Billoux François

Publié le par Roger Cousin

Fils d'un métayer-vigneron, François Billoux fréquente l'école communale de Riorges jusqu'en 1915. Puis, ses parents ayant abandonné leur exploitation, entre à l'Ecole pratique de commerce d'industrie de Roanne qu'il quitte en 1918, titulaire du certificat d'aptitude commerciale. Employé dans un magasin de fournitures de matériel de textile, il manifeste de très bonne heure une importante activité politique.

Billoux François

Membre des "Jeunesses socialistes" dès septembre 1917, il en devient dirigeant local en mai 1920, date à laquelle il adhère au parti socialiste. Il milite au sein de ces deux organismes en vue leur affiliation à l' "Internationale communiste". Dès lors, les responsabilités qui lui seront confiées, s'étendront du plan régional lyonnais au plan national. Son service militaire accompli, il accède à de nouveaux postes de direction. En juin 1926 il est élu pour la première fois au "Comité Central" du parti communiste, auquel il ne cessera d'appartenir, En 1926-1927, il est secrétaire du "Comité exécutif de l'Internationale des jeunesses communistes" et de 1928 à 1931, secrétaire général de la "Fédération jeunesses communistes de France". A partir de 1931, toute son activité déroule au sein du Parti communiste de novembre 1931 à décembre 1933, il est chargé de mission en Alsace-Lorraine, puis, à partir de 1934 à Marseille, où il est élu secrétaire régional. Dans cette ville, il participe aux manifestations antifascistes de février 1934, particulièrement dirigées contre le député Sabiani et ses amis.

En janvier 1936, il entre au Bureau politique du parti, et aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, il est élu député de la troisième circonscription de Marseille, au deuxième tour de scrutin, par 7 286 voix contre 6 323 à son adversaire Simon Sabiani, auquel il succède. Inscrit au groupe communiste, il entre à la Commission des affaires étrangères, à celle de l'Alsace et Lorraine, et à celle de la marine marchande. Dès le début de la législature, il dépose plusieurs propositions de résolution intéressant : l'exercice du droit de vote des marins-pêcheurs, l'organisation du travail à bord des navires, le statut juridique des arméniens, la situation des sourds-muets, ainsi qu'une proposition de loi concernant les mécaniciens et chauffeurs des ponts et chaussées.

Au mois de juin 1936, il interpelle le gouvernement au sujet des incidents survenus à Marseille le 21 juin entre un cortège de grévistes, et un groupe d'amis politiques de Simon Sabiani. Il critique vivement l'attitude de la police marseillaise et demande au gouvernement d'agir énergiquement pour " purger " la ville de ses éléments douteux. Après avoir passé l'année 1937 en Espagne dans les brigades internationales, il reprend sa place à la Chambre au moment de la discussion du budget de l'exercice 1938 et des crédits de la marine marchande, et il expose à cette occasion les revendications des marins du commerce. L'année suivante, il examine au cours des débats budgétaires la situation des compagnies maritimes subventionnées par l'Etat. Un peu plus tard, il proteste contre la campagne de presse dirigée, selon lui, contre la ville de Marseille à propos d'incidents survenus dans l'administration de la grande ville, et s'élève, en 1939, contre le décret-loi imposant à cette ville, un administrateur désigné par le pouvoir central.

Ce sera sa dernière intervention à la Chambre, car il est arrêté en octobre 1939 en même temps que la majorité des députés communistes. Au cours du procès qui suit, il dirige la défense de ses camarades. Condamné à cinq ans d'emprisonnement, il connaît diverses prisons françaises, puis en mars 1941, est transféré au bagne de Maison-Carrée à Alger. Libéré en février 1943, il est aussitôt désigné comme membre de l'Assemblée consultative provisoire siégeant à Alger, puis le 4 avril 1944 est nommé commissaire d'Etat au "Comité français de libération nationale", puis ministre d'Etat lorsque ce comité se transforme en " Gouvernement provisoire ".

A la tribune de l'Assemblée consultative, il expose deux préoccupations qu'il estime essentielles : l'épuration et le renforcement de l'armée. En qualité de commissaire d'Etat chargé des problèmes de la jeunesse, il fait connaître ses vues sur les mesures qu'il conviendra de prendre en faveur des jeunes après la libération du territoire. Rentré dans la métropole avec tous les membres du GPRF, il est nommé le 10 septembre 1944, ministre de la santé publique. En cette qualité, il expose à l'Assemblée la situation de la France au point de vue démographique et sanitaire et à celui de l'équipement hospitalier et indique les premières mesures qu'il a eu l'occasion de prendre en ce qui concerne l'organisation de la "Croix-Rouge" et de "L'entraide française". Candidat, aux élections générales du 21 octobre 1945, à la première Assemblée nationale constituante, en tête de la liste communiste de la première circonscription des Bouches-du-Rhône, il est élu par 122 096 voix, sur 300 284 votants.

Lors du remaniement du Gouvernement provisoire, présidé par le général de Gaulle, celui-ci lui confie le portefeuille de l'économie nationale, le 21 novembre 1945. En cette qualité, il soutient la ratification des accords de Bretton-Woods et expose les raisons qui ont rendu nécessaire la dévaluation du franc. Nommé ministre de la reconstruction et de l'urbanisme dans le cabinet Félix Gouin du 26 janvier 1946, poste qu'il conserve dans le cabinet Georges Bidault du 24 juin 1946, il met au point et fait adopter par l'Assemblée la loi sur la réparation des dommages de guerre (octobre 1946). Il avait été réélu, entre-temps, député des Bouches-du-Rhône aux élections générales du 2 juin 1946 (deuxième Assemblée nationale constituante), toujours sur la liste communiste, par 104 920 voix sur 287 805 votants. Il retrouve son siège aux élections générales du 10 novembre 1946, à l'Assemblée nationale, par 113 448 suffrages sur 286 520 votants. Pendant cette législature, il appartient à la commission de la reconstruction, à celle de la défense nationale et à celle des affaires étrangères, et dépose deux propositions de loi relatives à l'organisation de la défense nationale (mai 1947). Il est nommé ministre de la défense nationale dans le cabinet Paul Ramadier du 22 janvier 1947, mais il est relevé de ces fonctions, en même temps que les autres ministres communistes, le 4 mai suivant.

Revenu à son banc de député, il sera désormais le porte-parole de son groupe dans de nombreux débats de politique générale : en décembre 1947 sur le projet de lutte contre l'inflation et sur la politique de la reconstruction ; en mars 1948 sur le problème allemand ; en juillet 1948 sur l'investiture de M. André Marie ; en novembre 1948 sur les interpellations, relatives à la politique du gouvernement à l'égard de la Ruhr ; en juillet 1949 sur la ratification du Pacte atlantique ; en novembre 1949 sur la politique du gouvernement à l'égard de l'Allemagne ; en mars 195.0 sur l'accord d'aide mutuelle conclu avec les Etats-Unis ; en novembre 1960 sur la création du Conseil de l'Europe ; en décembre 1950 sur le programme de réarmement ; en mars 1951, sur l'investiture de M. Henri Queuille.

Réélu aux élections générales du 17 juin 1951, par 112 716 voix sur 293 146 votants, il conserve son siège à la Commission des affaires étrangères, il dépose une proposition de loi tendant à la construction d'un million de logements populaires, et une proposition de résolution tendant à la reconnaissance par la France du gouvernement de la Chine populaire. En séance publique il est encore le porte-parole de son groupe lors des débats sur l'investiture de MM. René Mayer (juillet 1951), Petsehe (août 1951), Pleven (août 1951), Edgar Faure (janvier 1952). Il interpelle le gouvernement sur la création d'une armée européenne (février 1952), sur sa politique européenne (novembre 1953). Il participe également aux discussions relatives à l'investiture de M. Mendès France (juin 1954), à la ratification des accords de Paris (décembre 1954), et à la politique du Gouvernement au Maroc (octobre 1955).

Il est réélu aux élections générales du 2 janvier 1956, en tête de la liste communiste, par 122 357 voix sur 347 129 votants. Toujours membre de la Commission des affaires étrangères, il dépose une nouvelle proposition de loi relative à la construction d'un million de logements, et une autre tendant à la suppression de l'ordre des médecins. Il interpelle le gouvernement Guy Mollet sur l'expédition de Suez, prend part au débat qui suit la présentation du gouvernement Félix Gaillard (novembre 1957), et à propos de la lecture de la loi de finances de l'exercice 1958, réclame la fin de la guerre d'Algérie. Aux élections générales des 23 et 30 novembre 1958, qui, avec la nouvelle constitution, marquent le retour au scrutin uninominal, il est réélu au deuxième tour de scrutin dans la quatrième circonscription de Marseille par 19 288 voix, contre 15 953 à M. Tarrazi.

Il intervient à de nombreuses reprises à la tribune en ce qui concerne : l'équipement universitaire et scolaire (juillet 1959) ; le budget de l'éducation nationale et de la recherche scientifique (décembre 1959) ; l'aide de l'Etat aux établissements d'enseignement privé (décembre 1959) ; le budget de l'éducation nationale (novembre 1946) ; la recherche scientifique et technique (mai 1961) ; la politique étrangère (avril 1959 et juin 1960) ; la politique générale (octobre 1959). François Billoux à été conseiller municipal de Marseille d'avril 1945 à novembre 1947, et l'est redevenu depuis 1953. Il a préfacé plusieurs ouvrages parus aux Editions sociales : Petit guide de l'URSS de Georges Cogniot; L'Allemagne jugée par un Allemand d'A. Abusch ; Réalité de la nation algérienne, etc.

A la suite du procès des députés communistes, François Billoux, condamné à cinq ans d'emprisonnement, connaît diverses prisons françaises. Le 19 décembre 1940, il adresse de la prison du Puy-en-Velay, une lettre au maréchal Pétain pour demander à témoigner à charge au procès de Riom contre un certain nombre de gouvernants de l'avant-guerre "responsables" de la guerre. En mars 1941, il est transféré à la centrale Maison-Carrée à Alger. Libéré en février 1943, il prend aussitôt contact avec les dirigeants clandestins du parti communiste algérien, alors illégal, et les responsables du parti communiste français. Il est désigné comme membre de l'Assemblée consultative provisoire siégeant à Alger puis, le 4 avril 1944, nommé commissaire d Etat au Comité français de libération nationale, et enfin ministre d'Etat lorsque ce comité se transforme en gouvernement provisoire. A la tribune de l'Assemblée consultative, il expose deux préoccupations qu'il estime essentielles : l'épuration et le renforcement de l'armée. En qualité de commissaire d'Etat chargé des problèmes de la jeunesse, il fait connaître ses vues sur les mesures qu'il conviendra de prendre en faveur des jeunes après la Libération du territoire.

Rentré en métropole avec tous les membres du GPRF, il est d'abord nommé commissaire aux territoires occupés à la fin d'août 1944, puis, le 10 septembre 1944, ministre de la santé publique. En cette qualité, il expose à l'Assemblée consultative provisoire la situation démographique et sanitaire de la France et indique les premières mesures qu'il a prises pour l'organisation de la "Croix-Rouge" et de "L'Entraide française". Par ailleurs, à Marseille, il est avec Gaston Defferre le chef de file d'une liste d'Union du rassemblement des forces démocratiques (UFD) qui est élue en totalité aux élections municipales du 30 avril 1945. Bien que réélu conseiller municipal en décembre 1946, il laisse à Jean Cristofol, son second, la direction municipale, se réservant à d'autres tâches. Il retrouvera son siège en 1953.

Candidat aux élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale Constituante, en tête de la liste communiste de la première circonscription des Bouches-du-Rhône, il est élu par 122 096 voix sur 300 284 votants. Le 21 novembre 1945, lors du remaniement du gouvernement provisoire présidé par le général de Gaulle, celui-ci lui confie le portefeuille de l'économie nationale. En cette qualité, il soutient la ratification des accords de Bretton-Woods et expose les raisons qui ont rendu nécessaire la dévaluation du franc. Nommé ministre de la reconstruction et de l'urbanisme dans le cabinet Félix Gouin du 26 janvier 1946, poste qu'il conserve dans le cabinet Georges Bidault du 24 juin 1946, il met au point et fait adopter par l'Assemblée la loi sur la réparation des dommages de guerre (octobre 1946).

Il avait été réélu, entre temps, député des Bouches-du-Rhône aux élections générales du 2 juin 1946 (seconde Assemblée nationale Constituante), toujours sur la liste communiste, par 104 920 voix sur 287 801 votants. Il retrouve son siège aux élections générales du 10 novembre 1946, à l'Assemblée nationale, par 113 448 suffrages sur 286 520 votants. Pendant cette législature, il appartient à la Commission de la reconstruction, à celle de la défense nationale et à celle des affaires étrangères et dépose deux propositions de loi relatives à l'organisation de la défense nationale (mai 1947). Il est nommé ministre de la défense nationale dans le cabinet Paul Ramadier le 22 janvier 1947, et défend la conception d'une armée démocratique contre celle de l'armée de métier. Mais la conjoncture politique ne lui laisse guère le temps de poursuivre son entreprise puisqu'il est relevé de ses fonctions, en même temps que les autres ministres communistes, le 4 mai 1947, après avoir voté contre le gouvernement dont il faisait partie.

Revenu à son banc de député, il sera désormais le porte-parole de son groupe dans de nombreux débats de politique générale : en décembre 1947 sur le projet de lutte contre l'inflation et sur la politique de la reconstruction ; en mars 1948 sur le problème allemand ; en juillet 1948 sur l'investiture d'André Marie ; en novembre 1948 sur les interpellations relatives à la politique du gouvernement à l'égard de la Ruhr ; en juillet 1949 sur la ratification du Pacte atlantique ; en novembre 1949 sur la politique du gouvernement à l'égard de l'Allemagne ; en mars 1950 sur l'accord d'aide mutuelle conclu avec les Etats-Unis ; en novembre 1950 sur la création du Conseil de l'Europe ; en décembre 1950 sur le programme de réarmement ; en mars 1951 sur l'investiture d'Henri Queuille.

Réélu aux élections générales du 17 juin 1951, par 112 716 voix sur 298 146 votants, il conserve son siège à la Commission des affaires étrangères. Il dépose une proposition de loi tendant à la construction d'un million de logements populaires, et une proposition de résolution tendant à la reconnaissance par la France du gouvernement de la Chine populaire. En séance publique il est encore le porte-parole de son groupe lors des débats sur l'investiture de René Mayer (juillet 1951), Maurice Petsche (août 1951), René Pleven (août 1951) et Edgar Faure (janvier 1952). Il interpelle le gouvernement sur la création d'une armée européenne (février 1952), sur sa politique européenne (novembre 1953). Il participe également aux discussions relatives à l'investiture de Pierre Mendès France (juin 1954), à la ratification des accords de Paris (décembre 1954), et à la politique du gouvernement au Maroc (octobre 1955).

Il est réélu aux élections générales du 2 janvier 1956, en tête de la liste communiste, par 122 357 voix sur 347 129 votants. Toujours membre de la Commission des affaires étrangères, il dépose une nouvelle proposition de loi relative à la construction d'un million de logements, et une autre tendant à la suppression de l'ordre des médecins. Il interpelle le gouvernement Guy Mollet sur l'expédition de Suez, prend part au débat qui suit la présentation du gouvernement Félix Gaillard (novembre 1957) et, lors de l'examen de la loi de finances de l'exercice 1958, réclame la fin de la guerre d'Algérie. Avec son groupe, il vote contre l'investiture du général de Gaulle (1er juin 1958) et refuse les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Jusqu'à la fin de la IVe République, il demeure l'un des leaders du parti communiste : spécialement chargé à partir de 1948 de la section idéologique du PCF, lui donnant un droit de regard sur les publications politiques de ce dernier, il est notamment directeur politique de La Marseillaise, et à partir de 1956, de France Nouvelle, l'hebdomadaire du parti dont il est l'un des fondateurs. Membre du Comité central (depuis 1926) et du Bureau politique (depuis 1935), il exerce aussi les fonctions de secrétaire du Comité central de 1954 à 1956.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article