Boulin Robert

Publié le par L'Histoire à la Loupe - La Seconde Guerre mondial

Robert Boulin, né le 20 juillet 1920 à Villandraut (Gironde) et retrouvé mort le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines), dit l'Étang rompu, est un homme politique français. Sa mort et les questions qu'elle soulève ont été le point de départ de l'affaire Robert Boulin.

Boulin Robert

Résistant, il entre en 1941 dans le réseau Navarre, dont il deviendra le chef. En 1943, il est engagé volontaire. Il sera décoré de la Croix de guerre (1939-1945) et de la médaille de la Résistance. Licencié en lettres et en droit, il devient après guerre avocat à Bordeaux puis à Libourne. Gaulliste, il entre en politique après guerre, il sera conseiller des républicains sociaux mais débute vraiment sa carrière en 1958 quand il devient député UNR de la Gironde, puis maire de Libourne un an plus tard. Il sera constamment réélu député et maire jusqu'à sa mort. Il va aussi exercer des fonctions ministérielles pendant plus de quinze ans en étant ministre ou secrétaire d'état sous les présidences du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d'Estaing.

Sous de Gaulle, il est souvent le seul ministre qui se rend au Sénat lorsque De Gaulle entend punir la Haute Assemblée pour les positions de son président Gaston Monnerville qui s'oppose à l'élection du président de la République au suffrage universel (référendum d'octobre 1962). Il a été membre du Bureau national du Mouvement pour l’indépendance de l’Europe et vice-président de l’association « Économie et Progrès ». Robert Boulin est souvent présenté comme un homme intègre avec une grande capacité de travail et apprécié de l'opinion publique.

Les circonstances de sa mort, alors qu'il était ministre du travail en exercice du gouvernement de Raymond Barre et pressenti pour accéder à Matignon, ont concouru à créer une véritable affaire Robert Boulin, bien que l'information judiciaire se soit achevée par un non-lieu en concluant au suicide et malgré ce que beaucoup considèrent comme des éléments probants qui démontrent l'impossibilité du suicide. Ainsi les lividités cadavériques qui prouvent que le corps a été déplacé après la mort, les différentes plaies, notamment sur le nez, le poignet fracturé tendent à prouver que Robert Boulin ne s'est pas suicidé, mais qu'on l'a bel et bien assassiné. Selon la thèse officielle, Robert Boulin aurait pris du Valium et se serait noyé dans 60 cm d'eau dans l'étang rompu, près de Montfort-l'Amaury, en forêt de Rambouillet.

En avril 2007, sa fille, Fabienne Boulin-Burgeat a demandé une nouvelle enquête. En octobre, le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, a rejeté sa demande. Allusion à la proximité du procureur avec Jacques Chirac (il était auparavant son conseiller), Fabienne Boulin-Burgeat a précisé « La France a toujours du mal à avouer ses turpitudes. J'attendrai peut-être que les procureurs passent. » En octobre 2009, l'avocat de la fille de l'ancien ministre, Me Olivier Morice, a annoncé qu'il allait déposer une nouvelle demande pour rouvrir le dossier. Cette demande a été rejetée le 8 juin 2010.

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