Camp de Beaune la Rolande

Publié le par Mémoires de Guerre

Le camp de transit de Beaune-la-Rolande était un camp d'internement durant la Seconde Guerre mondiale situé dans la commune de Beaune-la-Rolande dans le département du Loiret (France). Avec les camps de Pithiviers et de Jargeau, le camp de Beaune-la-Rolande était l'un des trois camps implantés dans le département du Loiret.

Camp de Beaune la Rolande

Localisation

Le camp de Beaune-la-Rolande se situe à environ 98 km au sud de Paris, 51 km au nord-est d'Orléans, 26 km au nord-ouest de Montargis et 19 km au sud-est de Pithiviers. C'est un des trois camps d'internement et de déportation dans le département du Loiret avec le camp de Pithiviers et le camp de Jargeau, au lieu-dit du Clos-Ferbois (Frontstalag 153).

Historique

Construit en 1939 pour y enfermer les futurs prisonniers de guerre allemands de la Seconde Guerre mondiale, ce camp servit par la suite aux Allemands, qui y ont regroupé des prisonniers de guerre français avant leur envoi en Allemagne. Dès le 14 mai 1941 et la Rafle du billet vert, le camp accueillit des Juifs étrangers arrêtés, en France occupée, par la police française, sur ordre des autorités allemandes. 2 773 Juifs ont quitté Beaune-la-Rolande les 28 juin, 5 et 7 août, 23 septembre 1942, soit directement pour le camp d'Auschwitz, en Pologne, soit pour celui de Drancy, au nord-est de Paris.

Le 17 août 1942 a eu lieu la déportation en masse des enfants, en très grande majorité français, dont les parents avaient déjà été déportés (voir la Rafle du Vélodrome d'Hiver). Environ 1 500 enfants du camp de transit de Beaune-la-Rolande font partie du convoi no 20 qui les achemina à Drancy dans des conditions épouvantables. Le camp a été fermé en juillet 1943 par Alois Brunner, envoyé en France par Adolf Eichmann pour assister le SS-Obersturmführer Heinz Röthke, successeur de Theodor Dannecker depuis le 27 juillet 1942. Les internés ont été transférés à Drancy

Convois

De Beaune-la-Rolande, sont partis les Convois de la déportation des Juifs de France suivants :

  • Convoi n°5 du 28 juin 1942
  • Convoi n°15 du 5 août 1942

Organisation

Situé près du centre-ville, le camp était placé sous la double responsabilité de la préfecture du Loiret et de l'autorité allemande. Des gendarmes français en assuraient la surveillance. Il était composé de quatorze baraques, isolées par des barbelés renforcés par des miradors. Il était possible, au départ, que les détenus reçoivent des visites et du courrier. Les détenus étaient soit déportés directement vers les camps d'extermination dans le Gouvernement général de Pologne, soit dirigés vers le camp de Drancy en vue de leur déportation future. 

Camp de Beaune la Rolande

Camp de Beaune la Rolande

Lieux de mémoire

En 1965, une stèle fut construite à la mémoire des Juifs internés. En 1989, elle fut remplacée par un monument de plus grande dimension ; abattu par la tempête, il fut redressé en 1990. Sur la stèle sont gravés les noms de Juifs internés dans le camp. En 1994, une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l'ancienne gare par l'association Fils et filles de déportés juifs de France. Les vestiges de la baraque no 4 du camp (2008) furent retrouvés, reconvertis en entrepôt. Ils furent démontés et remontés à Orléans, dans la cour du Musée-Mémorial des enfants du Vel' d'Hiv', en 2008.

Publié dans Camps de Concentration

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article