Culture et de la Communication, du 16 mai 2012 au 25 août 2014 dans les gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I. 

Filippetti Aurélie
Filippetti Aurélie

Origines et études

Fille d'Angelo (francisé en « Angel ») Filippetti (1938-1992), ancien mineur de fond, maire communiste d'Audun-le-Tiche de 1983 à 1992 et conseiller général de 1979 à 1985, et petite-fille d'immigrés antifascistes italiens venus travailler dans les mines de fer de Lorraine dans les années 1920, Aurélie Filippetti raconte dans un premier roman, paru en 2003, Les Derniers jours de la classe ouvrière, comment son grand-père, résistant, a été arrêté sur dénonciation par la Gestapo au fond de la mine, en février 1944, puis déporté en camp de concentration avec deux de ses frères. Il meurt à Bergen-Belsen à la fin avril 1945, après la libération du camp. 

Elle évoque aussi dans cet ouvrage la mémoire ouvrière et le sentiment de déclassement du monde ouvrier après la fermeture des mines et des usines sidérurgiques en Lorraine. La mère d'Aurélie Filippetti, Odette, était intendante de collège. Ses études en classes préparatoires littéraires au lycée Georges-de-La-Tour à Metz achevées, elle est reçue en 1993 au concours de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. En 1995, elle est agrégée de lettres classiques et titulaire d'un DEA de lettres modernes à propos du jansénisme. Avant ses débuts en politique, elle enseigne pendant un an comme professeur de lettres, titulaire sur zone de remplacement (TZR), dans l'Académie de Versailles, notamment au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. 

Vie privée

Entre septembre 2014 et début 2017, elle a été en couple avec Arnaud Montebourg. Ils ont eu ensemble une fille, Jeanne, née en septembre 2015. Elle a également une autre fille, Clara, née d'une précédente relation. 

Carrière politique

Les Verts : 1999-2006

Aurélie Filippetti adhère aux Verts en 1999, puis devient membre du cabinet d'Yves Cochet, ministre de l'Environnement de juillet 2001 à mai 2002. Aux élections municipales de 2001, elle est élue conseillère d'arrondissement dans le 5e arrondissement de Paris. Tête de liste des Verts au premier tour après s'être battue pour la parité elle obtient 13,75 % des voix. Elle recueille 6,55 % des voix dans la deuxième circonscription de Paris aux élections législatives de 2002. Elle devient membre du secrétariat exécutif et porte-parole des Verts-Paris en mars 2003. Elle est membre fondatrice de la Convention pour la 6e République. Elle se brouille avec les Verts dès 2003 au moment des manifestations contre la guerre en Irak et quitte définitivement le parti qu'elle accuse d'avoir franchi « la ligne jaune » en 2006 quand l'investiture lui est refusée alors qu'elle envisage de retourner en Lorraine. 

Parti socialiste à partir de 2006

En novembre 2006, elle rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle de 2007, comme conseillère spéciale (environnement, culture, éducation, sujets de société). En mai 2007, d'abord pressentie pour la 7e circonscription de Meurthe-et-Moselle (Longwy), elle est investie par les militants socialistes de la 8e circonscription de Moselle (Rombas-Bouzonville) dont le député PS sortant Jean-Marie Aubron ne se représente pas. Elle est élue le 17 juin 2007 avec 50,96 % des voix. Elle est porte-parole puis vice-présidente de la Convention pour la sixième République, puis du courant pro-Royal « L'Espoir à gauche » pour le Congrès de Reims. Candidate aux élections européennes de juin 2009, elle est troisième de la liste conduite par Catherine Trautmann dans la circonscription Est, place qui ne lui permet pas d'être élue le 7 juin, la liste socialiste ayant obtenu deux élus avec 17,8 % des voix.

Elle soutient François Hollande pour la primaire présidentielle socialiste de 2011. À la suite de la victoire de celui-ci, elle est intégrée dans son équipe de campagne et chargée de la Culture, de l'audiovisuel et des médias. Écrivain elle-même, elle défend le livre et l'indépendance des médias. Elle prône le développement du numérique et un plan national d’Éducation Artistique et Culturelle ainsi que l'abrogation de la loi Hadopi. En novembre 2011 elle est investie par les militants socialistes comme candidate aux élections législatives, avec pour suppléant Gérard Terrier. La 8e circonscription de Moselle ayant été supprimée par le redécoupage électoral de 2010, elle est réélue députée le 17 juin 2012 avec 59,04 % des voix dans la 1re circonscription de la Moselle.

Lors de la nomination du gouvernement Ayrault, le 16 mai 2012, elle devient ministre de la Culture et de la Communication. Elle est reconduite dans le second gouvernement Ayrault, et elle doit donc abandonner son mandat de député incompatible avec une fonction gouvernementale. Son suppléant Gérard Terrier siège donc à l'Assemblée nationale à partir du 22 juillet 2012. Mais comme Gérard Terrier, maire de Maizières-lès-Metz et conseiller général de la Moselle doit selon la loi abandonner l'un de ses mandats locaux, il ne peut que céder son siège au conseil général de la Moselle à sa suppléante, Aurélie Filippetti, qui devient de fait conseillère générale du canton de Maizières-lès-Metz. En 2014, alors qu'elle est ministre depuis deux ans déjà et que le président de la République avait indiqué que les membres du gouvernement qui échoueraient aux élections municipales devraient quitter leur ministère, elle se porte candidate aux élections municipales à Metz en deuxième position sur la liste conduite par Dominique Gros. Elle est élue simple conseillère municipale et renonce dans la foulée, le 28 novembre 2014, à son mandat de conseillère générale du canton de Maizières-lès-Metz en application des règles de non-cumul des indemnités qu'elle prône. 

Ministre de la Culture et de la Communication

En tant que ministre de la Culture et de la Communication, elle annonce ses priorités : un projet de loi assurant la protection des sources d'information des journalistes, une refonte de la loi Hadopi, la « sécurisation » du financement de l'audiovisuel public et la fin de la nomination des dirigeants des chaînes publiques par le président. Elle décide également de renforcer la parité homme-femme notamment pour la nomination des directeurs d'institutions culturelles.

Pour 2013, le budget de son ministère est en baisse de 2 % par rapport à celui de 2012. Finalement, en avril, et malgré les promesses de campagne, elle annonce l'abandon de la réforme de la loi Hadopi. Seule une variable d'application de la loi est modifiée par décret. Le budget de la culture est annoncé en baisse de 2,8 % en 2014. En 2014, elle doit faire face aux grèves des intermittents du spectacle pendant les festivals d'été.

Elle annonce, le 25 août 2014, son intention de ne pas participer au second gouvernement de Manuel Valls. Elle écrit une lettre expliquant qu'elle n'est plus en accord avec la politique menée : « Il y a un devoir de solidarité, mais il y a aussi un devoir de responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous ont fait ce que nous sommes. Je choisis pour ma part la loyauté à mes idéaux. Je ne serai donc pas (...) candidate à un nouveau poste ministériel. »

Après le gouvernement

Elle retrouve son siège de députée de la Moselle le 27 septembre 2014. Dans une interview à Médiapart, le 4 octobre 2014, elle reproche à François Hollande son échec sur la gestion des hauts fourneaux de Florange, son enfermement dans les institutions de la Ve République ainsi que la personnalisation de la présidence de la République. Elle fait partie des 39 députés socialistes, dits « frondeurs », à s'abstenir sur le budget de 2015. Elle justifie cette décision du fait « d'avoir des comptes à rendre à ses électeurs et aux Français » et affirme « n'avoir de leçon à recevoir de qui que ce soit » en réponse au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui lui reproche son « manque de foi » et elle justifie également l'abstention de ses collègues anciens ministres Delphine Batho, Cécile Duflot et Benoît Hamon.

Elle est membre de l'équipe de campagne d'Arnaud Montebourg pour la primaire citoyenne de 201744. Après la victoire de Benoît Hamon, elle devient l'une de ses porte-paroles pour la campagne présidentielle. Candidate à sa réélection lors des élections législatives de 2017, elle est éliminée dès le premier tour avec seulement 11,8 % des voix. À la rentrée 2017, Aurélie Filippetti devient enseignante à Sciences Po Paris. Elle rejoint aussi occasionnellement l'équipe des chroniqueurs de Marc-Olivier Fogiel dans son émission On refait le monde, sur RTL de 19 h 15 à 20 h, et elle assure un cours à l'ESJ Paris.

Le 13 octobre 2017, elle est exclue pour un an et demi du Parti socialiste par la fédération de Moselle pour avoir soutenu une liste dissidente aux élections sénatoriales. Elle dénonce un contexte de « purge politique » au PS contre « ceux qui ont défendu une ligne plus à gauche » que celle du parti ces dernières années. Le 17 janvier 2018, elle rejoint brièvement Génération.s., le mouvement de Benoît Hamon, son ancien collègue au gouvernement et annonce son départ du PS. Aurélie Filipetti démissionne du conseil municipal de Metz le 5 juillet 2018. Une élue, Christine Singer, qui l'accuse d'enrichissement sans cause, a été menacée d'exclusion par le maire, le jeudi 5 juillet. 

Autres

Elle est présidente de 2005 à mai 2012 du conseil d'administration du Festival international de cinéma de Marseille (FID Marseille). Début 2016 elle est désignée présidente du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinémed).

Position politique

Après l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis, elle estime que « la gauche américaine aurait dû être fidèle à Bernie Sanders éliminé lors des primaires démocrates plutôt qu’à Clinton, on a moqué Sanders mais c’est sans doute lui qui avait raison. Quand la gauche est trop libérale, trop proche des élites financières, cela ne marche pas ». 

Décorations

  • Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres. en sa qualité de ministre de la Culture.

Publications

  • 2003 : Les Derniers Jours de la classe ouvrière, Stock, rééd. en Livre de Poche (ISBN 2-253-10859-6)
  • 2004 : Fragments d'Humanité, ouvrage collectif édité à l'occasion des 100 ans du quotidien, Éditions Lansman, (ISBN 978-2-8728-2461-8)
  • 2006 : Un homme dans la poche, Stock (ISBN 978-2-7578-0122-2)
  • 2008 : L'école forme-t-elle encore des citoyens ?, avec Xavier Darcos, Forum Libération de Grenoble sur CD audio, Frémeaux & Associés
  • 2010 : Si nous sommes vivants : le socialisme et l'écologie, avec Pierre-Alain Muet.
  • 2012 : J’ai vingt ans, qu’est-ce qui m’attend ?, avec François Bégaudeau, Arnaud Cathrine, Maylis de Kerangal et Joy Sorman.
  • participation à l'ouvrage collectif Qu'est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017.
  • 2018 : Les Idéaux, Fayard.
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