Amélie de Montchalin

Publié le par Mémoires de Guerre

Amélie de Montchalin, née Bommier le 19 juin 1985 dans le 8e arrondissement de Lyon, est une femme politique française. D'abord proche de l’UMP (devenue Les Républicains), elle rejoint En marche en décembre 2016. Élue députée lors des élections législatives de 2017 dans la sixième circonscription de l'Essonne, elle est membre de la commission des Finances, où elle officie de 2017 à 2018 comme coordinatrice (« whip ») du groupe LREM. Elle est rapporteure parlementaire du projet de loi de finances pour 2018. De 2018 à 2019, elle est première vice-présidente du groupe LREM. Elle est nommée secrétaire d’État chargée des Affaires européennes le 31 mars 2019, succédant à Nathalie Loiseau. 

Amélie de Montchalin

Jeunesse et famille

Descendant (par sa mère) d'une longue lignée d'agriculteurs du plateau de Saclay, Amélie Bommier naît dans le 8e arrondissement de Lyon et grandit en suivant les nombreuses mutations professionnelles de son père, Bernard Bommier, qui a occupé des postes de cadre supérieur chez Elf Aquitaine, ensuite Danone, puis Coca-Cola, en France (Lyon, Provins, Calais, Paris depuis 2004) et à l'étranger (Brésil, République tchèque). Sa mère est infirmière.

Parcours étudiant et professionnel

Après avoir été élève au lycée Hoche à Versailles, puis étudiante en classe préparatoire au lycée Sainte-Geneviève, elle intègre HEC Paris en 2005. Elle obtient en parallèle une licence en histoire à l'université Paris-Sorbonne et une licence en économie appliquée à l'université Paris-Dauphine. Elle travaille comme économiste à la BNP Paribas puis chez Axa au Chili, puis comme analyste politique à la Commission européenne. Elle obtient un master en administration publique à la Harvard Kennedy School en 2014. Elle a été économiste junior chargée de l'Europe pendant la crise de la zone euro de 2009 à 2012 chez Exane et directrice de la prospective et du suivi des politiques publiques (c'est-à-dire responsable de la stratégie de long terme et de ses échanges avec le G20, les banques centrales et les institutions européennes) pour le groupe Axa de 2014 à 2017. 

Parcours politique

Conseillère à l'UMP puis LR

Elle effectue un stage à l'Assemblée nationale en 2007 auprès de Valérie Pécresse, ce qui la conduit à travailler pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Elle suit Valérie Pécresse au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En parallèle de son activité professionnelle, elle exerce une activité de conseil auprès de l’UMP, devenue Les Républicains. Le webmédia Contexte précise qu'« elle a fait passer des notes sur ses sujets — investissement, conduite des réformes, budget ou encore logement — à la motion de centre droit La Boîte à idées, au collectif de hauts fonctionnaires et de cadres Les Éclaireurs, puis à l’entourage d’Alain Juppé pendant la campagne pour la primaire. » Elle participe ainsi à la conception du programme économique d’Alain Juppé.

Députée LREM de la XVe législature

Élection

Amélie de Montchalin rejoint En marche ! en décembre 2016, après la défaite d'Alain Juppé lors de la primaire de la droite et attirée par l'engagement européen d'Emmanuel Macron. Après avoir reçu l'investiture de La République en marche !, elle est élue députée de la sixième circonscription de l'Essonne, où elle a des attaches familiales, avec 61,34 % des voix (contre Françoise Couasse, candidate UDI-LR). Elle était opposée au premier tour à plusieurs candidats, dont le sortant suppléant Jérôme Guedj, député de la circonscription entre 2012 et 2014 en remplacement de François Lamy. Elle fait partie des nouveaux députés LREM issus du milieu de l'entreprise, et séduits par le côté « start-up » d’En marche ! (s'inspirant du fonctionnement managérial et du langage de l'entreprise). Elle est présentée dans la presse comme libérale. 

Coordinatrice du groupe LREM à la commission des Finances

Au début de la législature, elle est la coordinatrice (« whip ») du groupe La République en marche pour la commission des finances choisie à ce poste par l'entourage de Richard Ferrand, elle est la première femme à occuper un tel rôle à l'Assemblée nationale. Son rôle est de faire respecter les consignes de vote au sein de son parti, de s'assurer qu'il y ait toujours une majorité pour LREM lors de chaque vote et d'assurer la liaison avec les ministres Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Elle est également rapporteure du projet de loi de finances pour 201820. Elle fait part de sa satisfaction à l'égard de la suppression de l'impôt sur la fortune, considérant que cet impôt constituait un frein à l'investissement en France, et se prononce pour une forte baisse de la dépense publique ainsi que pour le maintien de l'indexation du SMIC sur l’inflation. 

Chef de file de LREM pour le projet de loi de finances pour 2019, elle coordonne à l'été 2018 la commande à des centres de recherche publics de six études visant à préparer le projet de loi de finances 2019, ce qui constitue une « démarche inédite » selon Les Échos. Elle est rapidement présentée comme « une des figures montantes de la majorité ». Le Monde indique qu'elle est considérée, avec Gabriel Attal, comme l'une des deux députés de la majorité les plus talentueux. Le média en ligne Contexte estime, dans un portrait en octobre 2017, qu'elle « s’est déjà imposée comme « la » spécialiste en matière économique au sein de la majorité », et indique qu'elle est « une femme consultée et estimée dans son camp ». Selon 20 minutes, « les députés de l’opposition lui reconnaissent une grande maîtrise des sujets financiers ». 

Ses détracteurs critiquent son comportement autoritaire au poste de coordinatrice de la commission des Finances. Au bout de six mois de législature, elle est la 7e députée la plus active selon le classement établi par Capital, dont la méthodologie est contestée. À l'automne 2017, son nom est évoqué pour entrer au 2e gouvernement Édouard Philippe en remplacement de Benjamin Griveaux au ministère de l'Économie, mais Delphine Gény-Stephann lui est finalement préférée. En février 2018, le jury du Trombinoscope la désigne députée de l'année. En septembre 2018, après la nomination de François de Rugy au gouvernement, elle soutient Richard Ferrand pour lui succéder à la présidence de l'Assemblée nationale. Une fois ce dernier élu, elle se porte candidate pour lui succéder à la présidence du groupe LREM. Elle est éliminée au premier tour de scrutin, arrivant en 3e position sur 7 candidats avec 45 voix : au second tour, elle soutient Gilles Le Gendre face à Roland Lescure. 

Première vice-présidente du groupe LREM

Après l'élection de Gilles Le Gendre, elle devient première vice-présidente du groupe LREM, chargée d'animer le réseau des coordonnateurs des commissions. Elle quitte ainsi son poste de coordinatrice de la commission des Finances. Elle apparaît alors comme la plus connue des nouveaux vice-présidents. Challenges estime que « sa nomination est une gageure tant elle fait figure d’épouvantail pour « l’aile gauche » d’En marche ». En novembre 2018, elle propose, avec Joël Giraud, rapporteur général de la commission des Finances, la suppression de plusieurs niches fiscales dans le budget 2019 de l'État.

Secrétaire d'État chargée des Affaires européennes

Elle est nommée en mars 2019 en remplacement de la ministre Nathalie Loiseau, avec le rang de secrétaire d'État. Sa nomination est une surprise, alors que Clément Beaune, conseiller du président, était évoqué comme favori pour le poste. 

Vie privée

Amélie Bommier est mariée avec Guillaume de Montchalina, consultant pour de grandes entreprises. Mère de trois enfants, elle est catholique pratiquante. 

Mandats

  • Du 19 juin 2017 au 30 mars 2019: députée, élue dans la sixième circonscription de l'Essonne.
  • Depuis le 31 mars 2019 : secrétaire d'État chargée des Affaires européennes.
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