Camp de Mérignac

Publié le par Mémoires de Guerre

Le Camp de Mérignac est un camp d'internement ouvert par le régime de Vichy en 1941 au lieu-dit Beaudésert sur le territoire de la commune de Mérignac (Gironde). Y furent internés des nomades, des Juifs, des communistes et des réfractaires au S.T.O.

Camp de Mérignac
Camp de Mérignac
Camp de Mérignac
Camp de Mérignac
Camp de Mérignac

Un camp d'internement fut créé à la demande des Autorités d'Occupation (A.O.) par arrêté préfectoral du 11 novembre 1940. Dans un premier temps, il assura les internements administratifs de populations nomades, mais l’Hôtel des émigrants du 24 quai de Bacalan à Bordeaux s'avérant trop exigu, le camp de Mérignac devint un lieu de détention pour des internés politiques. Dans la continuité du décret du 26 septembre 1939 et du décret du 9 avril 1940 dit « décret Sérol », instruments d’une répression anticommuniste : après de la signature du Pacte germano-soviétique les autorités françaises poursuivirent à grande échelle la traque des communistes. Ainsi, le 22 novembre 1940, 148 hommes et femmes suspectés d’activités syndicalistes et communistes furent arrêtés. La mise en service du camp de Mérignac à Beaudésert permit donc l’augmentation du nombre d’internés fut par la suite pour, l’Occupant, un vivier d’otages.

Enfin, en application des accords Bousquet-Oberg de 1942, le camp de Mérignac servit de lieu de regroupement des juifs internés, en amont de leur déportation. Des gendarmes français et des Gardes civils furent affectés à la surveillance du camp qui relevait de l’administration française. Le régime de Vichy interna ainsi à Mérignac des personnes désignées comme « indésirables » : réfugiés espagnols et autres étrangers, juifs, nomades, militants communistes, etc.  Le camp d'internement fut installé au début de la guerre sur le site de Beaudésert, où un projet de construction de cité olympique dans les années 1920 n'avait pas abouti. Il s'agissait d'un petit camp entouré d'une haute palissade de fils barbelés et de miradors. Le camp était gardé par des gendarmes français. Les conditions de vie y étaient déplorables, sans hygiène ni infirmerie.

Y furent détenus pendant quatre ans, tour à tour ou simultanément, militants politiques et syndicaux, condamnés de droit commun, « indésirables » et étrangers, trafiquants du marché noir, juifs, proxénètes, prostituées, réfractaires au S.T.O., raflés sans papiers, « dissidents » et « terroristes ». Cinq à six cents personnes y étaient surveillées par une soixantaine de gendarmes et de gardes civils. À partir du 2 juillet 1942, des juifs des deux sexes âgés de 16 à 45 ans furent détenus au camp, à l'exception des juifs des nationalités : italienne, espagnole, turque, grecque, bulgare, hongroise, finnoise, norvégienne, anglaise, américaine et mexicaine. Plus de 2 000 juifs de Bordeaux et de sa région furent internés au camp de Mérignac.

Quinze cents d'entre eux furent transférés au camp de Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort de Pologne. Une palissade séparait les baraques des juifs des baraques des autres détenus. Les nomades et les juifs détenus au camp de Mérignac furent par la suite transférés au Camp de la Lande de Monts ou au camp de La Morellerie en Indre-et-Loire. De juillet à novembre 1942, 459 juifs internés à Mérignac furent transférés à Drancy puis déportés. À partir de l'été 1941, un clôture en fils de fer barbelés fut construite pour regrouper les otages. Le camp de Mérignac fut l'une des annexes de la maison d'arrêt de Bordeaux du Fort du Hâ. Le 22 octobre 1941, des détenus du camp furent désignés comme otages et furent fusillés à Souge et à Bordeaux. 

Publié dans Camps de Concentration

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