Vernon Suzy

Publié le par Roger Cousin

Appollinie Paris, dite Suzy Vernon, est une actrice française, née à Perpignan le 26 juin 1901 et morte à Moulins (Allier) le 24 janvier 1997.

Vernon SuzyVernon SuzyVernon Suzy

Sa famille est plutôt aisée et elle a tout pour être heureuse. Malheureusement, sa maman décède alors que la petite fille n’a que sept ans. Son père ne sachant trop comment gérer l’existence d’une petite fille la confie aux bons soins des bonnes sœurs du couvent Saint-Pierre. La petite Appollinie y reste jusqu’à ses quatorze ans et en sort à la faveur si j’ose dire d’un nouveau deuil. Son père a été tué à la guerre en 1915. Restée veuve de guerre inconsolable, la seconde femme du héros rappelle la chère fille du défunt auprès d’elle alors qu’elle n’a jamais souhaité la rencontrer du vivant de son mari. 

Très vite, la jeune fille regrette l’ambiance du couvent où à tout prendre elle se plaisait bien mieux qu’à l’ombre de cette étrangère, contrite en dévotions et nappée de voiles de deuil. Elle saisit sa chance d’échapper à ce funérarium permanant à la faveur d’un providentiel concours de beauté. Officiellement parce que le premier prix est de dix milles francs (une véritable fortune), officieusement parce qu’il y a aussi un contrat de cinéma à la clef.

Or, le cinéma, Appollinie en rêve jour et nuit depuis qu’elle a découvert Max Linder, Gaby Morlay et surtout Francesca Bertini qui est à cette génération ce que Greta Garbo sera à la suivante. Lauréate de sa région, la jeune roussillonnaise triomphe également à Paris, sa dauphine, une certaine Raymonde Toully fera également parler d’elle en devenant au cinéma Marie Glory. Nous sommes en 1922 et nantie de ses dix milles francs, celle qui est devenue Suzy Vernon fait, comme prévu ses débuts au cinéma, auprès de Jean Toulout dans «La conquête des Gaules». La jeune fille a un visage de madone épurée et fascine littéralement la caméra et le public. 

Elle épouse d’ailleurs le photographe Ralph de Léon qui deviendra opérateur cinéma pour magnifier encore son sublime visage. Suzy est si belle que ses films passent les frontières, ce qui est inouï à l’époque et qu’elle devient aussi célèbre qu’en France dans tous les autres pays d’Europe. Elle tourne, entres autres, pour Jacques Feyder, Charles Burguet, Abel Gance et Jacques de Baroncelli, mais aussi outre-Rhin pour Arthur Robison, Hans Steinhoff, Erich Waschneck, Georg Jacoby et Gennaro Righelli. Hollywood soi-même invite la belle Française à venir enchanter l’œil ébloui du public Américain.

Mais la belle Suzy Vernon se lasse à la fois d’Hollywood et de son mari, après quatre versions françaises produites par la Warner scandaleusement payées, elle rompt son contrat, préférant travailler au théâtre à Paris pour un cachet mille fois moindre. Dans la foulée elle divorce de Ralph et jette son dévolu sur un chirurgien Libanais travaillant à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine. Elle met dès lors un frein à sa carrière dès 1935, n’apparaissant plus qu’une seule fois à l’écran en 1939 dans «Retour au bonheur» de René Jayet, auprès de Jules Berry et Gina Manès, et se fondit dans un luxueux anonymat.

L’étrange viendra lorsqu’ayant suivi son mari au Liban en 1958, plus personne, pas même sa famille n’eut plus jamais de nouvelles de Suzy Vernon la disparue. Le mystère resta complet, on apprendra son décès à Mougins le 24 Janvier 1997 sans que personne ne sût jamais de quoi ces années furent faites. Sa dauphine de 1922, Marie Glory deviendra la doyenne du cinéma Français, décédant dans sa cent-quatrième année en 2009, le 24 Janvier elle aussi. 

 

Filmographie

  • 1922 : La Conquête des Gaules de Marcel Jonnet et Jan B. Dyl
  • 1923 : Visages d'enfants de Jacques Feyder
  • 1924 : La Vengeance des Pharaons de Hans Teyer
  • 1925 : L'Image de Jacques Feyder
  • 1925 : L'Orphelin du cirque de Georges Lannes
  • 1925 : Barocco de Charles Burguet
  • 1925 : Napoléon d'Abel Gance (une version sonorisée et modifiée est sortie en 1935)
  • 1926 : Martyre de Charles Burguet
  • 1926 : Le Roman d'un jeune homme pauvre de Gaston Ravel
  • 1926 : Grand Gosse de Benito Perojo
  • 1927 : Le Joueur de dominos de Montmartre de Willy Reiber
  • 1927 : Der Letzte Walzer d'Arthur Robison
  • 1927 : Schuldig de Johannes Meyer
  • 1928 : La Vierge folle de Luitz Morat
  • 1928 : Tu m'appartiens ! de Maurice Gleize
  • 1928 : Der Tanzstudent de Johannes Guter
  • 1929 : Paris girl de Henry Roussell
  • 1929 : Das grüne Monokel de Rudolf Meinert
  • 1929 : Indizienbeweis de Georg Jacoby
  • 1930 : Pogrom de Donatien (court métrage)
  • 1930 : Le Chanteur de Séville d'Yvan Noé et Ramón Novarro
  • 1930 : Lopez, le bandit de Jean Daumery
  • 1930 : Contre-enquête de Jean Daumery
  • 1930 : Girls for sale de Bud Pollard
  • 1931 : Le Rebelle d'Adelqui Migliar
  • 1931 : La Femme de mes rêves de Jean Bertin
  • 1931 : Un homme en habit de René Guissart et Robert Bossis : Germaine de Lussanges
  • 1931 : Le Masque d'Hollywood de Clarence Badger et Jean Daumery
  • 1931 : Miche de Jean de Marguenat
  • 1931 : Le Sergent X de Vladimir Strijewski
  • 1932 : Le Chasseur de chez Maxim's de Karl Anton
  • 1932 : Une étoile disparaît de Robert Villers
  • 1932 : La Perle de René Guiddart
  • 1933 : Pour être aimé de Jacques Tourneur
  • 1934 : Brevet 93-75 de Pierre Lequim
  • 1934 : Un homme en or de Jean Dréville
  • 1935 : Touche à tout de Jean Dréville
  • 1935 : Adémaï au Moyen Âge de Jean de Marguenat : Tiennette
  • 1935 : Le Clown Bux de Jacques Natanson
  • 1935 : Les Époux scandaleux de Georges Lacombe
  • 1936 : Nitchevo de Jacques de Baroncelli
  • 1936 : Puits en flammes de Victor Tourjansky
  • 1940 : Retour au bonheur de René Jayet

 

Publié dans Acteurs et Actrices

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