Brigneau François

Publié le par Mémoires de GUerre

Well Emmanuel Allot, dit François Brigneau, est un journaliste, écrivain, éditeur et militant d'extrême droite français né le 30 avril 1919 à Concarneau et mort le 9 avril 2012 à Saint-Cloud. Il a également utilisé le pseudonyme de « Julien Guernec » et signé certains articles de noms de plume féminins comme « Mathilde Cruz », « Edmund W. Eallot » ou « Caroline Jones ». 

Brigneau François
Brigneau François
Brigneau François
Brigneau François

François Brigneau, de son vrai nom Emmanuel Allot, est un journaliste, écrivain, éditeur et militant d'extrême droite français né le 30 avril 1919 à Concarneau (Finistère). Il a également utilisé le pseudonyme de Julien Guernec. Issu d'une famille sympathisante de gauche ayant hébergé dans les années 1930 un socialiste autrichien et des Juifs d'Allemagne réfugiés, fils d'un instituteur socialiste, dont il partagea les idées politiques, il adhère au « Frontisme » de Gaston Bergery en 1937. Il vend alors La Flèche, le journal du mouvement, à la criée. Il s'oriente vers la Collaboration durant la Seconde Guerre mondiale. Emmanuel Allot était également un grand admirateur de Robert Brasillach, qu'il rencontra durant l'Occupation et côtoya plus tard à la prison de Fresnes. Le lendemain du débarquement allié en Normandie, il s'engage dans la Milice. Un demi-siècle plus tard, « il tire une certaine gloire » de cet engagement. Arrêté, il est condamné pour faits de collaboration. Il sort de prison au bout d'un an et se marie à la nièce de Georges Suarez. Il entame ensuite une carrière dans la presse, en prenant tout d'abord le pseudonyme de Julien Guernec. Il est l'ami du romancier et journaliste Antoine Blondin et tente lui-même une carrière littéraire, étant alors rattaché au courant des Hussards. Il se spécialise un temps dans les chroniques humoristiques rédigées en argot parisien. Il prend le pseudonyme de François Brigneau pour entamer une carrière dans la presse à grand tirage, son premier pseudonyme étant désormais trop connu et marqué politiquement. En 1954, il obtient le Grand prix de littérature policière pour son polar La Beauté qui meurt.

Il a écrit pour Paroles françaises, journal du Parti républicain de la liberté détenu par André Mutter, La Dernière lanterne, Indépendance française, France dimanche, Le Rouge et le noir, Constellation, La Fronde, Rivarol, Ciné monde, L'Auto-Journal. Il a été ensuite rédacteur en chef à Semaine du Monde, éditorialiste à Télé magazine, grand reporter à Paris Presse, L'Intransigeant et à L'Aurore et enfin collaborateur à Minute. Ses éditoriaux vengeurs, souvent dirigés contre le président Charles de Gaulle, contribuèrent à faire la réputation du journal. Il est un temps rédacteur en chef de Minute et en demeure l'éditorialiste vedette jusqu'au milieu des années 1980. Participant au comité de campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour, lors de l'élection présidentielle française de 1965, il est ensuite membre du mouvement Ordre nouveau, puis cofondateur du Front national, dont il est de 1972 à 1973 le vice-président. Il s'éloigne ensuite du Front national lors de la scission qui voit une partie de ses membres fonder le Parti des forces nouvelles (PFN). Il se rapproche plus tard à nouveau du FN, sans pour autant faire partie de l'appareil du parti. Il a collaboré en tant qu'éditorialiste, dans les années 1980 et 1990, à l'hebdomadaire National-Hebdo, dont la rédaction est domiciliée dans les locaux du Front national. Il fut également le responsable de la rubrique télévision de National-Hebdo, signant ses articles du pseudonyme féminin de Mathilde Cruz. François Brigneau a également compté parmi les fondateurs du quotidien Présent, mais il s'en est éloigné en 1985 à la suite d'un désaccord avec le directeur de la rédaction Jean Madiran.

François Brigneau s'emploie régulièrement dans ses éditoriaux à dénoncer l'influence exercée selon lui par la communauté israélite. Il fut plusieurs fois condamné pour écrits antisémites par la 17e chambre correctionnelle de Paris, notamment le 25 mai 1979 suite à des propos enregistrés à son insu ou encore le 16 mai 1989, lorsqu'il fut condamné à 130 000 francs d'amende avec sursis, à verser 10 000 francs à Anne Sinclair, 15 000 francs à Philippe Alexandre, un franc symbolique à la LICRA et à publier le jugement dans neuf journaux. François Brigneau avait qualifié Philippe Alexandre de « marchand de bretelles à RTL, juif assimilé de tendance centriste », Anne Sinclair de « marchande de soutiens-gorge à TF1, juive mal assimilée de tendance socialiste ». En 1992, lors de l'acquittement de Paul Touvier (condamné par la suite à la réclusion criminelle à perpétuité), François Brigneau écrit : « En 1945, les crimes commis par les Français qui s'étaient rebellés contre le gouvernement légitime et légal de leur pays furent absous, quelle que fût leur horreur […] et celle-ci ne manqua pas. En revanche, les crimes commis par les Français obéissant aux ordres du gouvernement légitime et légal de leur pays continuèrent d'être poursuivis et condamnés, longtemps après la Libération. […] La vraie revanche de l'humanité sur le crime, c'est la chambre d'accusation qui vient de la prendre. Elle a blanchi et libéré Touvier. […] Quant à moi, après ma mort, conclut M. Brigneau, je voudrais qu'une plaque fût apposée sur ma maison. On lirait ces mots : “Ici, pendant la chasse à l'homme, Paul Touvier et les siens furent reçus chaque fois qu'ils le désirèrent”. »

Lorsqu'éclata, fin 1998-début 1999, la crise entre partisans de Jean-Marie Le Pen et ceux de Bruno Mégret, entre lesquels il ne voulait choisir, François Brigneau se résolut à quitter National-Hebdo et se brouilla avec Jean-Marie Le Pen, dont il était pourtant l'un des meilleurs amis. Après cette semi-retraite involontaire, il a toutefois continué d'assurer une chronique régulière dans Le Libre Journal de la France Courtoise, publication « décadaire » animée par Serge de Beketch. François Brigneau a également animé plusieurs structures d'édition, les Éditions du clan dans les années 1960, puis les Publications F.B., qui ont édité ses propres livres et ceux d'auteurs de la même mouvance de pensée, comme Les Mémoires de Porthos, souvenirs de l'ancien milicien Henry Charbonneau. Ayant cessé au début 1998 les activités des Publications F.B., il publie ensuite plusieurs livres sous le label Auto-édition F.B.. Pour les élections européennes de juin 2009, François Brigneau écrit avoir été tenté de voter pour la « liste anti-sioniste » conduite par Dieudonné. En 2010, une polémique éclate dans le monde du polar, à cause de la décision des Éditions Baleine (plutôt rangées à l'extrême-gauche et ayant publié la collection Le Poulpe) de rééditer le roman policier de Brigneau, Faut toutes les buter. En réaction à cet édition, plusieurs auteurs du Poulpe (dont Didier Daeninckx) ont décidé de se retirer des éditions Baleine, protestant contre les convictions politiques de François Brigneau. D'autres auteurs, dont Serge Quadruppani et Gérard Delteil, ont critiqué cette pétition en soulignant notamment qu'elle faisait de la publicité au livre de Brigneau.

Publié dans Journalistes

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