Malenkov Gueorgui

Publié le par Mémoires de Guerre

Gueorgui Maksimilianovitch Malenkov (26 décembre 1901 (8 janvier 1902 dans le calendrier grégorien) - 14 janvier 1988) est un homme politique et dirigeant du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), proche collaborateur de Staline. À la mort de ce dernier, en mars 1953, il lui succède au poste de président du Conseil des ministres. Mais, bientôt éclipsé par Nikita Khrouchtchev qui prend la tête du Parti la même année, il quitte son poste de chef du gouvernement en février 1955. 

Malenkov Gueorgui
Malenkov Gueorgui

Jeunesse politique

Malenkov est né à Orenbourg, en Russie, dans une famille de l'aristocratie qui a servi les tsars depuis le XIXe siècle. Il compte dans ses proches ancêtres des généraux, des amiraux, des gouverneurs de l'État d'Oldenbourg (possession allemande de la famille impériale). Sa mère est cependant une fille de forgeron. Ingénieur électricien, il rejoint le parti bolchevique lors de la révolution de 1917, et devient commissaire politique de l'Armée rouge en 1919. 

Les Purges

Il devint très jeune l'un des hommes de confiance de Staline. Avec les chefs suprêmes du NKVD, Nikolaï Iejov puis Beria, il fut aux côtés de Joseph Staline lors des Grandes Purges des années 1937-1939. Lorsque Staline, préparant la chute de Iejov, voulut lui imposer un adjoint, Iejov déclara même qu'il aimerait avoir Malenkov à ses côtés. Mais Staline lui préféra Beria, dont Malenkov devint ensuite le rival. Dépêché par Moscou, Malenkov purgea l'administration et la population de l'Arménie aux côtés de Mikoyan, puis il seconda Iejov en Biélorussie. Selon une étude citée par l'historien britannique Simon Sebag Montefiore, Malenkov aurait été en tout responsable de la mort de 150 000 personnes. 

Dès février 1937, devant l'ampleur de la purge, Malenkov fit remarquer qu'il y avait alors en URSS plus de communistes exclus que de membres du Parti. Candidat au Bureau politique du Comité central du PCUS, Malenkov en est membre suppléant dès mai 1941, et y fut admis comme titulaire en 1946. Son ascension rapide depuis son entrée dans le premier cercle des intimes de Staline en fait un représentant éminent de la « génération de 1937 », qui doit sa promotion à l'élimination de la vieille garde bolchevique. 

La Grande Guerre patriotique

Dès l'invasion allemande du 22 juin 1941, Malenkov part au front et y assume diverses missions de confiance. Malenkov perd un peu de l'estime de Staline au bénéfice de son rival Jdanov, mais il revient en grâce après la mort de ce dernier. Beria se rapproche de lui, et tous deux font en sorte d'éliminer les partisans de Jdanov, dans le cadre de l'affaire de Léningrad, et de les faire envoyer dans les camps du Goulag ou de les faire fusiller. 

L'échec de la succession à Staline

La mort de Staline en 1953 propulse brièvement Malenkov au sommet de l'appareil soviétique. Le monde occidental croit longtemps à sa prédominance en URSS, Nikita Khrouchtchev apparaissant à l'époque plus en retrait. Premier secrétaire du PCUS de mars à septembre 1953, il assiste à la critique du stalinisme par Beria mais ne s'y associe pas. Lors de la conférence des 12, 13 et 14 juillet 1953, tenue à Moscou, il fait partie de la délégation soviétique, formée également, selon le document retrouvé fin 1990 par l'historien Marc Lazar, de Viatcheslav Molotov, le nouveau ministre des Affaires étrangères et Nikita Khrouchtchev, qui deviendra le nouveau numéro un soviétique en septembre 1953. Les représentants de 19 partis communistes européens sont présents. 

Au cours des débats les « grands frères soviétiques ont dit tout de go » à Jacques Duclos, pour le Parti communiste français, et à Pietro Secchia, pour l'italien, numéro deux respectifs du PCF et du PCI, qu'il y avait eu en URSS de « défauts dans les méthodes de direction », « déviations de la conscience léniniste » et surtout « Culte de la personnalité ». Les soviétiques les ont incité, de plus, à « faire eux aussi des réformes dans leurs partis ». Nikita Khrouchtchev le remplace en septembre, Malenkov ayant fait l'objet de reproches pour son expérience insuffisante. Il garde néanmoins le poste de président du Conseil des ministres pendant deux ans. Il fait entendre pendant cette période son opposition au programme de développement d'armes nucléaires, déclarant qu'un conflit atomique conduirait à un désastre universel. 

La chute

Forcé à démissionner en février 1955, Malenkov demeure tout d'abord membre du Présidium qui remplace le Bureau politique du comité central du PCUS. Cependant, il est obligé de se démettre à nouveau en 1957 à la suite d'intrigues menées avec Boulganine, Molotov et Kaganovitch pour éliminer Khrouchtchev. En 1961, il est exclu du PCUS et condamné à l'exil intérieur. Bien qu'il n'ait jamais été réintégré au parti, il resta cependant communiste et devint directeur d'une centrale hydro-électrique au Kazakhstan.

Sa mort est annoncée par l'agence Tass le 16 janvier 1988, soit deux jours après sa mort, mais à l'époque l'URSS est en pleine perestroïka et face aux suites de la catastrophe de Tchernobyl, ainsi qu'en grandes difficultés en Afghanistan, de sorte que l'annonce de sa mort intervient dans une totale indifférence, autant des Soviétiques eux-mêmes qu'à l'étranger, où sa mort ne fut même pas commentée, et où il apparaissait comme oublié. Avant sa mort, il s'était converti à la religion orthodoxe. Il aurait même été lecteur et choriste dans une église de Moscou. Il est enterré au cimetière de Kountsevo. 

Famille

Malenkov avait pour épouse Valeria Alekseïevna Goloubtsova (1901-1987), directrice de l'Institut de génie énergétique de Moscou, et ils eurent trois enfants : une fille, Volia (1924-2010) et deux fils, Andreï né en 1937 et Gueorgui né en 1938. 

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