Andreotti Giulio

Publié le par Roger Cousin

Giulio Andreotti, né le 14 janvier 1919 à Rome, est un homme politique italien, président du Conseil des ministres à trois reprises et chef de sept gouvernements. 

Andreotti Giulio

Membre de la Démocratie chrétienne (DC), membre de la Consulta Nazionale en 1945, il a été élu député pour la première fois en 1946 et réélu jusqu'aux élections législatives de 1987. Il a démissionné de ses fonctions de député en 1991, après sa nomination comme sénateur à vie. Son exceptionnelle longévité politique, et l'influence qui lui est prêtée, ont contribué à lui donner le surnom de Il Divo Giulio (« Le Divin Jules »), à l'image de Jules César. Giulio Andreotti est l'un des plus célèbres hommes politiques contemporains italiens avec Silvio Berlusconi, Romano Prodi et Oscar Luigi Scalfaro.

En 1991, il a été nommé sénateur à vie par le président de la République Francesco Cossiga. À l'issue des élections générales italiennes de 2006, il s'est présenté, sans succès, à la présidence du Sénat. Il a ensuite déclaré avoir voté la confiance au gouvernement de Romano Prodi, comme tous les six autres sénateurs à vie. En 2008, il se présente à la présidence du Senato della Repubblica. Mais c'est Renato Schifani qui devient trois jours plus tard nouveau président du Sénat. Après une longue carrière politique, Giulio Andreotti a toujours fait partie des candidats sérieux pour briguer la présidence de la République italienne, poste honorifique mais très respecté. Candidat en 1985, il n'obtient que 3 voix. En 1992, l'ancien président du Conseil n'est pas élu, avec 2 voix.

En 1999, Andreotti obtient 10 voix, dès le premier tour, mais s'incline devant l'ancien président du Conseil et directeur de la Banque d'Italie, Carlo Azeglio Ciampi. Et enfin, en 2006, Andreotti rassemble sur son nom 2 bulletins. Sa carrière politique « active » (au-devant de la scène) a toutefois été interrompue en 1992, après l'ouverture d'une information judiciaire pour des liens supposés avec la mafia, puis une accusation d'avoir commandité le meurtre du journaliste Mino Pecorelli en 1979. Un premier jugement l'avait acquitté de cette accusation de meurtre, le 24 septembre 1999, mais fut infirmé le 17 novembre 2002 par la Cour d'appel de Pérouse, qui le reconnut coupable et le condamna à 24 ans de prison. Du fait de son immunité parlementaire, la peine infligée n'a jamais été exécutée. Le jugement fut annulé quelques mois plus tard par la Cour de Cassation.

Dans l'affaire des liens supposés avec la mafia, la sentence de première instance, du 23 octobre 1999, l’avait acquitté pour insuffisance de preuves mais la sentence en appel, rendue le 2 mai 2003, a séparé le jugement des faits antérieurs à 1980 de ceux successifs, et a établi qu’Andreotti avait « commis » le « délit de participation à l’association de malfaiteurs » (Cosa Nostra), « concrètement reconnaissable jusqu’au printemps 1980 », qui cependant est « éteint pour prescription ». Pour les faits postérieurs au printemps 1980, Andreotti a été acquitté. L’accusation et la défense présentèrent un recours en cassation, la première contre la partie qui acquittait Andreotti, la seconde pour effacer la conclusion infamante de la sentence d’appel. Mais la Cour de Cassation le 15 octobre 2004 a confirmé la sentence d’appel. Dans la motivation, on peut lire en page 211 : « Donc la sentence saisie, au-delà de ses affirmations théoriques, a reconnu la participation au délit d’association non dans les termes réducteurs d’une simple disponibilité, mais dans ceux plus vastes et juridiquement significatifs d’une concrète collaboration (...) ».

Si la sentence définitive était arrivée avant le 20 décembre 2002 (terme de la prescription), Andreotti aurait été condamné sur la base de l’article 416, c’est-à-dire association « simple », car l’association qualifiée de type mafieux (416 bis) ne fut introduite dans le code pénal qu’en 1982, avec la loi Rognoni-La Torre. La conclusion de ce procès historique ne fut cependant pas reportée fidèlement par les médias qui parlèrent d’une manière générale d’absolution.

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