Freikorps

Publié le par Mémoires de Guerre

Les Corps francs sont des unités combattantes formées en dehors ou au sein d'une armée  régulière. Il peut également s’agir d’unités paramilitaires organisées par un État, ou d’unités formées spontanément par des civils. Parfois improvisés et sous-équipés, les Corps francs sont généralement dotés d’un encadrement autonome. C’est l’Allemagne qui organisa, dès le XVIIIe siècle les premiers corps francs. C’est aussi en Allemagne, où ils sont appelés Freikorps, que les plus connus ont été mis en place, pour réprimer les courants les plus à gauche de la révolution allemande de 1918-1919.

Freikorps

Les premiers corps francs sont organisés par Frédéric II de Prusse pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). En France, on peut assimiler les chasseurs de Fischer et les volontaires de Saxe, créés durant la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), à des corps francs. Ils donnent naissance aux troupes de chasseurs. De nombreux corps francs sont créés en France durant les débuts des guerres de la Révolution, sous des noms divers : légion, volontaires, etc. Après les défaites écrasantes d’Iéna et d'Auerstaedt, la Prusse crée des corps francs pour préparer la création d’une nouvelle armée ; Ferdinand von Schill et Ludwig Adolf Wilhelm von Lützow en sont les promoteurs. Cependant, les corps francs sont considérés comme peu fiables par les armées régulières, et cantonnés à des tâches de reconnaissance, de garde et autres tâches mineures.

En 1809, neuf officiers de ces corps francs sont fusillés par l’armée française à Wesel. Les bachi-bouzouks, troupes auxiliaires ottomanes, étaient considérés comme un corps franc de cavalerie. En Suisse, les corps francs ont une longue histoire. Appelées Freischaren (en allemand : bandes libres), elles étaient des troupes constituées spontanément, en dehors de tout contrôle gouvernemental, parfois à l’occasion d’un carnaval. On peut aussi assimiler aux corps francs les Blutharsten, Freiharsten, Freiheiten, intégrés à l’armée régulière et chargés des opérations de reconnaissance. Déjà existant au début du XIVe siècle, ils deviennent autonomes au siècle suivant.

Plusieurs fois, leur action est décisive pour la victoire au XVe siècle. Considérés comme incontrôlables, ils entraînent parfois toute la confédération helvétique dans des guerres extérieures dans la deuxième moitié du XVe siècle. Les corps francs se manifestent en 1477, lors de l’expédition de Folle Vie, où ils se rassemblent sans ordre de mobilisation et assiègent Genève pour obtenir leur part de butin. Cet aspect d’unités libres, où le commandement militaire est collectif, fait que le gouvernement a de moins en moins recours à eux : ils disparaissent quasiment des opérations régulières au XVIe siècle, même si la tradition de ces corps se maintient en Suisse au XVIIe siècle, dans les Grisons.

Les corps francs menèrent deux tentatives de coup d'État contre le canton de Lucerne, en 1844 et 1845, qui échouèrent toutes les deux. Les motivations des membres des corps francs sont de trois ordres, obtenir ou retrouver le droit de cité, gagner une part de butin, faire triompher des revendications politiques, ou territoriales. Très autonomes, les corps francs ont leur propre drapeau, élisent leurs officiers, et parfois choisissent leurs guerres : outre les expéditions déjà citées, en 1860, des corps francs envahissent la Savoie pour obtenir son rattachement à la Suisse. Après la Première Guerre mondiale, d’anciens officiers à la retraite entamèrent la formation de milices appelées Freikorps. Ils furent employés afin de défendre la frontière allemande à l’Est, contre une possible invasion russe, comme par exemple la Division de fer. Plus tard, ils furent utilisés afin de contrer et réprimer les tentatives de révolution en Allemagne. Les Freikorps ont notamment assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en janvier 1919.

Le général Franz Epp mena 30 000 soldats pour mater la République socialiste bavaroise en mars 1919. Près de 600 socialistes et communistes furent tués par les Corps francs durant les semaines qui suivirent. Herman Ehrardt, un ancien amiral, et Wolfgang Kapp, un journaliste de droite, menèrent un groupe de soldats et prirent le contrôle de Berlin le 13 mars 1920. Ce putsch fut mis en échec par une grève générale organisée par les syndicats, et Kapp fut forcé de s’exiler en Suède. Les Freikorps furent dissous en 1921, et certains d’entre eux rejoignirent les Sturmabteilungsections d’assaut »), la milice d’Adolf Hitler, la plupart rejoignant plutôt une autre milice de droite, les Stahlhelm. D'autres créèrent l'Organisation Consul, groupe paramilitaire ultra-nationaliste pratiquant l'assassinat politique. Dans les pays baltes, les corps francs allemands réussissent à conquérir une partie de la Lituanie et de la Lettonie dans les années 1919-1921, mais sans parvenir à se maintenir.

Dès octobre 1939, des corps francs sont constitués par l'armée française et mènent une guerre d'embuscade à l'avant de la ligne Maginot. Ils ont face à eux les groupes francs allemands qui protègent la ligne Siegfried. Des corps francs d'Afrique se sont formées au Maroc (alors protectorat français) en 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord, à la demande du général Giraud. Composés de volontaires marocains d'origines et de religions diverses (juifs, musulmans, chrétiens), ils ont combattu Rommel et l'Afrika Korps en Tunisie au sein de la 5e armée américaine, avec de l'équipement anglais. Ils ont participé à la prise de Bizerte en 1943. Intégrés en grande partie à la 2e division blindée (DB) du général Leclerc, ils sont ensuite déplacés en Angleterre en vue de participer au débarquement de Normandie. Leur histoire se confond avec celle de la 2e DB ensuite : libération de Paris, combats en Allemagne. Les corps francs d'Afrique furent décorés de la Croix de guerre. Les corps francs étaient pour l'armée française, l'équivalent des commandos britanniques.

Membres célèbres

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