Camp de Pithiviers

Publié le par Mémoires de Guerre

Le camp de Pithiviers était un camp d'internement situé à Pithiviers dans le département du Loiret (France). Avec les camps de Beaune-la-Rolande et de Jargeau, le camp de Pithiviers était l'un des trois camps implantés dans le département du Loiret. 

Camp de Pithiviers

Localisation

Le camp était situé dans la commune de Pithiviers, à environ quatre-vingt kilomètres au sud de Paris et dix-neuf au nord-ouest de Beaune-la-Rolande. Les bâtiments ont été détruits au cours des années cinquante pour des raisons matérielles, non sans l'accord des associations mémorielles. Seule l'infirmerie, actuel 2 rue de Pontournois, a été conservée, pour servir d'habitation. Le poste de garde, à l'entrée du camp, se trouvait au centre de l'actuel square Max Jacob, 50 rue de l'Ancien camp, et non à côté, où a été dressée une stèle explicative à une époque où seuls les récits des survivants permettaient de se faire une idée des lieux. La limite opposée se situait à hauteur de l'actuel stade d'athlétisme, en retrait du 14 rue Gabriel Lelong. 

Historique

Le camp a été construit au début de la Seconde Guerre mondiale avec l'objectif d'y accueillir des familles réfugiées de Paris, puis des prisonniers de guerre allemands. Après l'armistice du 22 juin 1940, il est utilisé d'abord pour des prisonniers de guerre français. Joseph Darnand, fondateur et dirigeant de la Milice française, fait prisonnier de guerre le 19 juin 1940, a été interné au camp de Pithiviers avant de s'en évader en août 1940. 

Déportation des juifs

À partir de septembre 1940, les autorités françaises recensent les Juifs étrangers sur ordre des Allemands, puis le régime de Vichy prend l'initiative de promulguer une loi sur le statut des Juifs (loi du 4 octobre 1940). Theodor Dannecker, représentant d'Adolf Eichmann à Paris de septembre 1940 à août 1942, souhaite cependant accélérer l'exclusion des Juifs, non seulement en les recensant et en les spoliant, mais également en les internant. Il peut compter sur Carltheo Zeitschel, qui partage avec lui les mêmes objectifs, et qui est chargé à l'ambassade d'Allemagne à Paris des relations avec le Commissariat général aux questions juives, créé le 29 mars 1941.

Le 22 avril 1941, Theodor Dannecker informe le préfet régional Jean-Pierre Ingrand (1905-1922), représentant du ministère de l'Intérieur en zone occupée, de la transformation du camp de prisonniers de Pithiviers en camp d'internement, avec transfert de sa gestion aux autorités françaises. Les Allemands exigent dans le même temps l'application de la loi du 4 octobre 1940 qui permet l'internement des Juifs étrangers. Le seul camp de Pithiviers étant insuffisant, celui de Beaune-la-Rolande est également requis, pour une capacité totale de 5000 places. Le gouvernement de Vichy transforma ainsi le camp de prisonniers de guerre en camp d'internement pour les Juifs arrêtés lors des rafles et plus particulièrement la Rafle du billet vert le 14 mai 1941, puis les rafles du Vel d'hiv du 16 et 17 juillet 1942.

Six convois partirent de Pithiviers les 25 juin, 17 juillet (6e convoi), 31 juillet, 3 août et 21 septembre 1942, transportant 6 079 Juifs vers Auschwitz pour y être assassinés. Il n'y eut que 115 survivants à la Libération, soit 1,8 % des déportés. Max Jacob après son arrestation à Saint-Benoît-sur-Loire fut interné dans le camp de Drancy, il y mourut. Arrétée le 13 juillet 1942, la romancière Irène Némirovsky, auteure du roman inachevé "Suite française", y est transportée le 15 juillet 1942 avant d'être déportée le 17 juillet à Auschwitz par le convoi n°6. Elle y meurt un mois plus tard de la grippe (selon le certificat du camp), en fait plus sûrement du typhus. 

Convois

Du camp de Pithiviers, sont partis les convois de la déportation des Juifs de France suivants :

  • Convoi n° 4 du 25 juin 1942
  • Convoi n° 6 du 17 juillet 1942
  • Convoi n° 13 du 31 juillet 1942
  • Convoi n° 14 du 3 août 1942
  • Convoi n° 16 du 7 août 1942
  • Convoi n° 35 du 21 septembre 1942

Détenus politiques

Le camp de Pithiviers fut évacué à la fin du mois de septembre 1942 pour être transformé en camp de concentration pour détenus politiques jusqu'en août 1944.

Publié dans Camps de Concentration

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