Holt Jany

Publié le par Roger Cousin

Jany Holt, de son vrai nom Ekaterina Rouxandra Vladesco-Olt, est une actrice française d'origine roumaine, née le 13 mai 1909 à Bucarest (Roumanie), décédée le 26 octobre 2005 à l'hôpital de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 96 ans. Elle fut l'épouse de Marcel Dalio entre 1936 et 1939, puis eu une relation avec Jacques Porel, le fils de la comédienne Réjane.

Holt Jany Holt Jany

Fille de Marin Vladesco Olt et de Lucrétia Penesco, Jany Holt naît Ruxandra Ekaterina Vladescu Olt, le 13 mai 1909, à Bucarest capitale de la Roumanie, sous le règne de Charles 1er prince de Hohenzollern. Le pays libéré depuis moins de cinquante de la tutelle turque et qui s’est battu avec héroïsme aux côtés de alliés pendant la Première Guerre Mondiale, se transforme progressivement en une nation moderne. Les parents de Ruxandra, veulent voir leur fille faire des études de commerce à Paris. Elle préfère le théâtre sous la tutelle de Charles Dullin, co-fondateur avec Georges Pitoëff, Louis Jouvet et Gaston Baty du «Cartel des Quatre». Cette initiative, confirmée par un talent prometteur, lui permet, à moins de vingt ans, de donner la réplique à Harry Baur. Elle prend alors un pseudonyme anglo-saxon qui rappelle néanmoins son nom.

Tout en poursuivant sa carrière théâtrale, Jany Holt est sollicitée, en 1931, pour le film «Un homme en habit» avec Fernand Gravey. En 1935, elle fait partie de la distribution du drame romanesque «Le domino vert» avec Danielle Darrieux et retrouve Harry Baur dans un film étonnant «Le Golem» de Julien Duvivier. L’année suivante est riche de succès: «Les bas-fonds» de Jean Renoir, une adaptation de la pièce de Maxime Gorki avec Louis Jouvet et Jean Gabin, ainsi que «Courrier sud» d’après le roman de Antoine de Saint-Exupéry avec Pierre Richard-Willm. Elle tourne encore avant-guerre six films dont «L’alibi» (1937) avec Erich von Stroheim et «La maison de Maltais» avec Marcel Dalio devenu son époux. Mais les deux acteurs, après une vie commune tumultueuse, se séparent au bout de trois ans.

Pendant l’occupation, alors même que la Roumanie coincée, entre son ennemie l’Union Soviétique et Hitler qui veut bénéficier de ses champs pétrolifères, doit se résoudre à entrer en guerre du côté des Allemands, Jany Holt fait du théâtre mais aussi quelques films dont «Les anges du péché» (1943) avec Renée Faure. En 1945, elle est l’héroïne de deux films de Maurice de Canonge sur la résistance. Domaine qu’elle connaît bien. Elle reçoit, en effet, du général de Gaulle, pour son action exceptionnelle pendant la guerre, la Croix de Guerre et le titre de «Soldat de la France Combattante». L’information paraît dans les journaux bucarestois, tandis que le jeune Roi Michel quitte la Roumanie face aux pressions communistes.

Puis Jany Holt poursuit tranquillement une carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision. Elle s’essaie aussi à un court métrage en 1965. Elle apparaît dans des productions étrangères comme « Le gantelet vert» (1951) avec Glenn Ford, «Le temps d’aimer» (1970) avec Mel Ferrer, «La femme gauchère» (1977) avec Bruno Ganz, «La cible» (1984) avec Gene Hackman. Plus récemment, elle joue la grand-mère juive de Mathieu Kassovitz dans «Métisse» (1992). À quatre-vingt-cinq ans, dirigée par Jean-Pierre Mocky, elle tourne son trente-neuvième et dernier long métrage «Noir comme le souvenir».

En 2004, le cinéaste Dan Necşulea interroge la très vieille dame presque centenaire, filme son village natal et réalise le documentaire: «De origine română: Jany Holt». Ce très émouvant hommage va passer à la télévision roumaine dans une série culturelle consacrée aux «Artistes roumains d’au-delà les frontières», avant que Jany Holt ne décède le 26 octobre 2005, à Neuilly-sur-Seine. 

Filmographie

  • 1931 : Un homme en habit, de René Guissart et Robert Bossis : Ninette
  • 1935 : Le Domino vert, de Henri Decoin et Herbert Selpin
  • 1936 : Un grand amour de Beethoven, de Abel Gance
  • 1936 : Le Golem, de Julien Duvivier
  • 1936 : Les Bas-fonds, de Jean Renoir
  • 1937 : Courrier Sud, de Pierre Billon
  • 1937 : Troika sur la piste blanche, de Jean Dréville
  • 1937 : L'Alibi, de Pierre Chenal
  • 1938 : La Piste du sud, de Pierre Billon
  • 1938 : Le Paradis de Satan, de Félix Gandéra
  • 1938 : La Tragédie impériale, de Marcel L'Herbier
  • 1938 : La Maison du Maltais, de Pierre Chenal
  • 1942 : Andorra ou les hommes d'Airain, de Émile Couzinet
  • 1943 : Dr. Terror's House of Horrors, de James M. Totman (segment The Monster of Stone)
  • 1943 : Le Baron fantôme, de Serge de Poligny
  • 1943 : Les Anges du péché, de Robert Bresson
  • 1945 : Farandole, de André Zwoboda
  • 1945 : La Fiancée des ténèbres, de Serge de Poligny
  • 1946 : Mission spéciale, de Maurice de Canonge
  • 1946 : Le Pays sans étoiles, de Georges Lacombe
  • 1947 : Contre-enquête, de Jean Faurez
  • 1947 : Rumeurs, de Jacques Daroy
  • 1947 : Non coupable, de Henri Decoin
  • 1949 : Le Furet, de Raymond Leboursier
  • 1949 : L'Échafaud peut attendre, de Albert Valentin
  • 1949 : Docteur Laennec, de Maurice Cloche
  • 1949 : Mademoiselle de la Ferte, de Roger Dallier et Georges Lacombe
  • 1952 : Le Gantelet vert (The Green Glove), de Rudolph Maté
  • 1952 : Vedettes sans maquillage de Jacques Guillon - (court métrage)
  • 1956 : Gervaise, de René Clément
  • 1956 : Les Insoumises, de René Gaveau
  • 1965 : La pharmacienne - Uniquement coréalisatrice - (court métrage)
  • 1968 : Le Grabuge, de Édouard Luntz
  • 1971 : A Time for Loving, - Le temps d'aimer de Christopher Miles
  • 1971 : Adieu mes quinze ans, de Claude de Givray (série TV)
  • 1973 : Destins, de Maurice Delbez et Serge Hanin (TV) (segment Chère petite madame)
  • 1977 : La Femme gauchère (Die Linkshändige Frau), de Peter Handke
  • 1985 : Target, de Arthur Penn
  • 1987 : Saxo, de Ariel Zeitoun
  • 1988 : La Passerelle, de Jean-Claude Sussfeld
  • 1993 : Roulez jeunesse!, de Jacques Fansten
  • 1993 : Métisse, de Mathieu Kassovitz
  • 1995 : Noir comme le souvenir, de Jean-Pierre Mocky

Télévision

  • 1961 : Les Parents terribles de Jean Cocteau, réalisation Jean-Paul Carrère
  • 1961 : Egmont, de Jean-Paul Carrère
  • 1963 : L'inspecteur Leclerc enquête d'André Michel, épisode : La vie sauve : Madame Sorval
  • 1973 : Les Enquêtes du commissaire Maigret, épisode : Maigret et la jeune morte de Claude Boissol
  • 1974 : Les Flocons rouges, de Bernard Maigrot
  • 1975 : Au théâtre ce soir : Monsieur Silence de Jean Guitton, mise en scène Christian Alers, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Édouard VII
  • 1979 : Au théâtre ce soir : Tout dans le jardin d'Edward Albee d'après Giles Cooper, mise en scène Michel Bertay, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny
  • 1982 : Toutes griffes dehors, de Michel Boisrond
  • 1984 : Au théâtre ce soir : Pomme, pomme, pomme de Jacques Audiberti, mise en scène Georges Vitaly, réalisation Pierre Sabbagh, théâtre Marigny

Théâtre

  • 1935 : La Créature de Ferdinand Bruckner, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Mathurins
  • 1936 : Les Innocentes adaptation de la pièce The Children's Hour de Lillian Hellman, théâtre des Arts
  • 1936 : Poucette de Charles Vildrac, mise en scène Georges Pitoëff, théâtre des Mathurins
  • 1937 : Baignoire B. de Maurice Diamant-Berger, mise en scène Jean Wall, théâtre Marigny
  • 1937 : Les Indifférents d'Alberto Moravia, mise en scène Paulette Pax, théâtre de l'Œuvre
  • 1938 : L'Homme de nuit de Paul Demasy, mise en scène Paulette Pax, théâtre de l'Œuvre
  • 1938 : Je vivrai un grand amour de Steve Passeur, mise en scène Paulette Pax, théâtre de l'Œuvre
  • 1940 : Les Monstres sacrés de Jean Cocteau, mise en scène André Brulé, théâtre Michel
  • 1941 : Marché noir de Steve Passeur, théâtre Édouard VII
  • 1947 : Le Temps de vivre de Pierre Barillet d'après Dark Victory de George Emerson Brewer et Bertram Bloch, mise en scène Paul Cambo, théâtre Pigalle
  • 1949 : Le Pain dur de Paul Claudel, mise en scène André Barsacq, théâtre de l'Atelier
  • 1949 : Héloïse et Abélard de Roger Vaillant, mise en scène Jean Marchat, théâtre des Mathurins
  • 1950 : Le Feu sur la terre de François Mauriac, mise en scène Jean Vernier, théâtre des Célestins, théâtre Hébertot
  • 1951 : Siegfried de Jean Giraudoux, mise en scène Claude Sainval, Comédie des Champs-Élysées
  • 1951 : Le Bel Indifférent de Jean Cocteau, théâtre de la Renaissance
  • 1951 : Le Médecin malgré elle de Marie-Louise Villiers, mise en scène Robert Murzeau, théâtre de la Renaissance
  • 1952 : Le Médecin malgré elle de Marie-Louise Villiers, mise en scène Robert Murzeau, théâtre des Célestins
  • 1955 : Protée de Paul Claudel, mise en scène Raymond Gérôme, Comédie de Paris
  • 1963 : La Danse de mort d'August Strindberg, mise en scène Michel Vitold et Frédéric Bart, théâtre de Lutèce
  • 1964 : Le Cinquième Cavalier de Costa du Rels, mise en scène Maurice Guillaud, théâtre Hébertot
  • 1972 : Une anguille pour rêver de William Payne, mise en scène Marcel Lupovici, théâtre 347

Publié dans Acteurs et Actrices

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