Deschanel Paul

Publié le par Roger Cousin

Paul Deschanel, né le 13 février 1855 à Schaerbeek (Bruxelles) et mort le 28 avril 1922 à Paris, est un homme d'État français, dont la carrière culmine avec son mandat de président de la République du 18 février au 21 septembre 1920, sous la IIIe République. 

Deschanel Paul

Député d'Eure-et-Loir de 1885 à 1920, il est président de la Chambre des députés de 1898 à 1902 et de 1912 à 1920. L'année suivant sa démission de la présidence de la République pour raisons de santé, il est élu sénateur et le reste jusqu'à sa mort. Paul Deschanel est également un homme de lettres, auteur de plusieurs ouvrages sur les questions sociales et élu à l'Académie française le 18 mai 1899. Le coup d'État du 2 décembre 1851 condamne les républicains, dont fait partie Émile Deschanel, à l'exil en Belgique. Paul Deschanel devient dès sa naissance un symbole, la preuve que les idéaux républicains survivent à l'exil. Il a Victor Hugo pour parrain spirituel qui le présente comme le « premier-né de l'exil ». Edgar Quinet s'exclame : « Puisse-t-il voir bientôt la terre promise ! Nous le saluons comme l'espérance. » Il est vénéré par son père qui croit entendre des références à la culture grecque ou latine dans les babillements de son enfant. « On compte le temps d'une autre manière qu'auparavant. Toutes ces heures et toutes ces années, vous ne croyez plus qu'elles vous font vieillir, vous croyez qu'elles le font grandir. D'ailleurs, vous ne vieillissez plus, au contraire, vous rajeunissez, l'enfant vous ôte les années qu'il vous prend. »

En 1859, suite à l'amnistie promulguée par Napoléon III, la famille Deschanel revient à Paris et loge au 34 rue de Penthièvre. Il étudie au lycée Bonaparte, aujourd'hui Lycée Condorcet. Ses professeurs considèrent Paul comme « intelligent mais bavard, agité et dissipé ». L'enfant voue un véritable culte à ses parents malgré la sévérité et l'exigence de son père. Ce dernier déchire et renvoie les lettres de son fils dès qu'elles contiennent des fautes d'orthographe. C'est en 4e que Paul Deschanel change d'attitude : son parcours scolaire devient brillant, comme s'il avait accepté les leçons et l'extrême rigueur de son père. Le 10 août 1871, il obtient son baccalauréat de lettres puis très rapidement sa licence (le 4 novembre de la même année). Sa formation est donc au départ littéraire. Il rédige en 1872 une comédie, un article sur Rabelais paru dans la revue Bleu, un autre sur Diderot et Edgar Quinet dans Le Journal des Débats. Concernant Rabelais, il écrit : « Rabelais, c'est le burlesque et le philosophique, un mélange d'obscénités dignes d'Aristophane et de beautés que Platon n'eut point renié, qui tantôt s'élève au sommet de la morale la plus haute et tantôt s'abaisse aux bouffonneries les plus grossières. Rabelais met toujours la vérité en face de son erreur.[...] Il est l'hygiène de la bonne humeur. »

En 1901, il épouse Germaine Brice de Viel qui lui donne trois enfants : Renée-Antoinette (1902-1977), Jean (1904-1963, homme politique) et Louis-Paul (1909-1939, mort pour la France au premier jour de l'invasion allemande). Sa carrière politique commence alors que les républicains décident de nommer dans tout le pays de nouveaux fonctionnaires pour éradiquer toute possibilité de crise politique. En 1877, Émile Deshayes de Marcère, ministre de l'Intérieur, nomme de nouveaux sous-préfets : Paul Deschanel en fait partie, et officie à Dreux, puis à Brest et enfin à Meaux. « Nous avons pour mission de faire que la République soit l'objet de l'amour de tous ceux qui croient en elle et du respect de tous ceux qui la combattent. Il faut donc qu'elle s'impose à tous. »

Jeune député, il se distingue en accusant le radical Clemenceau d'être mouillé par le scandale du Panama, ce qui conduit Clemenceau à le provoquer dans son journal, La Justice, événement qui se termine en duel à l'épée. Deschanel recule à deux reprises plus loin que la ligne autorisée, et se fait toucher. Il est réélu aux législatives de 1893, incarnant une nouvelle génération d'hommes politiques. Ses premiers pas se font sous l'influence majeure de son père. Sa nomination en tant que sous-préfet est directement liée à l'action politique passée de son père. On constate également qu'il prolonge les idées de ce dernier et que son idéologie est fortement emprunte des convictions paternelles. On retrouve dans le programme de son père toutes les racines de sa carrière politique à venir : amnistie pleine et entière, liberté de réunion, liberté d'association, de conscience, séparation de l'Église et de l'État, instruction gratuite, laïque et obligatoire, réforme des impôts pour favoriser les libres associations des travailleurs, leur légitime accès au capital et à la propriété. Symbole de cette influence, au jour de son élection en tant que président de la République, Paul Deschanel fait déposer par son fils une palme devant le buste de son père au Collège de France. Il a aussi hérité de son père, victime de l'Empire, la profonde connaissance du mal que peut faire à un pays tout régime qui n'est pas démocratique.

Il publie plusieurs ouvrages sur la politique extérieure de la France, où il préconise des solutions aux conflits coloniaux du temps : La Question du Tonkin en 1883, La Politique française en Océanie à propos du canal de Panama en 1884 et Les Intérêts français dans l'Océan Pacifique en 1888. Il est l'initiateur du lobby océanien au sein du « parti colonial ». Deschanel est aussi un formidable orateur. Avant d'embrasser une carrière politique, il hésite à s'engager dans une carrière d'écrivain et de comédien (il se passionne notamment pour les films de Buster Keaton). Sully Prudhomme est un de ceux qui se désillusionnent de ne pas voir Deschanel se consacrer uniquement aux belles lettres. Mais il trouve dans la politique une tribune, celle de l'hémicycle. La Tribune est l'art des sacrifices nécessaires, le discours une invocation.

Être un orateur, c'est pour lui être aux heures des plus grands dangers, le verbe même de la conscience nationale. Pour cela, il puise son inspiration directement dans celle des maîtres de la Tribune d'Athènes et de Rome. Il est fasciné par Pierre-Antoine Berryer, qui se distingue dans ses discours par une absence presque complète d'ironie : respect de ses adversaires, tolérance de l'esprit, loyauté de sa nature. L'ironie convient aux spectateurs blasés. Selon Deschanel, « l'école de l'éloquence moderne doit conserver le caractère émouvant des anciens orateurs, dépouillé des vernis et fastidieux ornements d'une trop classique rhétorique et mêler la réalité pratique où chaque fait descend. » Extraits de discours prononcés devant la Chambre des députés (1914-1919).

  • Concernant l'interventionnisme : « La vraie justice exige la liberté de tous, non pas la protection de tous. Mais quand il s'agit de pain, il faut penser à celui qui le consomme : c'est en économie politique ce que les libres-échangistes appellent une question d'humanité. Le pain contient la nourriture de l'homme, une parcelle de la puissance et de la liberté de la patrie. » Concernant le patriotisme français : « Ce sont les préjugés français, ce sont les trop persistantes illusions, notre ignorance de l'étranger, notre inaptitude à entrer dans l'esprit des autres qui nous ont perdus. Sans doute, la vérité est parfois dure à entendre, encore plus dure à écrire, mais si elle blesse nos sentiments, elle accroit notre expérience et par là, elle sert nos intérêts ; si un certain patriotisme peut en souffrir, un patriotisme plus haut sera le gage d'un profit pour la France. »
  • Concernant le travail : « Le travail ranimera le sens moral que l'Empire avait presque anéanti. »
  • Concernant la Révolution : « La France est une démocratie dans son âme, et une monarchie dans son corps. La Révolution, c'est la volonté d'échapper à son corps. »
  • Concernant la décentralisation : « L'autonomie communale est la racine de toutes les libertés. »
  • Concernant l'injustice : « La misère n'est pas le malheur. Les déshérités, en souffrant dans leur corps, fourbissent leurs esprits. L'injustice provoque le duel : voyons d'elle ou moi, lequel sera vainqueur. »
  • Concernant la démocratie : « La Démocratie véritable n'est autre chose que l'ascension continuelle du peuple par l'intelligence, par le travail et par l'honneur. »
  • Concernant les réactionnaires : « Ils sont autocrates en ce sens qu'ils ont le dédain du suffrage universel et de la Démocratie ; ils sont mystiques en ce sens qu'ils croient au cataclysme d'où surgira le nouveau monde. Ils tournent le dos à la Liberté, à la Démocratie et à la science. Il ne faut pas être avec ceux qui ont peur, ni avec ceux qui font peur. Il ne faut pas revenir sur les libertés conquises, il faut, au contraire, les étendre. »
  • Concernant le syndicalisme : « Il faut répondre à cette assertion qu'en dehors du collectivisme, il n'y a pour la République, pour l'esprit humain, pour la science, que faillite ; que le parti Républicain n'a pas de programme social et pas de but défini vers lequel il puisse coordonner ses efforts. C'est à cela qu'il faut répondre. Pour cela, il faut faire du syndicat un générateur d'œuvres et d'institutions nouvelles et multiples, défendant le travail contre l'oppression et lui ouvrent un accès de plus en plus facile et de plus en plus large au capital et à la propriété. »
  • Concernant l'Afrique du Nord : « Peut-être un jour, sous une forme ou sous une autre, nous trouverons les soldats qui nous manquent. C'est de là, peut-être, que dans une heure de péril extrême, pourrait venir le salut. »
  • Concernant l'Angleterre : « Il est temps, si vous me passez le mot, de construire, au moral, un tunnel sous la manche, afin qu'ils [le peuple français et le peuple britannique] puissent non seulement échanger leurs richesses, mais leurs idées, et mieux sortir leurs mutuelles vertus. »
  • Concernant les États-Unis d'Amérique : « Nous saisissons avec empressement, mes collègues et moi, l'occasion que vous nous offrez de remercier [...] le peuple américain de ses bienfaits pour nos œuvres de toutes sortes, pour nos soldats, nos blessés, nos orphelins, nos réfugiés, nos villes dévastées. Nous rendons hommage au magnifique effort financier, militaire et économique des États-Unis et à la bravoure de vos soldats, dont le courage et l'esprit de discipline ont conquis l'admiration et l'affection de leurs compagnons d'armes. [...] Leur présence à la Chambre des députés est le signe de la fraternité toujours plus étroite des nations alliées et de leurs armées. L'accord absolu des peuples, des gouvernements, des chefs et des soldats, sans réserve, sans réticence, sans arrière-pensée, voilà la condition première du succès. Une seule armée, une seule action, un seul cœur : voilà notre maxime. »
  • Concernant l'Allemagne : « La vérité est que les gouts pour les blessures, l'amour et l'orgueil des cicatrices sont des phénomènes essentiellement germanique, aussi ancien que la Germanie elle-même, qu'il n'est point peut-être pas de race au monde, qui, depuis les âges les plus reculés et à travers toutes les vicissitudes de son histoire, soit restée plus identique à elle-même. »
  • Concernant la politique : « La politique est une chose indépendante du préjugé, de l'amour et de la haine, c'est au contraire une chose qui s'ajuste aux faits. Il faut savoir considérer tous les évènements, peser toutes les chances, équilibrer tous les bénéfices. »
  • Concernant l'islam et la Turquie : « Si, au XVIe siècle, alors que la foi religieuse était si profonde, nos rois, nos évêques n'hésitaient pas à traiter avec les turcs, avec ceux qu'on appelait alors les infidèles, les païens [...], s'ils n'hésitaient pas à faire ce que Charles Quint appelait "l'alliance impie et monstrueuse du Croissant et des fleurs de lys" et cela afin de créer un contrepoids à la maison d'Autriche, comme Mazarin et Richelieu, tous cardinaux qu'ils étaient, soutenaient les protestants d'Allemagne pour maintenir l'équilibre de l'Europe, serait-il possible que nous, les fils de la Révolution, nous eussions moins de liberté, de largeur d'esprit que nos pères et que nous fussions incapables de nous élever un instant au-dessus des passions qui nous divisent pour sauvegarder les résultats de leur grande et habile politique [...] il faut aider la Turquie à sortir plus robuste de la crise actuelle, plus capable de maintenir l'intégrité de ses possessions et développer sa prospérité économique. »
  • Concernant la politique extérieure : « Nous devons nous dire que le jour où la France ne reconnaitrait plus comme le premier principe de sa politique extérieure le respect du droit, elle perdrait l'intelligence des conditions de sa grande existence dans le monde et ses raisons de vivre. »
  • Concernant la natalité : « Français, vous n'avez pas eu peur de la mort, auriez-vous peur de la vie ? La sang que vous avez répandu généreusement sur les champs de bataille, n'oserez-vous plus le transmettre aux générations ? La France, par-delà les tombes cherche les berceaux : resterez-vous sourd à sa prière ? Vous avez accepté de mourir en soldats, refusez-vous de vivre en citoyens ? »

Ayant depuis longtemps manifesté l'intention de se présenter à la magistrature suprême, Paul Deschanel remporte le vote préparatoire, à l'Assemblée nationale, de l'élection présidentielle de 1920, avec l'appui de la SFIO et de la droite catholique, battant le président du Conseil Georges Clemenceau, qui se retire aussitôt. Le lendemain, le 17 janvier, Paul Deschanel obtient le meilleur score (734 voix) jamais obtenu, sous la IIIe République, par un candidat à la présidence. Selon Michel Winock, son élection serait due aux intrigues d'Aristide Briand, qui exécrait Clemenceau, tandis que Thierry Billard explique l'échec du « Tigre » par son refus de « faire campagne pour se laisser porter à l'Élysée », ce qui constituait une « erreur de tactique ». Le jour de son élection, il semblerait que le président élu ait interpellé Clemenceau (qui l'a quelques années auparavant battu en duel), en ces termes : « Vous avez gagné la guerre, nous gagnerons la paix. »

Au cours d'un voyage en train à destination de Montbrison, le 23 mai 1920, vers 23 h 15, s'étant penché par la fenêtre de son compartiment alors qu'il éprouve une sensation d'étouffement, Paul Deschanel chute accidentellement de la voiture. Heureusement, le convoi circule à ce moment-là à relativement faible allure (50 km/h) dans une zone de travaux à Mignerette (dans le Loiret, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Montargis).

Tout ensanglanté — en dépit du caractère bénin de ses blessures — relativement hébété et vêtu de son seul pyjama, Paul Deschanel ne tarde pas à rencontrer André Radeau, ouvrier cheminot qui surveille la zone de travaux, et auquel il se présente comme étant le président de la République. L'image des hommes publics étant à l'époque encore peu diffusée dans la population, le cheminot se montre sceptique — pensant à première vue avoir affaire à un ivrogne — mais conduit néanmoins le voyageur accidenté jusqu’à une maison de garde-barrière toute proche, où le blessé est soigné et mis au lit par ses sauveteurs. Le garde-barrière, Gustave Dariot, impressionné par la dignité du blessé et la cohérence de ses explications, part pendant ce temps prévenir la gendarmerie de Corbeilles. Pour la petite histoire, la femme du garde-barrière aurait dit à des journalistes : « J'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres ! ».

La lenteur des communications entre les divers échelons fait que, malgré les faibles distances, le sous-préfet de Montargis, M. Lesueur, n'est prévenu par télégramme que vers 5 heures du matin. L'incident commence à avoir un retentissement certain lorsque l'on s'aperçoit, avant l'arrivée du train en gare de Roanne, vers 7 heures du matin, que le président de la République a disparu. La suite présidentielle (menée par Théodore Steeg (1868-1950), alors ministre de l'Intérieur) attendant sur le quai de la gare ne reste pas longtemps sans nouvelles. Une dépêche, envoyée par la gare de Montargis à celle de Saint-Germain-des-Fossés (Allier), dont le contenu explique succinctement le déroulement des évènements survenus dans la nuit, lui est rapidement transmise.

L'incident donne évidemment lieu dans la presse de l'époque à de nombreuses caricatures, souvent cruelles, et inspire la verve des chansonniers. Tout le monde ne se laisse toutefois pas aller à broder de manière démesurée voire mensongère sur un incident certes curieux (et qui frappe les esprits en raison de la notoriété de sa victime). Un « riverain » des lieux de l'accident obtiendra ainsi, plusieurs décennies plus tard, que soit apposée une stèle commémorative très sobre de l'incident, sans aucun élément de caricature, à proximité du passage à niveau et de l'ancienne maison de garde-barrière où avait été conduit Paul Deschanel après sa chute.

La chute du train semble être la conséquence d'une forme de somnambulisme causée par plusieurs facteurs (hypnotique, chaleur du compartiment, etc.) mais également par l'ouverture particulière des fenêtres du train qui a permis le basculement du Président vers le dehors. Il semble en fait fort probable que le président Deschanel ait été simplement très sensible aux médicaments. En revanche, d'autres prétendus incidents (l'apposition par le président de signatures mentionnant Napoléon ou Vercingétorix sur certains documents, ou encore la lettre de démission qui aurait été en réalité signée par sa femme), ne sont attestés par aucune source sérieuse. Ces signatures se faisaient toujours devant témoin et il n'existe aucune trace administrative de ces dernières. Ils sont apparemment plus le fruit de médisance d'adversaires politiques.

Paul Deschanel serait en fait victime de dépression et de surmenage prenant conscience qu'en tant que président de la République sous la IIIe République, il n'a que peu de pouvoirs. Ceux-ci étaient en effet concentrés dans les mains du président du Conseil. Il était également sujet à des crises d'angoisse, liées notamment aux contraintes de sa présidence. S'il retarda cette décision, ce n'est que sous la pression de son entourage (le 21 septembre, le président Deschanel renouvelle son offre de démission présentée une première fois après l'incident du train, et sur laquelle Alexandre Millerand, président du Conseil, l'avait convaincu de revenir). Pour preuve de sa lucidité, le message envoyé à l'Assemblée nationale « Mon état de santé ne me permet plus d'assumer les hautes fonctions dont votre confiance m'avait investi » ainsi que le discours prononcé à cette occasion sont éloquents : « Les hommes ont rempli la vie politique de leur époque et nous sommes les héritiers de toutes les conséquences de leurs actes. ».

Le lendemain de la remise de sa démission à Alexandre Millerand, il part se reposer dans une maison de santé de Rueil. Une fois « libéré » de la présidence de la République, son état s'améliore rapidement. Paul Deschanel est élu sénateur d'Eure-et-Loir le 9 janvier 1921, dès le premier tour de scrutin, par 50,35 % des suffrages (360 voix sur 715 votants). Il est ensuite élu à la présidence de la commission des Affaires étrangères du Sénat, lorsque Raymond Poincaré, qui occupait le poste depuis son propre départ de la présidence de la République, devient président du Conseil en janvier 1922.

Les personnes qui le côtoient à cette époque ne relèvent pas le moindre signe de démence. C'est un homme en pleine possession de ses moyens intellectuels qui commence une seconde carrière. Mais celle-ci n'est que de courte durée, puisque, victime d'une pleurésie, il s'éteint le 28 avril 1922. Il est enterré dans un caveau familial (où repose son père Émile Deschanel, professeur au Collège de France) au cimetière du Montparnasse, dans la 14e division, en bordure de l'avenue du Nord. Sa tombe est à deux pas de celle du dessinateur, écrivain et cinéaste Roland Topor.

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