Wildenstein Daniel

Publié le par Mémoires de Guerre

Daniel Wildenstein, né à Verrières-le-Buisson le 11 septembre 1917 et mort à Paris le 23 octobre 2001, est un marchand d'art et un historien de l'art français. Il est le fils de Georges Wildenstein.

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Daniel Wildenstein est né dans une famille d'amateurs d'art. Son grand-père Nathan Wildenstein, fils d'un rabbin, né à Fegersheim, en Alsace, en 1852, avait commencé à vendre des peintures du XVIIIe siècle dans les années 1870, d'abord à Carcassonne puis à Paris, rue La Boétie. Nathan meurt en 1934, laissant l'héritage à son fils Georges (1892-1963) qui le transmettra à Daniel. Celui-ci a eu deux fils, Alec (1940-2008) et Guy, (né en 1945 aux États Unis) qui dirigent aujourd'hui l'entreprise familiale. Une délicate affaire de succession mettant aux prises les deux fils et la veuve de Daniel, Sylvia, défraie la chronique mondaine internationale depuis plusieurs années. Au début du XXe siècle siècle, Wildenstein & Co s'implante à New York et à Londres. Daniel Wildenstein étudie à la Sorbonne et débute sa carrière comme responsable des manifestations publiques du musée Jacquemart-André, à Paris, et au Musée de l'Abbaye de Chaalis, en forêt d'Ermenonville. Parmi les expositions qu'il suscita, citons : Dessins et manuscrits de Léonard de Vinci, Le Second Empire de Winterhalter à Renoir, Victor Louis à Varsovie et Chefs-d'œuvre de Toulouse-Lautrec.

De 1963 à 2001, il dirige la Gazette des Beaux-Arts, vénérable institution créée un siècle plus tôt et appartenant à sa famille depuis une trentaine d'années. La prestigieuse revue a disparu en 2002. Dans le même registre, Wildenstein crée avec sa sœur Miriam Pereire, en 1970, une fondation d’histoire de l’art, le Wildenstein Institute, qui publie le catalogue raisonné de nombreux artistes, dont le catalogue complet des œuvres de Claude Monet, et qui est aujourd'hui encore un centre documentaire d'histoire de l'art de tout premier plan, avec plus de 400 000 ouvrages. Dans les années 1960, Wildenstein avait fermé ses bureaux parisiens et fait de New York le quartier général de son commerce. En 1971, il entre comme membre libre à l'Académie des beaux-arts au fauteuil numéro III. Wildenstein possédait une collection extraordinaire de peintures des maîtres de l’Impressionnisme bien qu'il ne se limitât pas à cette période. En 1978, son « trésor » est notamment constitué de 20 Renoir, 25 Courbet, 10 Van Gogh, 10 Cézanne, 10 Gauguin, 2 Botticelli, 8 Rembrandt, 8 Rubens, 9 Le Greco, 5 Tintoret, et une grande quantité de Bonnard récupérés en défendant les enfants de Bonnard contre la famille de feue Mme Bonnard dont ils ignoraient l'existence, autour de sa succession, soit en tout environ 10 000 peintures.

En 1981, il fait donation au Musée Marmottan d'une collection de plus de 200 enluminures rassemblées par son père Georges Wildenstein. Passionné de sport hippique, Daniel Wildenstein investit aussi bien dans les chevaux de plat que de trot. Sa célèbre casaque bleue remporte quatre fois le prix de l'Arc de Triomphe (plat) mais aussi deux fois le Prix d'Amérique (trot). Passionné par les arts, ses chevaux de plat ont des noms tels que Allez France, Peintre Célèbre, Aquarelliste, Claude Monet, Leonardo da Vinci, Picasso, Seurat ou encore Goodbye Charlie (en référence au départ du général de Gaulle des affaires). Pour le trot, les plus célèbres sont Cocktail Jet et Kesaco Phedo. En 2002, le Prix du Rond Point a été renommé Prix Daniel Wildenstein. En 1993, la Pace Gallery et Wildenstein créent la filiale PaceWildenstein, galerie de Manhattan spécialisée dans l'art contemporain. La fin de la vie de Daniel Wildenstein est marquée par de nombreuses polémiques et par des procès, ceux intentés par les possesseurs d'œuvres de Modigliani ou de Van Dongen exclus des catalogues raisonnés publiés par le Wildenstein Institute, d'une part, et, d'autre part, ceux de familles juives dépossédées de leurs œuvres d'art par les Allemands pendant la guerre et accusant la famille Wildenstein d'avoir collaboré avec le régime nazi à leurs dépens. Daniel Wildenstein n'est pas un historien de l'art des plus banals. Possédant à titre personnel plus d'œuvres que bien des musées, il fut un homme d'affaires avisé, mais aussi un érudit peu avare de ses connaissances.

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