Massacre de Sant'Anna di Stazzema

Publié le par Roger Cousin

Simon MaxLe massacre de Sant'Anna di Stazzema est un crime de guerre contre des civils perpétré par les Waffen-SS de la 16e Panzergrenadierdivision SS Reichsführer-SS commandée par le général (Gruppenführer) Max Simon, le 12 août 1944 et qui s'est poursuivi dans d’autres localités voisines jusqu'à la fin du mois. Au début d'août 1944, Sant’Anna, une frazione de la commune de Stazzema, dans la province de Lucques (Toscane), avait été classée « zone blanche » par le commandement allemand, c'est-à-dire épargnée par les combats et autorisée à accueillir des réfugiés. Les partisans avaient quant à eux déserté la région sans action particulière contre la Wehrmacht.

Contre toute attente, à l'aube du 12 août 1944, trois bataillons de SS montèrent à Sant' Anna, pendant qu’un quatrième ferme la marche empêchant toute fuite vers Valdicastello. Lorsque les SS arrivèrent à Sant'Anna, accompagnés de collaborateurs fascistes qui leur servaient de guides, les hommes du village se réfugièrent dans les bois afin de ne pas être déportés. Les femmes, les enfants et les vieillards restèrent chez eux, certains que rien ne pouvait leur arriver car sans défense. La plupart d'entre eux fut néanmoins massacrée à la mitraillette ou à la grenade avec une barbarie effrayante, puis le village incendié. 560 personnes périrent dans le massacre. La victime la plus jeune, Anna Pardini, âgée seulement de 20 jours, fut retrouvée vivante mais gravement blessée, dans les bras de sa mère morte, mais mourut à son tour peu de jours après à l'hôpital de Valdicastello.

Comme l’a démontré l'enquête du tribunal militaire de La Spezia, il ne s'agit pas de représailles mais d'une opération terroriste dont chaque détail a été minutieusement prémédité, l'objectif étant, au travers de la destruction du village et de l'extermination de ses habitants, de briser les liens entre les populations civiles et les résistants présents dans la zone. La reconstitution des événements, l'attribution des responsabilités et les motivations qui ont entraîné le massacre ont été possibles grâce au procès qui s'est conclu en 2005 par la condamnation à la réclusion à perpétuité de dix anciens SS ayant participé aux événements, sentence qui fut confirmée en appel en 2006 puis ratifiée par la Cour de cassation en 2007.

Publié dans Evènements

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