Odoul Julien

Publié le par Mémoires de Guerre

Julien Odoul, né le 8 mai 1985 à Paris, est un homme politique français. Militant successivement du parti socialiste au Nouveau Centre puis à l'UDI, il rejoint le Rassemblement national en 2014. Il est conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté depuis 2016, conseiller municipal de Sens depuis 2020 et député de l'Yonne depuis 2022. 

Odoul Julien

Situation personnelle

Julien Odoul naît le 8 mai 1985 à Paris. Sa famille paternelle est originaire de l'Yonne. Il est titulaire d’une maîtrise d’histoire. En parallèle de ses études, il est mannequin de charme, faisant notamment la couverture du magazine gay Têtu à 21 ans. Trois ans après, il est en couverture du magazine allemand Gab. Il travaille pour le Conseil supérieur de la fonction militaire, où il écrit un ouvrage intitulé Histoire du statut militaire et de la concertation dans l'armée française, qui est présenté au président de la République, François Hollande, le 9 décembre 2013, lors de la 90e session du CSFM. 

Parcours politique

Débuts

Julien Odoul rallie le Parti socialiste (PS) dans le but de soutenir Laurent Fabius à la primaire de 2006, puis le quitte en 2007. Il adhère au Nouveau Centre (NC) en 2009. En 2012, il rejoint les rangs de l'Union des démocrates et indépendants (UDI). Collaborateur du député-maire centriste d’Issy-les-Moulineaux, André Santini, il travaille pour lui jusqu’en 2011. Aux élections législatives de 2012, il est candidat centriste dans la dixième circonscription du Val-de-Marne, y réalisant le score de 1,60 %. Il aurait rencontré Marine Le Pen en juillet 2014. Il intègre le Front national (FN) en septembre de la même année. 

Élu de Bourgogne-Franche-Comté

À la suite des élections régionales de 2015, Julien Odoul entre au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté comme élu de l’Yonne, obtenant son premier mandat électoral. En 2017, il prend la tête du groupe Front national au conseil régional après la scission du groupe et le départ de Sophie Montel pour les non-inscrits, puis intègre en 2018 le bureau national du parti. Candidat aux élections législatives de 2017 dans la troisième circonscription de l'Yonne, il est battu au second tour avec 44,4 % des suffrages exprimés. Lors de l’élection sénatoriale partielle de la même année, il est candidat FN à la succession de Henri de Raincourt, sénateur de l’Yonne démissionnaire, et obtient 1,97 % des voix au second tour. Il devient par la suite assistant parlementaire de Bruno Bilde, élu dans le Pas-de-Calais. Il se porte candidat aux élections municipales de 2020 à Sens. À la tête de la liste « Changer de Sens », il arrive en troisième position au premier comme au second tour, obtenant 14,70 % et 13,94 % des suffrages exprimés ; il devient ainsi conseiller municipal avec une de ses colistières. Il entre peu à peu en conflit avec la plupart des autres conseillers régionaux RN, qui lui reprochent notamment son manque de concertation des élus du groupe, son comportement jugé autoritaire et son refus de toute alliance avec le parti Debout la France

Fin 2019, la direction nationale du RN envoie un émissaire pour tenter d'apaiser les tensions après que dix des quinze élus frontistes au conseil régional ont réclamé que Julien Odoul soit démis de la présidence du groupe. Julien Odoul est tête de liste du RN pour les élections régionales de 2021 en Bourgogne-Franche-Comté. Sa campagne est marquée par plusieurs controverses et règlements de comptes au sein du RN (divulgation d'une vidéo de lui à caractère sexuel, d’un enregistrement de 2019 dans lequel il tient des propos ambigus sur le suicide d’un agriculteur, accusations d’emploi fictif d'une collaboratrice), ce qui conduit plusieurs de ses colistiers à lui demander de se retirer. Alors que la région était jugée gagnable par le parti, Julien Odoul réalise un score moins élevé que prévu : dans un contexte de forte abstention, sa liste arrive en deuxième position au premier tour avec 23,2 % des suffrages exprimés, puis en troisième position au second tour avec 23,8 % dans le cadre d'une quadrangulaire. Après le scrutin, il voit son élection comme conseiller régional contestée devant le Conseil d’État par un proche de Sophie Montel, qui invoque un problème de domiciliation de sa part. Quelques jours après les élections régionales, lors du XVIIe congrès du Rassemblement national, il est nommé porte-parole du parti par Marine Le Pen.

Député de l'Yonne

Le 12 mai 2022, Julien Odoul annonce publiquement se porter à nouveau candidat aux élections législatives dans la troisième circonscription de l'Yonne, où Marine Le Pen a réalisé 55,17 % des voix au second tour de l'élection présidentielle de 2022. Sa circonscription est considérée comme une des plus favorables et figure parmi les 30 priorités pour le Rassemblement national. Il est élu député au second tour avec 55,84 % des suffrages exprimés. 

Accusations et poursuites judiciaires

Mise en examen pour recel de détournement de fonds publics

En avril 2019, il est mis en examen pour recel de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen. 

Accusations d’emploi fictif

Le 4 juin 2021, Libération révèle que sept conseillers ou ex-conseillers régionaux du RN en Bourgogne-Franche-Comté ont fait un signalement auprès du procureur de la République de Dijon dans lequel ils accusent Julien Odoul d'avoir employé pendant des mois une assistante fictive. 

Propos sur Tariq Ramadan

Le 30 novembre 2020, Julien Odoul est condamné à verser 10 000 euros à Tariq Ramadan qu’il avait qualifié de « violeur » sur LCI pour atteinte à la présomption d'innocence. 

Controverses

Attaque d'une mère accompagnatrice portant un voile lors d'une sortie scolaire

En octobre 2019, lors d'une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul réclame à la présidente de demander à l'accompagnatrice d’un groupe d’enfants présent dans la salle du conseil dans le cadre d'une sortie scolaire, de « retirer son voile islamique ». Le fils de l’accompagnatrice se met alors à pleurer. Julien Odoul met en avant les « principes laïcs » et la « France des Lumières », et indique ensuite : « Vous voulez me faire pleurer avec ces enfants, mais moi ceux qui me font pleurer ce sont les orphelins des 263 victimes de l’islamisme en France ». Selon lui, « le combat contre l'extrémisme religieux doit être la priorité ». Marine Le Pen condamne la forme de l'intervention, la jugeant « rugueuse » et « maladroite ». Elle s'inscrit dans une actualité marquée par l'attentat de la préfecture de police de Paris et fait l'objet de dizaines de débats télévisés, desquels sont quasiment toujours absentes les femmes musulmanes voilées. Le Conseil d’État a déjà estimé en 2013 que les accompagnatrices scolaires voilées n'étaient pas soumises aux « exigences de neutralité religieuse ». 

Le président Emmanuel Macron appelle à ne pas stigmatiser les musulmans tout en déclarant « être intraitable avec le communautarisme ». Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles, il déclare que Julien Odoul s’est fait piéger par la mère de famille, qui selon lui serait une militante et aurait agi de façon préméditée. D’après Checknews de Libération, cette théorie n’est étayée par aucun élément : l’accompagnatrice n’aurait pas souhaité se joindre à ce voyage et aurait été sollicitée au dernier moment, en raison d'un faible nombre d'accompagnants disponibles. Le 5 décembre 2019, il est filmé et insulté dans un café de Sens par Ridowane Khalil, commerçant sénonais et président d’un club de football. La diffusion de la vidéo, notamment relayée par le rappeur Booba, qui traduit son contentement, conduit la secrétaire d’État Marlène Schiappa à dénoncer l'homophobie de l’agression. Julien Odoul porte alors plainte pour insultes publiques, homophobie et menaces de mort. Ridowane Khalil justifie son comportement par les propos de l’élu sur la femme voilée du conseil régional et invoque le second degré. Le 20 février 2020, le tribunal correctionnel de Sens condamne le prévenu à douze mois de prison avec sursis et mille euros d’amende ; celui-ci annonce interjeter appel. En juillet 2020, Julien Odoul indique que l'homme qui l'avait insulté et menacé dans un bar en décembre dernier continuait à le harceler. 

Polémique après une blague sur le suicide d'un paysan

Le 4 juin 2021, Libération révèle le contenu d'un enregistrement d’échanges entre Julien Odoul et deux de ses colistiers aux élections régionales. Rebondissant sur les propos de l'un d'eux qui demande « L’agriculteur qui se pend au faîtage de son hangar… a-t-il laissé une trace ? S’est-il pissé dessus ? », Julien Odoul lance « Est-ce que la corde est française ? », ce qui fait rire l’assistance. Le jour même, il publie un démenti et annonce qu'il poursuivra le journal pour diffamation. Alors que Julien Odoul tente de se défendre en affirmant avoir parlé d'un loup et non pas d'un agriculteur, le journal dévoile l'enregistrement et publie une transcription de ses propos qui dément cette affirmation. 

Publication

  • Histoire du statut militaire et de la concertation dans l'armée française (préf. Philippe de Maleissye), Ivry-sur-Seine, ECPAD, 2013, 227 p. (avec le Conseil supérieur de la fonction militaire)
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