Girier René dit René la canne

Publié le par Roger Cousin

René Girier naquit le 9 novembre 1919 à Oullins (banlieue lyonnaise) et mourut le 28 janvier 2000 dans une maison de retraite à Reims ; son surnom de René la Canne ou René le boiteux provenait d'une balle reçue dans la jambe qui le faisait boiter, la canne étant la jambe en argot. 
Girier René dit René la canne

René la Canne fut un malfaiteur spécialisé dans les attaques à main armée dans les années 1940 et surtout 1950. Il se rendit célèbre par ses nombreuses évasions. Il s'évada 17 fois en 8 ans de prison et fut libéré en 1956 grâce à sa visiteuse de prison, la princesse Charlotte de Monaco qui l'installa près de son château de Marchais (Aisne) et il devint son chauffeur (sans permis), son intendant et son ami. René la Canne fut ainsi le chauffeur de la princesse Charlotte au mariage de son fils Rainier III de Monaco avec Grace Kelly en 1956. Il est inhumé à Reims, au cimetière de la Neuvillette.

René la Canne a publié plusieurs fois son autobiographie, sous différents titres. En 1952 (Chienne de Vie), en 1977 (Je tire ma révérence) et en 1988 (Tu peux pas savoir). L'arrestation de René Girier est intervenue le 26 janvier 1951 à Paris, place de l'Opéra. Dans ses mémoires1, René la Canne raconte qu'il sortait d'une séance de cinéma, à 16h30, et que Roger Borniche, qui était en compagnie de l'inspecteur Leclerc, l'a reconnu : « Soudain deux bras m'ont ceinturé.

— Fais pas le con, Girier ! T'es fait ! Touche pas à ton flingue !
— Comment veux-tu que je fasse pour le sortir ! Je ne peux pas bouger.
Un autre poulet me passe les menottes.
— C'est quoi ton nom ? J'aime bien connaître le blaze des types qui m'arrêtent
— Roger Borniche.
— Ah c'est toi ! Figure-toi que je n'ai jamais pu te retapisser avant. C'est dommage, hein !
— J'en ai l'impression. » — Tu peux pas savoir, page 376, éditions presse pocket

L'avocat de René Girier lui expliquera plus tard que : « les inspecteurs Borniche et Leclerc pensaient vous coincer au moment où vous contactiez Vincent... Mais ils étaient en avance au rendez-vous... Ils ont fait comme vous, ils se sont promenés à deux pas de là ; place de l'Opéra. C'est Borniche qui vous a vu sortir du cinéma... ils vous ont suivi quelques mètres puis ceinturé... (...) le commissaire Chenevier et l'inspecteur Borniche ont été décorés après votre arrestation. La médaille d'honneur de la police remise par Henri Queuille, le ministre de la police en personne ». 

Et René la Canne de répondre à son avocat : « Ils ne l'ont pas volée... ce sont de bons flics ! Enfin des flics tout de même... » René la Canne relèvera, également, dans ses mémoires les relations qu'il nouera avec Roger Borniche qui passa le voir plusieurs fois en prison : « Depuis plusieurs mois je l'ai fréquemment rencontré en cellule. Nous avons des rapports courtois, voire amicaux. Depuis qu'il a eu connaissance de ma décision de tenter une réinsertion, il m'a encouragé ».

Publié dans Banditisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article